Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport Francisco Sá Carneiro vers 10h30, un dimanche matin où le soleil tapait déjà fort. Le taxi jusqu'à la Ribeira (quartier historique) nous a coûté 23 euros — le chauffeur nous a proposé 30 d'entrée, classique. Les rues sont si étroites qu'on a dû descendre les bagages à pied sur les trois derniers pâtés de maisons, les pavés glissaient encore d'humidité. Notre guesthouse, O Mundo Pequeno, occupait le troisième étage d'un immeuble du 17e siècle sans ascenseur. La proprio, Maria, faisait bouillir du café à 6h du matin dans la pièce commune — cette odeur de grains robusta intense qui m'a réveillé chaque jour, pas désagréable mais imposant. Les draps étaient frais, la douche cramée à mi-débit : bienvenue à Porto. Le premier jour, nous avons marché sans plan jusqu'à la livraria Lello, la fameuse librairie rose du 19e siècle. L'entrée coûte 5 euros (remboursée sur l'achat), les escaliers en bois craquent sous chaque pas, les vitrines brillent sous une lumière presque théâtrale. J'ai acheté un guide de cuisine portugaise de 2019 à 18 euros. À côté, la Église des Clercs domine la place — on a grimpé les 240 marches vers 14h, quand la température avait atteint 28 degrés. Vue dingue sur les toits en tuiles rouges qui dévalent jusqu'au fleuve. Pour manger, nous avons découvert le Ribeira Grelhados par hasard en descendant une ruelle. Franchement, c'était bon mais pas extraordinaire : caldeirada de peixe (ragoût de poisson) à 16 euros, francesinha (sandwich au jambon et fromage gratinés) à 12 euros. Un verre de Vinho Verde blanc bien frais. Le moment marquant : le serveur nous a oublié presque une heure. On lui a rappelé, il s'est excusé en disant « ah, j'ai cru que vous étiez des touristes qui ne parlaient pas portugais ». Pas méchant, mais légèrement piquant. Le port de vin : visite chez Graham's Lodge (traversée gratuite en bateau depuis la rive sud, bus 900 depuis la gare de São Bento). Les caves sont froides, humides, avec cette odeur de chêne vieilli qui pique les narines. Dégustation de trois millésimes incluaient un 2011 sec et complexe. 10 euros la dégustation, honnête. On a croisé des groupes organisés qui ignoraient totalement le guide de la cave — juste là pour l'Instagram du pont Dom Luís II en arrière-plan. Jour 5, galère majeure : nous avions réservé une excursion en bateau sur le Douro via une agence en ligne, départ à 9h du Cais da Ribeira. Le bateau n'a pas levé l'ancre. Moteur cassé, disaient-ils. L'agence a proposé un remboursement... trois semaines après notre retour. Nous avons perdu 80 euros et une journée. Nous avons quand même loué un petit catamaran privé auprès d'une autre compagnie pour 150 euros, ce qui s'est avéré meilleur — les vignobles terrasses de Quinta de Vargellas en arrière-plan, silence presque total sauf le moteur et le léger clapotis. Les marchés : la Bolhão (marché historique ouvert depuis 1839) sent le poisson, la tomate écrasée et l'ail. Les commerçants y crient les prix, les fruits sont brillants d'eau. We bought oranges (1,50 euro le kilo), du jambon serrano, du fromage de chèvre caillé. Petit déj sur place avec des pastéis de nata à 1,20 euro pièce, encore tièdes, qui fondaient sur la langue — vraiment bien celui-ci. Nous avons pris le train régional Alfa Pendular vers Covilhã le jour 7 (départ gare de São Bento à 9h37, arrivée 13h02, 35 euros aller-retour). Paysages montagneux soudains, châteaux en ruine qui filent. Covilhã, c'est tranquille, plus petit, moins de touristes. La pousada historique sur la place était fermée (travaux). On a mangé une soupe de caillé à la cantine locale, gratuit avec le café (!) — le propriétaire était gentil, nous parlait de ses petits-enfants en France. Retour à Porto pour les deux derniers jours. Visite de la Torre Clérigos (escalier de 250 marches, 5 euros) et du Palácio da Bolsa (visite guidée 10 euros, obligatoire, 45 minutes). L'architecture baroque du 19e siècle est vraiment dense, travaillée — la salle d'audience recouvert d'or et d'azulejos bleus. Je me suis demandé combien de temps les ouvriers avaient passé sur chaque carré de céramique.
Les bons plans repérés sur place.
La rua Mouzinho da Silveira au coucher de soleil : ruelle étroite pleine de restaurants où les chaises débordent sur le pavé, lumière orange qui rebondit sur les carrelages azulejos
Pastéis de Nata fumants du Confeitaria do Bolhão (marché Bolhão) : pâte feuilletée croustillante, crème vanille tiède, 1,20 euro
Traversée en bateau du pont Dom Luís II jusqu'aux caves Graham's : vue hypnotique sur les deux rives, air frais du fleuve en contraste du bruit urbain
Petit train à voie étroite Linha da Circunvalação depuis São Bento : 3 euros, parcourt toute la ville en une heure, touristes et locaux ensemble, arret à Campanhã
Pastel de tentúgal (spécialité locale) à la pâtisserie Magalhães : feuilletage fin fourrée de purée de cacao et amande, 2,50 euros, trouvé par erreur rue Clérigos
Photos — Porto
Et au final.
Porto m'a marquée par sa densité physique, ses contrastes entre rues pauvres et façades nobles, et cette nerveusité des petites villes côtières portugaises. Mais c'est aussi moins calme qu'on le croit, avec des prix qui montent vite en haute saison et une certaine lassitude touristique dans les zones centrales. J'y retournerais surtout pour l'arrière-pays et pour passer plus de temps à marcher sans but.








