Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international de Bahrain à 14 h 30, après un vol de 5 h 45 depuis Paris avec Gulf Air. L'air extérieur m'a frappé immédiatement : 38 °C, une chaleur épaisse et saline qui colle à la peau. J'ai pris un taxi Uber jusqu'à l'hôtel Sofitel Bahrain Zallaq, compté 18 BHD, soit environ 45 euros. La route côtière défile avec des panneaux publicitaires en arabe et en anglais. Manama est une ville qui ne ressemble à aucune autre. Le centre-ville concentre des tours de verre côté Financial Harbour, mais dès qu'on s'enfonce dans les petites rues du quartier de Bab al-Bahrain, on découvre une réalité bien différente : des petits hôtels miteux, des restaurants familiaux, des pharmacies qui ferment à 13 h 30 pour la prière du Dohr. J'avais réservé sans vraiment vérifier la localisation du Sofitel, ce qui m'a valu une galère les premiers jours. L'hôtel proposait une navette vers le centre, mais seulement à 19 h et 22 h. J'ai dû marcher 45 minutes sous le soleil pour rejoindre le souk d'Al-Manama à pied. Premier choc : les souks et la nourritureLe souk d'Al-Manama pue. Ce n'est pas une critique, c'est un fait : odeur de poisson fumé mélangée à l'encens et aux épices de cumin, cardamome et safran. Les vendeurs m'ont hélé dans un anglais approximatif pour m'attirer vers leurs petits restaurants. J'ai goûté le machboos chicken chez Abu Mahfouz, un restaurant sans enseigne vraiment visible, coincé entre un marchand de tapis et une boutique de vêtements. L'assiette : 3 BHD (environ 7,50 euros), riz épicé avec du poulet bien gras et une sauce à base de tomate, citron et herbes. Excellent, mais j'ai passé la nuit à le regretter (problème intestinal classique du voyage du débutant en Asie du Golfe). Leçon apprise. Levé tôt le deuxième jour, vers 5 h 30, j'ai voulu faire un tour au port avant la grosse chaleur. Les petits bateaux de pêche traditionnels sont encore là, avec leurs filets couleur rouille. L'air était légèrement moins étouffant. J'ai croisé des pêcheurs qui chargeaient du poisson blanc : le moment où j'ai réalisé que Bahrain n'est vraiment pas un pays artificiel du haut en bas, malgré les apparences. Jours 3-4 : Musées et plagesLe musée national de Bahrain, situé au Bab al-Bahrain, est gratuit le jeudi après 17 h. J'y suis allé un mercredi à la place, donc 5 BHD d'entrée. Petite expo sur les perles, l'histoire économique, quelques artefacts sumériens. Rien de révolutionnaire, mais instructif. La clim était glaciale, presque désagréablement. Je me suis retrouvé à grelotter en t-shirt après 2 h dehors. Beach Club d'Al Dar est une plage privée, 25 BHD l'entrée, mais l'eau est tiède et peu transparente. Le sable brûle les pieds. J'ai préféré Juffair Beach, plus petite, moins touristique, où on peut voir des femmes en niqab tremper les pieds à côté de jeunes en bikini. Pas de mélange social forcé, juste des gens qui occupent l'espace différemment. Problème majeur : le transportPas de métro à Manama. Le bus numéro 1 et numéro 2 (service public) coûtent 500 fils (moins d'un euro), mais les horaires sont approximatifs. Un jour, j'ai attendu 45 minutes le bus censé arriver toutes les 15 minutes. Les Bahreïnis utilisent surtout Uber. C'est plus cher, moins spontané, et ça m'a énervé de dépendre d'une app californienne pour me déplacer. Restaurant Noodle House à Seef (pâtes asiatiques, 4-6 BHD la portion) a été mon repli régulier. Chaîne de restaurants informelle, nourriture correcte, toilettes propres. Le cafénier du Rooftop Coffee près de Marina Crescent faisait un espresso correct à 2 BHD, accompagné de dates fraîches. Ambiance hybride : des ados sur Instagram, des hommes d'affaires, des expatriés philippins en pause. Jours 5-7 : Îles et déceptionsExcursion à Hawar Islands en bateau touristique depuis Al Jasra Pier : départ 7 h 30, retour vers 16 h. 35 BHD par personne, compris dans un forfait trop cher. Les îles sont jolies, vraiment. Snorkeling à peu près correct, plage de sable blanc. Mais 200 autres touristes du même bateau. Pas d'intimité, pas de surprise. J'aurais dû explorer les petits villages côtiers plutôt que suivre le circuit standard. Dernier jour, virée à Bilad Al-Qadeem (vieux Manama). Trop touristy. Les petits cafés traditionnels affichent « traditional experience » en anglais, ce qui tue l'authenticité. J'ai bu un verre de jus d'orange fraîchement pressé, 1,5 BHD, dans une petite échoppe. Bon. Rien de plus.
Les bons plans repérés sur place.
Souk d'Al-Manama pour le machboos chicken chez Abu Mahfouz (3 BHD) et sentir les épices sans filtre
Juffair Beach à l'heure du coucher de soleil, petit parking côté rue, eau tiède mais ambiance moins organisée
Musée national de Bahrain, gratuit jeudi après 17 h, section sur les perles historiques bien documentée
Port de pêche traditionnel à 5 h 30 du matin avant l'arrivée de la chaleur
Noodle House à Seef, chaîne locale correcte et moins chère que les restaurants hôteliers
Photos — Manama
Et au final.
Bahrain, c'est un pays strange, pas mauvais mais insaisissable. Il y a des moments d'émotion vraie, comme le port au lever du jour ou une conversation avec un vendeur du souk. Mais c'est aussi un pays surconstructeur, fragmenté entre modernité pétrolière et traditions étouffantes. Je n'ai pas regretté ces sept jours, mais je ne suis pas retourné non plus.








