Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Tachkent vers 23 h, complètement décalée. Le taxi Uber nous a coûté 45 000 soums (environ 4 euros), conducteur jovial qui écoutait de la musique ouzbèke très forte. On a dormi à l'hôtel City Palace Tashkent, trois nuits pour bien se remettre du voyage, chambre simple mais propre, 45 dollars la nuit. Le train de nuit Tachkent-Samarcande part du Tashkent Railway Station à 21 h 15, on avait des couchettes dans un compartiment à quatre. Huit heures de voyage, bruits de ferraille constants, odeur de diesel qui s'infiltrait par les vitres. Je me suis réveillée à 5 h du matin avec une envie pressante : toilettes minuscules, eau qui coule bizarrement, mais bon, c'était l'aventure. On a mangé des samosa à la gare de Samarcande pour 2000 soums chacun, c'était gras et délicieux. Samarcande : les mosaïques du RégistanOn s'est installée au Registan Plaza Hotel (65 dollars), à trois minutes à pied de la place du Régistan. C'est là que j'ai compris pourquoi on était venue. Les trois médersas avec leurs murs de turquoise intense, les carreaux en céramique bleue et blanche, les arcs massifs : c'est réel, c'est dingue. On y est allée dès l'ouverture à 8 h, pour éviter les groupes de touristes chinois. Il fallait payer 10 dollars d'entrée par personne. Le sol était frais sous les pieds, et cette odeur d'encens bon marché flottait partout, celle qu'on trouvait aussi dans tous les restaurants touristiques. On a mangé à Plov Center, un petit restaurant local rue Samarkandskaya, où les femmes préparaient le plov devant nous dans d'énormes marmites en fonte. Assiette de plov pour 8000 soums (moins d'un euro). Le riz était mélangé à des morceaux de viande de cheval, carottes râpées, oignons frits croustillants. C'était salé, gras, réconfortant. On a pris un thé noir sucré après. Deuxième jour à Samarcande, on a visité le mausolée de Gour Emir et la mosquée Bibi-Khanum. La mosquée était presque vide le matin, juste quelques femmes qui priaient. On s'était mal documentées : il faut enlever ses chaussures, et les miennes avaient une odeur horrible après deux jours de marche. Un moment un peu gênant, mais les femmes locales n'ont pas bronché. À l'intérieur, le dôme bleu était peint avec des motifs géométriques fins, ça donnait le tournis de regarder vers le haut. Boukhara : l'ancienne Cité de la Route de la SoieBus direct de Samarcande à Boukhara avec la compagnie Sharq bus, départ 7 h, arrivée vers 11 h, 25 000 soums (2,50 euros). Le bus n'était pas climatisé, on était trois étrangères et le reste était des locaux. On s'est garées deux fois sur des routes poudreuses, le chauffeur téléphonait sans arrêt. Boukhara était plus calme, moins touristique que Samarcande. On a dormis à l'Ark Hotel (55 dollars), dans la vieille ville, entourée par des murs massifs de terre cuite. Le marché couvert du Tchor-Bazar juste à côté : dès 6 h du matin, ça bouge. Épices, tapis, vêtements, fruits secs. Les vendeurs crient, l'air est saturé d'odeur de coriandre et de cumin. On a acheté du thé à la cardamome pour 3000 soums, les graines étaient énormes, vraiment du bon. On a eu une petite arnaque au marché. Un vendeur de tapis nous a parlé en anglais, très sympa, nous a proposé du thé. On a passé deux heures dans sa boutique, on a pris des photos, c'était agréable. À la fin, il nous a dit que les tapis étaient moins chers si on achetait « maintenant ». On a refusé, mais on s'est sentis bizarrement obligées de lui donner quelque chose. On a acheté un petit foulard pour 20 dollars qu'on aurait pu avoir pour 8 ailleurs. Leçon apprise. La mosquée Kalon de Boukhara mérite le détour. Minaret de 46 mètres, il s'élève tout seul dans le ciel gris. On s'est assis par terre dans la cour pendant une heure. Des enfants jouaient, une femme âgée récitait le Coran à voix basse. C'était tranquille, vrai, pas une attraction touristique. On a mangé au restaurant Samaxi pour le dîner, brochettes de mouton (chachlik) pour 12 000 soums, pain naan sortant du tandoor, sauce à la tomate et oignons. C'était très bon, très simple. Bière Tachkent, locale, 8000 soums la bouteille, brasserie artisanale, goût un peu sucré. Ce qu'on n'a pas aiméLa chaleur en septembre : 38-40 degrés, impossible de faire grand-chose entre 13 h et 17 h. On s'endormait forcément, on perdait du temps. L'internet était lent, les connexions VPN nécessaires pour accéder à certains sites (les autorités contrôlent beaucoup). Quelques restaurants touristiques tentaient de nous surfacturer, il fallait negocier ou partir. Pas mal de poussière partout, nos lunettes étaient grises après une journée.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Régistan de Samarcande le matin à 8 h : azulejos turquoise sous le soleil levant
Marché couvert Tchor-Bazar à Boukhara avant 7 h du matin : épices à la main, négociation sans arnaque
Train de nuit Tachkent-Samarcande, compartiment à quatre : expérience inconfortable mais mémorable
Plov Center rue Samarkandskaya : meilleur prix et meilleur plov de Samarcande
Cour de la mosquée Kalon à Boukhara en fin d'après-midi : silence et vie locale
Photos — Samarcande, Boukhara
Et au final.
On a passé deux semaines entre modernité et histoire figée. C'était moins "magique" qu'on l'imaginait, mais plus réel : des gens normaux, de la nourriture savoureuse, des monuments anciens et du quotidien bruyant. On regrette de ne pas avoir visité Khiva (plus à l'ouest), mais avec le temps limité et la chaleur, c'était déjà bien complet. À faire avec des attentes ouvertes, pas de fantasme Rose des Sables.



