Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Tachkent le 15 octobre à 23 h 30 sur un vol Lufthansa. L'aéroport international est glacial, les douaniers posent des questions bizarres sur notre argent liquide. Pas de visas à l'arrivée pour les Français, c'est un détail qu'on a oublié de vérifier. Panique de deux heures avant de comprendre qu'on pouvait les obtenir en ligne (e-visa 20 dollars). Taxi Yandex jusqu'à l'hôtel Registan à Samarcande, un trajet de quatre heures sur l'autoroute M37. Le chauffeur, Rashid, roulait à 140 km/h de nuit. Les routes sont en meilleur état qu'on ne l'imaginait. Samarcande nous a frappés dès le matin. Levé à 5 h 30 pour photographier la Mosquée Bibi-Khanym au lever du soleil. Les murs turquoise de la mosquée prennent une teinte rose pâle quand le soleil apparaît. L'odeur du pain frais sortant des tandoors des petites échoppes autour de la place nous a suivi partout. Nous avons mangé un plov au restaurant Platan (rue Tashkent, près de la place Régistan) pour 25 000 som (environ 2 euros) : riz à la viande, carottes râpées, une portion généreuse. C'était bon mais étonnamment gras, ma femme a eu du mal à finir son assiette. Le bazar de Samarcande et ses arnaqueursMercredi matin, nous avons traîné deux heures au Bazar Siab. C'est là qu'on a compris pourquoi les gens parlent de « bazars chaotiques ». Des centaines de vendeurs, aucune signalétique, les allées sont si étroites qu'il faut marcher en file indienne. Un vendeur nous a convaincu d'acheter du miel de montagne à 15 dollars le pot. Trois jours plus tard, en comparant avec d'autres touristes à Boukhara, c'était le double du prix. La galère, c'est surtout le froid. En fin d'après-midi, il faisait 8 degrés, et nous n'avions prévu que des vêtements légers. Le vent souffle sec depuis les steppes. On s'est retrouvés à acheter des pulls à la boutique d'hôtel à des prix absurdes. Mercredi soir, restaurant Café Silk Road (avenue Rudaki) : samsa (feuilletés à la viande), soupe Shurbo, thé au citron. 45 000 som pour deux. Le cuisinier nous a indiqué qu'il préparait le shurbo chaque matin à 6 h. On l'a goûté le lendemain matin : c'était effectivement différent, plus frais, le bouillon avait vraiment du corps. Les épices, probablement de la coriandre et du curcuma, donnaient un goût terreux qu'on ne retrouvait pas le soir précédent. Mausolée de Gur-i-Amir et route vers BoukharaJeudi matin, nous avons visité le Mausolée de Gur-i-Amir (entrée 35 000 som). À l'intérieur, l'acoustique est étrange, presque étouffante. Les murs en jade et en marbre bleu captent le son différemment. Un groupe de touristes chinois criait presque en parlant, ce qui a ruiné le moment. Dommage. Nous sommes restés 45 minutes, mais une demi-heure aurait suffi. Le trajet Samarcande-Boukhara (280 km) s'est fait en minibus privé via l'agence Sultan Travel (115 dollars les deux places). Le chauffeur parlait un peu français, ce qui a aidé. Routes bien entretenues, mais nous avons traversé plusieurs postes de contrôle. Un flic a demandé « papiers » d'une voix sèche. Ça a pris cinq minutes, rien de dramatique au final. Lunch stop à Navoi, une ville industrielle sans intérêt. Buffet de route mou et insipide. Boukhara : le cœur qui s'accélèreNous sommes arrivés à Boukhara vendredi à 13 h. L'hôtel Minzifa (rue Kalta Minor, dans la vieille ville) est vraiment à deux pas de la Mosquée Kalta Minor. Chambre 205, radiateur rouillé qui fait un bruit infernal quand il s'enclenche. Mais la localisation est imparable. Samedi matin, nous avons regardé les muezzins faire l'appel du matin depuis la mosquée. L'amplification du son était impressionnante, ça vous réveille vos morts, un cri qui porte jusqu'à trois kilomètres. C'est une des choses qui ont le plus marqué mon séjour, honnêtement : ce son guttural qui remplit la ville entière. Marché du Bazaar-i Tog (marché couvert principal) samedi après-midi. Nous avons goûté du chachapuli (ragoût en croûte de pain) au restaurant du marché pour 20 000 som. Le pain était chaud, cassant, la viande fondait. Il y avait beaucoup trop de poivre noir, ça piquait. Boukhara sent le cumin, la viande grillée et les épices. Odeur permanente, quasiment hypnotisante. Dimanche, Mosquée Bolo Khauz (entrée libre). Les murs sont repeints tous les dix ans, ce qu'on nous a expliqué. C'est visible : le bleu turquoise est neuf, presque électrique. Pas le même bleu fané qu'à Samarcande. Thé au restaurant en face (5 000 som), on a payé en dollars américains car le guichet n'avait pas de som. Le taux appliqué était pire que celui du marché noir. Lundi, nous avons pris le bus de nuit Boukhara-Tachkent (numéro 205, compagnie Tong Safar, 18 heures de route). Ça a été long. Très long. Le bus s'arrêtait tous les deux cents kilomètres. Arrivée mardi à 14 h. Nous avons dormi quatre heures à l'hôtel Tachkent Palace avant le vol de retour.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Bibi-Khanym à Samarcande au lever du soleil (5 h 30, accès libre, gratuit)
Plov au restaurant Platan rue Tashkent (25 000 som, portions énormes)
Bazar Siab de Samarcande (attention aux prix gonflés pour les touristes, vérifier plusieurs vendeurs)
Appel du muezzin de la Mosquée Kalta Minor à Boukhara (vendredi 6 h 15, un spectacle sonore unique)
Marché couvert Bazaar-i Tog à Boukhara (chachapuli authentique, 20 000 som)
Photos — Samarcande & Boukhara
Et au final.
L'Ouzbékistan, c'est real : les gens sont généreux, la nourriture est simple et savoureuse, les monuments sont dignes. Mais c'est pas glamour. Les nuits froides nous ont usés, et franchement, deux semaines c'est juste. Boukhara vaut le détour, Samarcande c'est obligé, mais ne vous attendez pas à du confort five-star.



