Comment ça s'est passé.
Jour 1-2 : Arrivée à Harare, la capitale qui fatigueAprès 14 heures de vol via Brussels Airlines depuis Lyon, j'atterris à l'aéroport international Robert Mugabe de Harare vers 9h du matin, le 15 octobre. L'air sort chaud et poisseux de l'appareil – on sent déjà l'absence de climatisation. La douane traîne (45 minutes sans raison), un préfigure des lenteurs administratives qu'on croisera souvent ici. Je me rends au Bronte Hotel en minibus (tarif négocié : 25 USD) par des routes fissurées. La ville affiche des façades défraîchies, des pannes d'électricité fréquentes. L'hôtel lui-même, correct pour 65 USD la nuit, n'a l'eau chaude que certains soirs. J'arrive au restaurant de l'établissement vers 19h : le menu propose du poulet rôti local (8 USD), servi avec une sauce cacahuète épaisse et des légumes fades. C'est mangeable, mais sans surprise. Jour 2, je traîne dans Harare. Je visite le National Gallery of Zimbabwe, petit musée plutôt vide (entrée : 3 USD). L'odeur de renfermé des salles me reste collée aux vêtements. J'achète un artisanat local au marché de Mbare – une sculpture en pierre – pour 12 USD, après une bonne demi-heure de négociation. Le vendeur parlait peu anglais, j'ai cru qu'on se trompait sur le prix au moins deux fois. Finalement, on s'est entendus. Jour 3-4 : Victoria Falls, le moment qui marqueJ'emprunte un bus longue distance Air Zimbabwe Coaches (départ 6h15 depuis Harare Central Bus Station) pour les 440 km jusqu'à Victoria Falls. Trajet de 8 heures, inconfortable mais pas cher (18 USD). J'ai le nez collé contre la vitre : paysages de savane poussiéreuse, parfois monotone. Vers 14h30, je descends au Shearwater Lodge, à 2 km des chutes. Chambre basique, 72 USD. Après 30 minutes de repos, je file à pied vers le parc national de Victoria Falls (entrée : 20 USD). Et là, sans dramatiser : le bruit d'abord. Un grondement blanc qui t'envahit avant même de voir l'eau. Je marche 400 mètres sur le sentier principal et le voile d'embruns te trempe dans les 30 secondes. C'est intense, pas « magique » – c'est juste une quantité d'eau et de force qui te cloue sur place cinq minutes. Les chutes déversent 1 100 000 litres par seconde. Tu le sens physiquement. Jour 4, je fais le bungee jumping (excursion proposée par Zim Horizons, 120 USD). L'adrénaline, oui, mais aussi la déception : le point de saut, c'est au-dessus d'une partie des chutes moins impressionnante, pas sur la gorge principale. Après-midi tranquille au bar de l'hôtel avec une bière Castle Lager (2,50 USD), à grignoter des ailes de poulet trop salées. Jour 5-7 : Livingstone (Zambie) et retour aux chutesJe traversais la Zambie pour voir les chutes d'une autre perspective. Passage par le pont de Victoria Falls (un petit périple administratif : passeport contrôlé deux fois), puis bus local jusqu'à Livingstone. Livingstone est plus nonchalante, moins austère que Harare. J'ai dormi au Ridgetop Guest House (45 USD), avec vue sur la gorge. La propriétaire prépare des repas maison : omelette locale aux légumes du marché, pain frais, jus de passion (7 USD). C'était le meilleur repas du séjour, question goût et authenticité. Je fais aussi une croisière au coucher du soleil sur le Zambèze (40 USD, 2 heures). Petits dassies les yeux fermés, hippopotames molaires à la surface, mauvais alcool de maïs proposé en verre… un moment plutôt cool, malgré les moustiques agressifs. Retour au Zimbabwe jour 6 : même procédure d'immigration. Jour 7, je reste à Victoria Falls pour un reste d'exploration autour de la gorge et je visite le Vic Falls Safari Lodge. Dîner au restaurant Rainforest : ragoût de kudu (plat local) pour 22 USD, texture caoutchouteuse, sauce comestible mais peu soutenue. Fin de soirée avec une Zambezi Larger au bar extérieur de l'hôtel, en écoutant les bruits de la nuit africaine (appels d'oiseaux, grenouilles) – une des rares moments où la détente remplace l'agitation. Jour 8-10 : Hwange National Park et retourBus de Safari Tours Hwange jusqu'au parc (3 heures). Un 4x4 logé au Hwange Main Camp, visite guidée de 6 heures (60 USD). On voit trois éléphants, deux girafes, des zèbres. Un impala mâle se détend à 100 mètres. C'est gentil, pas spectaculaire. Le guide, très bavard, m'explique les crottes d'animaux avec passion. Nuit au camp : chambre de safari spartiate mais fonctionnelle, repas buffet médiocre. Jour 10 : retour à Harare en bus, puis vol sur Brussels Airlines le 25 octobre. L'attente à Harare International est longue (3 heures de delay). Je bois un café local – amer, trop concentré – au bar de l'aéroport (4 USD). La fatigue commence à peser. Infos pratiques résuméesDécalage : UTC+2 en octobre (heure d'été)Langue : anglais dominant. Quelques mots shona utiles mais pas essentielsDevise : ZWL (Zimbabwe dollar), instable. Préférer USD (accepté partout)Sécurité : correct dans Harare et Victoria Falls. Respect des consignes de baseVaccins : fièvre jaune recommandé, paludisme obligatoire
Les bons plans repérés sur place.
Les chutes de Victoria Falls vues du parc national (sentier principal du zim) : le pont de brume change de couleur entre 14h et 16h
Marché de Mbare à Harare : sculptures en pierre brute, négociation rude mais authentique
Croisière au coucher de soleil sur le Zambèze depuis Livingstone : hippopotames à 20 mètres, sans fioritures touristiques
Ragoût de kudu au Rainforest Restaurant : goût unique, plat local introuvable ailleurs
Hwange National Park en petit groupe : moins bondé que les reserves sud-africaines, guides locaux pédants mais sincères
Photos — Victoria Falls / Harare
Et au final.
Le Zimbabwe m'a donné Victoria Falls : une vraie rencontre physique, pas juste une photo. Mais le pays demeure usé, administrativement pénible. Harare trop grise, les services lents. À revenir pour le parc animalier ou les randos de la région de Mutare, oui. Mais pas pour y rester longtemps.
