Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport Maurice Bishop vers 14 h 30, en plein après-midi torride. L'air était déjà collant, chargé de l'odeur salée de l'Atlantique mélangée à celle des gaz d'échappement des minibus jaune et bleu stationnés devant les arrivées. Le chauffeur de taxi nous a surcharger de 5 dollars par rapport au tarif affiché – première galère du voyage, mais on l'a acceptée sans trop rouspéter. On a loué une villa près de la Grand Anse Beach à travers Airbnb, dans le quartier de Morne Rouge. La proprio, Carla, nous a conseillé de manger au Belmont Estate, une plantation de cacao perchée dans les hauteurs. C'était à environ 30 minutes en voiture (route sinueuse, attention aux nids-de-poule). Le repas valait le détour : je me souviens encore du goût du oil down – mélange de légumes, viande et farine de maïs cuit à la vapeur dans des feuilles de bananier – à 12 XCD (environ 4,50 euros). Les mouches noires tournoyaient autour de notre assiette, un classique qu'on n'avait pas anticipé. Le marché de Saint-Georges et ses surprisesLe lundi matin, levé à 6 h 30 pour explorer le Market Square, le cœur battant de la capitale. Les étals explosaient de couleurs : des mangues jaune vif, des fruits à pain énormes, des épices qu'on ne reconnaissait pas. Le marché sent la terre humide, la coriandre fraîche et les déjections de poule. On a acheté des cinnamon rolls à 3 XCD chez une vendeuse assise par terre, goût sucré prononcé, texture pâteuse. On a aussi testé la Grenadian soda (boisson à base de fruits) au café du coin, 2,50 euros. L'ambiance était chaotique mais vivante – tout le contraire du marché des Halles à Paris, très centralisé et aseptisé. On a eu un moment marquant en traversant la rue Church Street vers 10 h : un downpour soudain, tropical et violent. En moins de 30 secondes, les rues étaient inondées. On s'est réfugiés sous un porche avec une famille locale qui riait de notre panique. Ça dure rarement plus de 20 minutes, nous a dit la grand-mère. C'était étrange de passer du soleil écrasant à cette averse glaciale en deux minutes. Fort George et la déception photographiqueLe mercredi, on a pris le minibus local (ligne 2, 2 XCD par personne, environ 0,75 euros) jusqu'au Fort George, qui surplombe le port. On imaginait des vues spectaculaires sur la baie. Là, j'ai du mal à être positif : le fort lui-même était fermé pour restauration, et la vue était bouchée par une brume côtière épaisse vers midi. On est resté 45 minutes pour rien. Seule consolation : les cacahuètes grillées vendues par un enfant à la grille de l'entrée, chaudes et salées, 1 XCD. Les îles de la GrenadeLa journée la plus belle a été celle passée aux îles Grenadines, accessible en ferry. On a pris le bateau de 7 h 30 du matin depuis le port principal (Carenage Waterfront) direction Carriacou. Le trajet dure 1 h 15 environ, 25 XCD aller (environ 9 euros). L'eau était d'un bleu-turquoise presque transparent. On a déjeuné à Paradise Beach Bar, spécialisé dans le lobster lunch frais (environ 30 euros, servi avec du riz local et des plantains). Goût délicieux mais portions minuscules, on avait encore faim. On a aussi snorkelé près des récifs : eau à 28 °C, clairement tiède, vision sous-marine décente mais pas spectaculaire. La cuisine et les restaurantsOn a dîné au Aquarium Restaurant près de la plage de Grand Anse deux fois. Spécialité locale : le callaloo soup à base de feuilles de taro, avec écrevisse. Très bon, 8 XCD. Une autre soirée, on s'est aventurés chez BB's Crabback Cafe (recommandé par un autre voyageur), petite échoppe sans prétention, crabe farci excellent, 18 euros pour deux. Le service était lent (attente de 45 minutes) mais c'était clairement volontaire : pas de pression, rythme local. À côté, il y avait des restaurants touristiques bien trop chers, qu'on a évités. Retour et sensations finalesLes trois derniers jours ont été gâchés par une épidémie de dengue annoncée localement. Les autorités recommendaient de rester sous moustiquaires. On a passé beaucoup de temps à l'intérieur, ce qui a cassé notre rythme. On avait aussi un bug avec la location de voiture (la transmission était cassée, le loueur a refusé de nous rembourser), donc les deux dernières excursions sont tombées à l'eau.
Les bons plans repérés sur place.
Belmont Estate (plantation de cacao) – route sinueuse mais repas d'oil down à 4,50 euros inoubliable
Grand Anse Beach – plage principal, eau chaude, restaurants corrects à proximité
Ferry Carenage Waterfront vers Carriacou – 1 h 15 de traversée, eau turquoise réelle, lobster lunch à Paradise Beach Bar
Market Square le matin tôt – chaos vivant, fruits exotiques, vraie vie locale, café du coin recommandé
Sentier côtier de Dragon Bay – marche de 45 minutes, peu touristique, vue sur la côte nord
Photos — Saint-Georges
Et au final.
La Grenade n'a pas été un coup de cœur. Beaucoup plus petit et moins développé que je ne l'imaginais, avec une infrastructure touristique fragile et des galères administratives. Mais les gens sont vraiment gentils, la nourriture locale a ses charmes, et les îles secondaires offrent une vraie pause. À faire si on aime l'improvisation et les endroits moins lisses, mais pas si on cherche une destination clé en main.
