Saint-Georges et les épices : 10 jours entre chaos urbain et plages oubliées
CarnetGrenade202610 jours

Saint-Georges et les épices : 10 jours entre chaos urbain et plages oubliées

Nous avons atterri à l'aéroport Maurice Bishop un dimanche matin, complètement décalés après 10 heures de vol depuis la Martinique. Dès la sortie, l'odeur a frappé : mélange sucré de cacao en fermentation et d'air salin…

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Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport Maurice Bishop un dimanche matin, complètement décalés après 10 heures de vol depuis la Martinique. Dès la sortie, l'odeur a frappé : mélange sucré de cacao en fermentation et d'air salin chargé d'humidité tropicale. Ça ne s'oublie pas. Le taxi collectif qui nous a menés à Saint-Georges (3 dollars EC, environ 1,10 euro) était une expérience en soi : reggae à fond, chauffeur qui klaxonnait tous les 10 mètres, route sinueuse et bosselée à travers les mornes verdoyants. Nous nous sommes logés à la Grenada Beach Resort sur la Grand Anse Beach, à environ 5 km du centre. L'établissement aurait pu être charmant en 2010. Maintenant c'est un peu fatigué : climatisation bruyante, murs humides, mais le personnel était vraiment gentil et le petit-déjeuner (accras de morue à 2,50 euros) était honnête. La plage elle-même, une bande de sable noir finement granulé, s'avérait plus froide que prévue — l'eau à 26°C en février, ce n'est pas la miroitante des Caraïbes de carte postale. Les marchés : débordants et compliquésNous avons passé notre première matinée au Market Square du centre-ville de Saint-Georges. C'était un chaos organisé : 200 vendeurs entassés dans une halle mal aérée, criant leurs prix, nous proposant des épices vendues à la pelle. J'ai acheté de la muscade fraîche (la Grenade en produit 25 % des réserves mondiales) pour 0,80 euro pièce. Mais attention : une femme nous a proposé un « meilleur prix » ensuite en rue, puis nous a accompagnés jusqu'à sa petite boutique qu'on cherchait pas. C'était une tentative douce de vente agressive — elle voulait nous vendre du bois de santal « garanti authentique ». Nous avons refusé poliment. C'est le revers de la gentillesse caribéenne : la frontière entre hospitalité et opportunisme est parfois floue. Nous avons mangé au petit restaurant sans enseigne juste à côté du marché. Macaroni avec fromage local, salad verte noyée dans du vinaigre chaud, pour 3,50 euros par assiette. Savoureux, mais l'assainissement du lieu laissait à désirer : pas d'eau courante visible, mouches qui entraient par les ouvertures béantes. Ça nous a coûté deux jours de ventre instable. Île de la Grenade : la route des épicesLe bus jaune numéro 7 partait du Terminal de Saint-Georges à 6h45 précises. Nous avions mâché du gingembre frais acheté à Market Square pour combattre le mal des transports. La route grimpait entre les plantations de cacao, les arbres à pain, les cocotiers qui surplombaient les ravins. Nous descendus à Morne Rouge, un village montagnard où la température baissait sensiblement — 4 à 5 degrés de moins qu'en bord de mer. Les maisons, souvent sur pilotis en bois peint, montaient le long d'une route étroite. La Nutmeg Pool était notre but : une source naturelle où on peut se baigner au milieu des plantations. L'eau sortait à 28°C et sentait le minéral, presque le soufre. Nous y avons passé deux heures. Un guide local, Winston, s'est joint à nous sans vraiment nous le demander. Il nous a montré comment distinguer un arbre de muscade femelle d'un mâle, et nous a parlé en trois heures l'histoire de l'île : cyclones, révoltes d'esclaves, coup d'État de 1983, invasion américaine. Nous lui avons donné 15 dollars EC (5,50 euros) à la fin. C'était honnête pour son temps et ses histoires. Carriacou et l'île Ronde : quitter le continentNous avons pris le catamaran du service local (ferry Osprey Line, 8 dollars EC l'aller simple) mardi vers 9h30. Une heure de traversée vers Carriacou, l'île sœur. Levé du siège, puis assis par terre car surcharging : 80 personnes pour 40 places assises. Mais l'équipage riait de la situation comme si c'était normal. Smell de diesel mélangé au sel. Carriacou était plus calme : petite crique, maisons colorées, silence presque troublant après Saint-Georges. Nous avons dîné au restaurant de l'hôtel Melvyn's sur la baie de Hillsborough : poisson fumé avec boniato (patate douce), 7 euros. La vue sur l'eau au coucher, à 18h45 là-bas, valait le prix. L'horizon s'enflammait d'orange terne, pas spectaculaire mais vrai. Le moment qui nous a vraiment touchésVendredi soir, en retournant vers le nord de Grenade, nous avons croisé une procession de Pâques : musique de steel pan résonnant dans les rues, enfants en costume de fêtes de papier crépon, vendeurs de fruits confits colorés. C'était 18h30, la nuit tombait. Des groupes de voisins dansaient derrière un char. Rien d'organisé, rien de trop. Juste la vie locale qui s'affichait. Nous nous sommes arrêtés, avons parlé avec une mère qui expliquait à sa fille d'où venait la tradition. Ça m'a rappelé pourquoi on voyage : pas pour cocher des monuments, mais pour croiser des moments où les gens vivent normalement. Dernier soir à la terrasse du Spice Island Beach Resort (happy hour, rhum local Revelation à 2,50 euros le verre), nous avons fait le bilan : une île facile d'accès, peu achalandée, avec une vraie vie locale malgré les tour-opérateurs. Pas de file d'attente aux restaurants. Pas de chaos touristique. Mais aussi : infrastructure vieille, service par-à-coups, plages moins spectaculaires qu'en Guadeloupe, internet instable même à l'hôtel.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Market Square à Saint-Georges le dimanche matin : chaos des épices, muscade fraîche à 0,80 euro

2

La route du bus jaune numéro 7 jusqu'à Morne Rouge : vue sur la forêt depuis les virages

3

Nutmeg Pool en montagne : baignade gratuite dans l'eau minérale naturelle à 28°C

4

Carriacou en catamaran Osprey Line : calme absolu, population locale sans arnaque

5

Procession de Pâques en fin d'après-midi : vie locale authentique en rue, pas une scène organisée pour touristes

Album · 6 photos

Photos — Saint-Georges

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Conclusion

Et au final.

La Grenade nous a plu pour son authenticité tranquille et son absence de saturation touristique. Les gens sont vrais, les prix sont bas, l'histoire est partout. Mais honnêtement, les plages ne valent pas le détour si vous êtes déjà dans les Caraïbes, et l'île demande une certaine patience face aux aléas logistiques.

En résumé

Avis Saint-Georges : carnet de voyage de 10 jours par marcjp-explorateur

Destination
Saint-Georges
Pays
Grenade
Durée
10 jours
Période
février · Hiver
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcjp-explorateur
Questions fréquentes

FAQ — Saint-Georges

Quand partir à Saint-Georges ?

Ce voyageur est parti en février (hiver). Consultez la fiche climat de Saint-Georges (Grenade) et les autres carnets de la communauté pour comparer selon la saison souhaitée.

Quel budget prévoir pour 10 jours à Saint-Georges ?

Le budget dépend du standing (camping / hôtel / location), de la saison et du voyagiste. Lisez le récit complet ci-dessus pour les détails dépensés par ce voyageur, puis comparez avec les autres carnets de Saint-Georges.

Que faire à Saint-Georges ?

Découvrez les visites, activités et bonnes adresses partagées dans ce carnet. La page « Saint-Georges » regroupe l'ensemble des carnets, hôtels et avis de la communauté Vacanceo sur cette destination.

Combien de jours pour visiter Saint-Georges ?

Ce voyageur a passé 10 jours sur place. Selon votre rythme et vos centres d'intérêt, comptez plus ou moins. Comparez avec d'autres carnets de Saint-Georges pour ajuster.

Comment se rendre à Saint-Georges ?

Vol, voiture, train : le mode de transport choisi par ce voyageur est mentionné dans le récit. Consultez notre comparateur de vols et les carnets de la communauté pour les itinéraires les plus pratiques.