Varanasi et ses ghats : entre spiritualité et chaos urbain
CarnetInde202612 jours

Varanasi et ses ghats : entre spiritualité et chaos urbain

Nous avons débarqué à Varanasi un matin de novembre, après un vol Air India arrivé avec deux heures de retard à l'aéroport de Lal Bahadur Shastri. Le chauffeur de taxi, Rajesh, nous a prévenus d'entrée : « Madame,…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons débarqué à Varanasi un matin de novembre, après un vol Air India arrivé avec deux heures de retard à l'aéroport de Lal Bahadur Shastri. Le chauffeur de taxi, Rajesh, nous a prévenus d'entrée : « Madame, Monsieur, Varanasi, c'est pas Agra. Ici, c'est vivant, c'est bruyant, c'est vrai. » Il n'exagérait pas. Nous avons dormi à l'hôtel Alka, une guesthouse modeste près du ghat de Dasaswamedh, où la chambre coûtait 1500 roupies la nuit. Dès le premier matin, levés à 4 h 30 pour observer la cérémonie religieuse, nous avons senti l'odeur âcre de l'encens mélangée aux fumes de bois qui brûlait sur les bûchers funéraires. Ce n'était pas désagréable, juste… intense. Les hindous se baignent dans le Gange pendant que des corps flottent, quelques centaines de mètres en aval. Nous, on regarde les pirogues passer en évitant le regard des morts qu'on ne comprend pas. Mon mari a trouvé ça perturbant; moi, j'ai senti que je comprenais enfin pourquoi ce fleuve est sacré. Ce mélange de vie et de mort, sans détournement, sans euphémisme. Nourriture, marchés et galèresNous avons mangé au restaurant Bread of Life, réputé sans fausse publicité. Les lassis au yaourt coûtaient 60 roupies, les chapatis au fromage 80 roupies. Délicieux et sans diarrhée après (miracle). En revanche, au marché de Chowk, j'ai croisé un vendeur de souvenirs en laiton qui nous a facturé 3000 roupies pour une statue de Shiva – réellement 600 roupies ailleurs. Je me suis énervée, il a ri. Apparemment, c'était attendu. Les marchandises s'empilaient sur les étals, les vendeurs criaient à la fois pour attirer et pour décourager. Ça sentait le cumin, la poussière et les fruits trop mûrs. Nous avons pris l'autobus local, ligne 1, pour visiter Sarnath où Bouddha a donné son premier sermon. Le trajet a duré 45 minutes, les gens s'entassaient comme des sardines. Une femme a vomi dans le couloir central sans que personne ne sourcille. À Sarnath, le Musée Archéologique fermait à 17 h, nous n'avons pu y rester qu'une heure. Les temples ruinés datent du IIIe siècle avant notre ère. Les pierres gravées, encore partiellement érodées, montraient Ashoka et son dharma. Mon guide touristique disait que c'était impressionnant; moi, j'ai juste pensé « ça durera pas longtemps à ce rythme ». Le quotidien hors des sentiers battusNous avons loué un bateau à moteur pour longer les autres ghats, 1200 roupies l'heure. Le batelier, Suresh, nous a montré les laveries, où les blanchisseurs battent le linge contre les pierres depuis l'aube. À 6 h du matin, le son de ces coups de battoir résonnait sur toute la rive. Il disait que certains clients lui laissaient des vêtements sans jamais revenir les chercher. Le ghat de Manikarnika, le principal crématorium, brûlait en continu – on voyait les fumées jaunes même depuis la rivière. Un soir, vers 20 h, le flux touristique autour de notre hôtel s'est soudain intensifié. Une procession religieuse passait dans les rues, avec tambours et chants. Les gens se poussaient sans réelle agressivité, juste… sans notion d'espace personnel. J'ai perdu ma bague (une bague de peu de valeur, heureusement) dans la bousculade. Nous avons cherché, en vain. Parfois, Varanasi vous prend des petites choses, et c'est sa façon de garder un morceau de vous. Les derniers jours, nous avons visité le temple de Kashi Vishwanath, fermé la plupart du temps pour raisons religieuses. Les files d'attente duraient 3 à 4 heures. Nous avons renoncé. À la place, nous avons traîné dans des petits restaurants de quartier, mangé des samosa (4 roupies l'unité) et bu du thé au chai dans des verres réutilisés sans trop poser de questions. Chaque gorgée était trop sucrée et bizarrement réconfortante.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Le ghat de Dasaswamedh au lever du soleil : arriver à 5 h, s'asseoir sur les marches en pierre froide, attendre la première puja

2

Restaurant Bread of Life : lassi mango, pain complet, terrasse avec vue sur le Gange (60-120 roupies par plat)

3

Bateau à moteur avec Suresh au long des 84 ghats : demander spécifiquement à voir les laveries de linge et les crématoriums (1200 roupies/heure)

4

Marché de Chowk en fin d'après-midi : négocier sérieusement, éviter les statues de laiton survendues

5

Visite à Sarnath en autobus ligne 1 : musée avant 16 h 30, temple de Dhamekh avec ses pierres gravées Ashoka (entrée 250 roupies)

Album · 6 photos

Photos — Varanasi

Varanasi et ses ghats : entre spiritualité et chaos urbain
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Conclusion

Et au final.

Varanasi nous a secoués, dérangés, parfois irrités. C'est une ville qui refuse de plaire facilement. Je repartirais, mais pas pour des raisons que je pourrais afficher sur un réseau social. Juste parce qu'elle m'intrigue davantage maintenant que nous nous en éloignons.

En résumé

Avis Varanasi : carnet de voyage de 12 jours par marcusvoyageur

Destination
Varanasi →
Pays
Inde →
Durée
12 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcusvoyageur →
L'essentiel

Varanasi en bref

Pourquoi choisir Varanasi

  • Immersion authentique dans les rituels hindous et la spiritualité sans filtre touristique
  • Contraste fascinant entre vie et mort, visible quotidiennement sur les ghats du Gange
  • Coût extrêmement bas : repas de qualité pour moins de 100 roupies
  • Site archéologique majeur de Sarnath avec temples du III siècle avant notre ère
  • Expérience brute de la vie indienne urbaine loin des circuits balisés

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête de spiritualité et de sens authentique
  • Explorateurs acceptant le chaos et l'inconfort urbain
  • Couples cherchant une rupture radicale avec le tourisme conventionnel
  • Passionnés d'archéologie et d'histoire bouddhiste
  • Aventuriers à budget serré cherchant l'immersion culturelle

À éviter si…

  • Vous recherchez une destination confortable, calme et hygiéniquement irréprochable
  • Vous avez une phobie des foules denses et du manque d'espace personnel
  • Vous ne tolérez pas les odeurs fortes ou les images de crémation
  • Vous attendez que la destination vous séduise facilement sans effort d'adaptation
À découvrir aussi
Ghat de DasaswamedhGhat de ManikarnikaFleuve GangeAéroport Lal Bahadur ShastriSarnathTemple de Kashi VishwanathMusée Archéologique de SarnathMarché de ChowkRestaurant Bread of LifeAllahabadJaipurAgra

Photos communautaires : Varanasi

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© Véronique Mergaux
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Questions fréquentes

FAQ — Varanasi

Quel est le meilleur moment pour visiter les ghats de Varanasi ?

L'aube, entre 4 h 30 et 6 h 30, offre l'expérience la plus authentique avec les cérémonies religieuses et les bains rituels dans le Gange. Les touristes doivent s'attendre à des odeurs intenses d'encens et de bois brûlant, particulièrement au ghat de Manikarnika où les crémations se font en continu.

Combien coûte un séjour à Varanasi par jour ?

Une guesthouse modeste près des ghats coûte environ 1500 roupies par nuit. Les repas sont très abordables : lassi 60 roupies, chapatis 80 roupies, samosa 4 roupies l'unité. Un bateau touristique pour les ghats revient à 1200 roupies l'heure.

Comment se déplacer à Varanasi ?

Les autobus locaux (ligne 1 vers Sarnath par exemple) sont le transport le moins cher mais très bondés. Les taxis et bateaux à moteur sont disponibles, bien que les prix puissent être gonflés pour les touristes. Prévoyez 45 minutes pour rejoindre Sarnath en bus.

Que faut-il visiter absolument à Varanasi ?

Le ghat de Dasaswamedh pour les cérémonies religieuses, le ghat de Manikarnika pour les crémations, et Sarnath (site bouddhiste du III siècle avant notre ère) à 45 minutes en bus. Le temple Kashi Vishwanath attire des files d'attente de 3-4 heures et ferme régulièrement pour raisons religieuses.

Quel est l'aéroport d'arrivée pour Varanasi ?

L'aéroport international Lal Bahadur Shastri est le point d'entrée principal. Les vols Air India y arrivent régulièrement, et les taxis depuis l'aéroport offrent une première exposition au chaos urbain de la ville.

Est-ce qu'on risque des problèmes de santé à Varanasi ?

L'eau et l'hygiène posent des risques. Selon le récit, manger au restaurant Bread of Life ou dans des établissements locaux simples s'est avéré sans problème. Le chai local est réconfortant malgré des verres réutilisés peu hygiéniques. Privilégier l'eau embouteillée reste recommandé.

Les vendeurs sont-ils agressifs au marché de Varanasi ?

Le marchandage est une pratique courante et attendue. Les prix affichés initialement peuvent être gonflés (une statue facturée 3000 roupies contre 600 ailleurs). Les marchands crient pour attirer et décourager simultanément, sans véritable hostilité.

Varanasi convient-elle aux touristes sensibles au chaos urbain ?

Non. La ville refuse de plaire facilement avec ses foules denses, les processions où on perd facilement ses affaires, les bruits continus et les odeurs intenses. C'est une destination pour ceux qui acceptent l'inconfort au profit de l'authenticité spirituelle.