Samarcande et Boukhara : entre bazars étouffants et nuits glaciales
CarnetOuzbékistan202612 jours

Samarcande et Boukhara : entre bazars étouffants et nuits glaciales

Nous avons atterri à Tachkent le 15 octobre à 23 h 30 sur un vol Lufthansa. L'aéroport international est glacial, les douaniers posent des questions bizarres sur notre argent liquide. Pas de visas à l'arrivée pour les…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à Tachkent le 15 octobre à 23 h 30 sur un vol Lufthansa. L'aéroport international est glacial, les douaniers posent des questions bizarres sur notre argent liquide. Pas de visas à l'arrivée pour les Français, c'est un détail qu'on a oublié de vérifier. Panique de deux heures avant de comprendre qu'on pouvait les obtenir en ligne (e-visa 20 dollars). Taxi Yandex jusqu'à l'hôtel Registan à Samarcande, un trajet de quatre heures sur l'autoroute M37. Le chauffeur, Rashid, roulait à 140 km/h de nuit. Les routes sont en meilleur état qu'on ne l'imaginait. Samarcande nous a frappés dès le matin. Levé à 5 h 30 pour photographier la Mosquée Bibi-Khanym au lever du soleil. Les murs turquoise de la mosquée prennent une teinte rose pâle quand le soleil apparaît. L'odeur du pain frais sortant des tandoors des petites échoppes autour de la place nous a suivi partout. Nous avons mangé un plov au restaurant Platan (rue Tashkent, près de la place Régistan) pour 25 000 som (environ 2 euros) : riz à la viande, carottes râpées, une portion généreuse. C'était bon mais étonnamment gras, ma femme a eu du mal à finir son assiette. Le bazar de Samarcande et ses arnaqueursMercredi matin, nous avons traîné deux heures au Bazar Siab. C'est là qu'on a compris pourquoi les gens parlent de « bazars chaotiques ». Des centaines de vendeurs, aucune signalétique, les allées sont si étroites qu'il faut marcher en file indienne. Un vendeur nous a convaincu d'acheter du miel de montagne à 15 dollars le pot. Trois jours plus tard, en comparant avec d'autres touristes à Boukhara, c'était le double du prix. La galère, c'est surtout le froid. En fin d'après-midi, il faisait 8 degrés, et nous n'avions prévu que des vêtements légers. Le vent souffle sec depuis les steppes. On s'est retrouvés à acheter des pulls à la boutique d'hôtel à des prix absurdes. Mercredi soir, restaurant Café Silk Road (avenue Rudaki) : samsa (feuilletés à la viande), soupe Shurbo, thé au citron. 45 000 som pour deux. Le cuisinier nous a indiqué qu'il préparait le shurbo chaque matin à 6 h. On l'a goûté le lendemain matin : c'était effectivement différent, plus frais, le bouillon avait vraiment du corps. Les épices, probablement de la coriandre et du curcuma, donnaient un goût terreux qu'on ne retrouvait pas le soir précédent. Mausolée de Gur-i-Amir et route vers BoukharaJeudi matin, nous avons visité le Mausolée de Gur-i-Amir (entrée 35 000 som). À l'intérieur, l'acoustique est étrange, presque étouffante. Les murs en jade et en marbre bleu captent le son différemment. Un groupe de touristes chinois criait presque en parlant, ce qui a ruiné le moment. Dommage. Nous sommes restés 45 minutes, mais une demi-heure aurait suffi. Le trajet Samarcande-Boukhara (280 km) s'est fait en minibus privé via l'agence Sultan Travel (115 dollars les deux places). Le chauffeur parlait un peu français, ce qui a aidé. Routes bien entretenues, mais nous avons traversé plusieurs postes de contrôle. Un flic a demandé « papiers » d'une voix sèche. Ça a pris cinq minutes, rien de dramatique au final. Lunch stop à Navoi, une ville industrielle sans intérêt. Buffet de route mou et insipide. Boukhara : le cœur qui s'accélèreNous sommes arrivés à Boukhara vendredi à 13 h. L'hôtel Minzifa (rue Kalta Minor, dans la vieille ville) est vraiment à deux pas de la Mosquée Kalta Minor. Chambre 205, radiateur rouillé qui fait un bruit infernal quand il s'enclenche. Mais la localisation est imparable. Samedi matin, nous avons regardé les muezzins faire l'appel du matin depuis la mosquée. L'amplification du son était impressionnante, ça vous réveille vos morts, un cri qui porte jusqu'à trois kilomètres. C'est une des choses qui ont le plus marqué mon séjour, honnêtement : ce son guttural qui remplit la ville entière. Marché du Bazaar-i Tog (marché couvert principal) samedi après-midi. Nous avons goûté du chachapuli (ragoût en croûte de pain) au restaurant du marché pour 20 000 som. Le pain était chaud, cassant, la viande fondait. Il y avait beaucoup trop de poivre noir, ça piquait. Boukhara sent le cumin, la viande grillée et les épices. Odeur permanente, quasiment hypnotisante. Dimanche, Mosquée Bolo Khauz (entrée libre). Les murs sont repeints tous les dix ans, ce qu'on nous a expliqué. C'est visible : le bleu turquoise est neuf, presque électrique. Pas le même bleu fané qu'à Samarcande. Thé au restaurant en face (5 000 som), on a payé en dollars américains car le guichet n'avait pas de som. Le taux appliqué était pire que celui du marché noir. Lundi, nous avons pris le bus de nuit Boukhara-Tachkent (numéro 205, compagnie Tong Safar, 18 heures de route). Ça a été long. Très long. Le bus s'arrêtait tous les deux cents kilomètres. Arrivée mardi à 14 h. Nous avons dormi quatre heures à l'hôtel Tachkent Palace avant le vol de retour.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Mosquée Bibi-Khanym à Samarcande au lever du soleil (5 h 30, accès libre, gratuit)

2

Plov au restaurant Platan rue Tashkent (25 000 som, portions énormes)

3

Bazar Siab de Samarcande (attention aux prix gonflés pour les touristes, vérifier plusieurs vendeurs)

4

Appel du muezzin de la Mosquée Kalta Minor à Boukhara (vendredi 6 h 15, un spectacle sonore unique)

5

Marché couvert Bazaar-i Tog à Boukhara (chachapuli authentique, 20 000 som)

Album · 10 photos

Photos — Samarcande & Boukhara

Samarcande et Boukhara : entre bazars étouffants et nuits glaciales
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Conclusion

Et au final.

L'Ouzbékistan, c'est real : les gens sont généreux, la nourriture est simple et savoureuse, les monuments sont dignes. Mais c'est pas glamour. Les nuits froides nous ont usés, et franchement, deux semaines c'est juste. Boukhara vaut le détour, Samarcande c'est obligé, mais ne vous attendez pas à du confort five-star.

En résumé

Avis Samarcande & Boukhara : carnet de voyage de 12 jours par marcdunord

Destination
Samarcande & Boukhara
Pays
Ouzbékistan
Durée
12 jours
Période
octobre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcdunord
L'essentiel

Samarcande & Boukhara en bref

Pourquoi choisir Samarcande & Boukhara

  • Mosquées et mausolées d'architecture islamique exceptionnels, incontournables pour photographes
  • Bazars traditionnels authentiques sans sanitization touristique excessive
  • Nourriture généreuse et savoureuse, avec spécialités comme le plov et le chachapuli
  • Coût de voyage très abordable, repas et monuments accessibles financièrement
  • Ambiance immersive : appels du muezzin, odeurs d'épices permanentes, vie quotidienne authentique

Pour qui ?

  • Photographes et amateurs d'architecture orientale
  • Voyageurs en quête d'authenticité sans attente de confort moderne
  • Couples curieux prêts à endurer des nuits froides
  • Passionnés de gastronomie simple et épicée
  • Explorateurs de routes peu touristiques et bazars traditionnels

À éviter si…

  • Vous cherchez un confort cinq étoiles et modernité occidentale
  • Les températures froides vous incommodent gravement
  • Vous redoutez la foule et l'absence de signalétique claire
  • Vous préférez l'authenticité naturelle aux villes restaurées régulièrement
À découvrir aussi
TachkentAéroport international de TachkentAutoroute M37Mosquée Bibi-KhanymBazar SiabMausolée de Gur-i-AmirMosquée Kalta MinorMosquée Bolo KhauzBazaar-i TogNavoiRégion de SamarcandeRégion de Boukhara

Photos communautaires : Samarcande & Boukhara

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Prés de Kalyan, Boukhara
Prés de Kalyan, Boukhara
© Elazhar
Mosquée Bibi Kanoun
Mosquée Bibi Kanoun
© Marmontel
158 Samarcande Shark Boukhara
158 Samarcande Shark Boukhara
© thiery49
Questions fréquentes

FAQ — Samarcande & Boukhara

Faut-il un visa pour les Français en Ouzbékistan ?

Oui, il est obligatoire mais s'obtient en ligne via e-visa (20 dollars) même après arrivée, contrairement aux informations initiales. À l'aéroport international de Tachkent, l'obtention peut prendre deux heures. Il est cependant recommandé de l'obtenir avant le départ pour éviter le stress.

Quel est le meilleur moment pour visiter Samarcande et Boukhara ?

Octobre offre un bon compromis, mais attention : les températures chutent à 8 degrés en fin d'après-midi, avec vent sec depuis les steppes. Prévoir des vêtements chauds même en automne. Les hôtels disposent de radiateurs, mais ils sont bruyants.

Combien coûtent les repas et les monuments ?

Un plov de qualité coûte environ 2 euros (25 000 som), un chachapuli 1,50 euro (20 000 som). Les entrées de monuments : Mausolée de Gur-i-Amir 2,60 euros (35 000 som), Mosquée Bolo Khauz gratuite. Les tarifs au restaurant d'hôtel et auprès des vendeurs ambulants peuvent être doublés ou triplés.

Peut-on se déplacer facilement entre Samarcande et Boukhara ?

Oui, via minibus privé (115 dollars pour deux personnes, 280 km, 4 heures avec chauffeur francophone possible). Les routes M37 sont bien entretenues. Bus de nuit existe aussi (18 heures Boukhara-Tachkent), mais très fatigant avec arrêts tous les 200 km.

Que déguster absolument en Ouzbékistan ?

Le plov à la viande et carottes, le chachapuli (ragoût en croûte de pain), la soupe Shurbo (mieux le matin à 6h, plus frais), les samsa feuilletés à la viande, le thé au citron. Attention : portions très grasses, épices abondantes (cumin, coriandre, curcuma).

Comment naviguer les bazars sans se faire arnaquer ?

Le Bazar Siab de Samarcande et Bazaar-i Tog de Boukhara sont chaotiques, sans signalétique, allées étroites. Comparer les prix (le miel de montagne vendu 15 dollars à Samarcande coûtait le double). Éviter d'acheter à la boutique d'hôtel (prix absurdes). Les taux de change en restaurant peuvent être pires que le marché noir.

Quels monuments ne pas manquer ?

Mosquée Bibi-Khanym à Samarcande (spectaculaire au lever du soleil avec reflets roses), Mausolée de Gur-i-Amir (45 minutes suffisent), Mosquée Kalta Minor à Boukhara, Mosquée Bolo Khauz (bleu turquoise repeint tous les dix ans). L'appel du muezzin depuis la mosquée est hypnotisant et porte jusqu'à 3 km.

Quelle durée minimale prévoir ?

Deux semaines est le minimum confortable pour Samarcande et Boukhara combinées. Douze jours permet de visiter les deux villes mais sans superflu. Les trajets internes et la fatigue des voyages nocturnes usent rapidement.