Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Vancouver à 14 h 30, épuisés après 11 heures de vol avec Air Canada. Le premier choc : l'air salin et humide du Pacifique qui vous remplit les poumons dès la sortie de la terminal. Même en automne, la côte de Colombie-Britannique restait chaude, presque 18 °C. Nos trois premiers jours se sont déroulés à Vancouver. On a pris l'Uber jusqu'à notre hôtel, le Burrard Hotel sur Burrard Street, une petite merveille rétro des années 1960 avec staff sympa mais la climatisation bruyante qui nous a poursuivis toute la nuit. Le matin du premier jour, levés à 5 h 30 pour attraper le bus 6 direction Granville Island Public Market. C'est là qu'on a vraiment senti le changement : odeur de café fraîchement moulu mélangée aux fruits de mer, vendeurs criant leurs prix, une ambiance brute et vivante sans paillettes. On a commandé des fish tacos chez Red Wagon Fish and Chips (environ 18 CAD, bien gras mais délicieux) et un cappuccino chez Napier Street Coffee. Trop bon. La foule était minimale à cette heure, on a pu marcher tranquillement entre les étalages. Le Stanley Park nous a décus, honnêtement. On y est allés le deuxième jour, mais il faisait gris, le Seawall était bondé de joggers et de cyclistes. Aucune galère majeure, juste... attendu plus. Le contraste était frappant avec Granville Island : ici, c'était trop lissé, trop touristique. On y a trainé une heure puis on s'est échappés vers Chinatown, où on a mangé des dim sum chez Kirin Mandarin Restaurant (12 CAD par panier, le truc que vous oubliez jamais, la sauce soja salée qui pique le nez). Le troisième jour, malaise : on a raté notre bus de 8 h 15 pour Squamish à cause d'une confusion sur l'arrêt (le driver du Greyhound était pas très clair au téléphone). Dû repayer 35 CAD pour un ticket d'après-midi. Frustrant. On a compensé en visitant le Museum of Anthropology de l'UBC. Cher (21 CAD) mais vraiment bien conçu, collections autochtones impressionnantes par leur densité, pas par la rhétorique. Jeudi matin, direction les Rocheuses. Six heures de voiture en locat chez Hertz (380 CAD pour 3 jours). La route 1 est hypnotisante mais longuette. Vers 16 h, on a posé nos bagages au Banff Centre Mountain Club, un petit motel honnête sur Banff Avenue, 110 CAD la nuit. Dîner au Magpie and Stump : burgers canadiens bien épais, poutine coulante (c'est une vraie poutine québécoise ramenée ici, avec sauce brune et fromage en grains, pas cette poutine fade qu'on connait en Europe), bière locale à 8 CAD. Le lendemain, on s'est levés tôt pour Morraine Lake. Trajet de 45 min depuis Banff. Le moment marquant : vers 9 h 30, soleil horizontal, lac complètement figé en miroir, montagnes enneigées qui se reflètent. La température était 2 °C, les doigts gourds, mais on a arrêté la voiture juste en silence pendant 10 minutes. C'était pas du spectacle touristique, c'était juste du vrai : glacier, eau, pierre, froid. On a fait la balade vers Moraine Lake Lodge (3 km aller, 1 h 30), croisé deux grizzlies à distance lointaine qui nous ont filé une trouille saine. Lake Louise le jour suivant : c'est le postcard canadien, oui, mais on comprend pourquoi. On y est allés à 6 h 30, avant l'afflux. L'eau turquoise vient des glaciers minéralisés, c'est chimique mais réel. On a pris un café au Fairmont Banff Springs Hotel (7 CAD, chéros pour du café mais chaises confortables). Randonnée jusqu'à Mirror Lake (5 km, bien balisé), pas difficile, ça brûle les mollets juste assez. Retour vers Vancouver les deux derniers jours. Vol Air Canada à 10 h depuis Calgary (2 h de route avant). On a eu un retard de 45 min sans explication, juste l'annonce laconique « maintenance ». L'aéroport est froid, déshumanisé, des rangées infinies de chaises grises.
Les bons plans repérés sur place.
Granville Island Public Market à 5 h 30 du matin, avant les touristes, avec fish tacos chez Red Wagon Fish and Chips
Moraine Lake au lever du soleil, arrêt silencieux de 10 min face au glacier reflété
Dim sum en panier chez Kirin Mandarin Restaurant, Chinatown (sauce soja qui pique les narines)
Banff Avenue, petits restaurants locaux sans grande prétention, poutine authentique avec fromage en grains
Photos — Vancouver, Banff, Lake Louise
Et au final.
Ce road-trip m'a marquée par la simplicité des paysages : pas de draps blancs sur les pics de montagne, juste de la vraie géologie. Mais Vancouver m'a un peu déçue. Trop gentrifiée, trop lisse pour ce qu'on attendait. Les Rocheuses, elles, racontent sans parler.








