Comment ça s'est passé.
On a atterri à Harare tôt le matin, 6 h 15, l'avion d'Air Zimbabwe un peu cabossé mais ponctuel. La chaleur a frappé d'un coup sec en descendant la passerelle. L'aéroport international Robert Mugabe était plutôt calme, les formalités rapides. On a loué une voiture auprès d'Avis, près du terminal : un Toyota Corolla blanc déjà rayé, 45 USD par jour. Direction l'hôtel Meikles, emblématique du centre-ville, juste Main Street. Chambre 312, vue sur la rue principale, vieille clim qui grince mais efficace. Harare m'a déçue à première vue. Les bâtiments coloniaux jaunes et ocre sont jolis, mais les rues sont trouées de nids-de-poule, les panneaux d'affichage tombent en ruine. On a déjeuné au Dube Cafe sur Leopold Takawira Street : un nshima (pâte de maïs) avec relish de légumes pour 3,50 USD, servi dans une assiette blanche fêlée. Le goût était correct, salé, lourd. Le serveur a oublié nos verres d'eau pendant 20 minutes. En fin d'après-midi, balade au Queen Victoria Museum. Pas grand-chose à voir. Les vitrines sont poussiéreuses, les panneaux expliquent mal. On s'est ennuyé ferme. Le second jour, cap au nord vers les chutes Victoria. Six heures de route depuis Harare, on a pris la nationale A5, franchement en bon état. On s'est arrêtés à Chinhoyi pour l'essence, à la station Puma. Le pompiste portait des tongs déchirées. L'odeur de poussière rouge mélangée aux gaz d'échappement s'accumulait dans la voiture. À Livingstone Road, près de Victoria Falls, on a descendu à l'hôtel Ilala, un trois-étoiles correct avec jardin et piscine verte. 110 USD la nuit. Pas de WiFi stable. On a vu les chutes le soir depuis le pont frontalier, et là, oui, l'eau tonnait vraiment, même de loin. Le roar était dingue, les vibrations à travers le pont. Pluie fine, brume froide contre le visage. Le lendemain, excursion en bateau sur le Zambèze avec Shearwater Adventures. Départ à 7 h 30 du ponton, 85 USD par personne, environ 45 minutes. Le bateau plastique orange ne tenait pas très chaud, et les vagues projetaient de l'eau glacée. On a vu des hippopotames à cinquante mètres, immobiles, juste les naseaux dehors. Un crocodile émergeait entre les roches. L'une des filles de notre groupe s'est endormie, des taches oranges sur sa robe. Le guide, Sunday, parlait un anglais approximatif mais racontait bien les rivalités entre hippos. On est rentrés trempés. Visite des chutes à pied, côté zimbabwéen. On a emprunté le sentier Knife Edge, très glissant après la pluie de la nuit. Les chutes surgissaient soudain, énorme rideau d'eau blanc. La température a chuté de dix degrés en deux secondes. J'ai senti l'humidité s'enfoncer sous ma peau, les cheveux collaient. On s'est arrêtés au Rainforest Cafe juste après, où j'ai pris un cappuccino pas fameux pour 4,20 USD et un muffin aux myrtilles rassit. Mais la vue arrière était belle, les arbres brumeux, les rochers en bas. Moment marquant : le soir du quatrième jour, on a diné au Victoria Falls Hotel, le grand palace colonial. Salle de restaurant immense, chandeliers, murs bordeaux. J'ai commandé un filet de truite du Zambèze grillé, 28 USD, avec des patates douces. Franchement l'un des meilleurs repas du voyage. Le serveur portait un costume impeccable. On s'est sentis vraiment ailleurs pendant deux heures. Mon mari a pris une bière locale, Zambezi Lager, 2,80 USD, glacée et sans arrière-goût. Retour à Harare le sixième jour, itinéraire inverse. À mi-chemin, panne sèche : on a calé à Chirundu, une petite ville poussiéreuse. Le moteur s'est arrêté sur le parking d'une station-service Total. Panique : pas de carburant pur au Zimbabwe, seulement du diesel mélangé. Avis m'a envoyé un mécanicien par bus depuis Harare en fin d'après-midi. On a attendu trois heures assis sous un baobab, en sueur, des enfants qui vendaient des cacahuètes grillées à 50 cents le sachet. Goût sucré, légèrement rassis. Franchement énervant. Le mécanicien a nettoyé le filtre à essence, on a roulé. Les deux derniers jours à Harare, j'ai visité le marché Mbare Musika. Fouilli, bruyant, des centaines d'étals. Odeur mélangée de fruits pourris, de charbon, d'épices. On y a acheté des tomates, du maïs épluché, des mangues pour presque rien. Marchander c'était obligatoire, les vendeurs acceptaient les prix loufoque au début. Un vendeur de beignets frits vendait ses pâtisseries dans des sacs plastiques, deux pour 1,20 USD. Tendres, pas mal. On a croisé une arnaque potentielle : un homme qui proposait du change non officiel près de la cathédrale, taux ridicule. On a refusé. Dernier jour, musée national du Zimbabwe, près du parc Harare Gardens. Petit bâtiment discret. Intérieur frais, salles avec sculptures en pierre de Shona, poteries anciennes. Pas terrible, franchement. Étiquettes en anglais seulement, pas beaucoup d'information. Trois heures de visite c'était trop. Vol de retour à 22 h 15, on s'est endormis à l'aéroport.
Les bons plans repérés sur place.
Shearwater Adventures sur le Zambèze à Victoria Falls, 85 USD : voir les hippos immobiles à cinquante mètres, atmosphère primaire
Victoria Falls Hotel, le grand palace colonial à dîner : filet de truite grillé 28 USD, vraiment excellent, service des années 1920
Mbare Musika market à Harare : chaos organisé, marchandage obligatoire, beignets frits deux pour 1,20 USD
Knife Edge path vers les chutes : glissant et humide, la brume froide qui s'engouffre d'un coup
Route A5 depuis Harare : six heures monotones mais stables, station Puma à Chinhoyi pour l'essence
Photos — Victoria Falls et Harare
Et au final.
Le Zimbabwe, c'est pas la destination que je rêvais. Les chutes Victoria valent le coup, vraiment impressionnantes de près. Mais Harare fatigue, les services sont inégaux, les routes parsemées de nids-de-poule, et les pannes arrivent. Ce qu'on a aimé : les rencontres avec les locaux, les repas simples mais honnêtes, la nature sauvage du Zambèze. Ce qui m'a déçue : l'état général des routes de Harare, le manque de tourismes organisés efficaces, et ce sentiment qu'on était un peu trop fatigués pour vraiment en profiter.
