Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Jacksons (Port Moresby) un jeudi à 16 h 45, la chaleur moite nous a frappés avant même de descendre de l'avion. L'air sentait le kérosène et la mer chaude, mélange étrange qui restera longtemps dans ma mémoire. Après deux heures de files d'attente à l'immigration, nous avons pris un taxi jaune de la compagnie Coral Taxi jusqu'à l'hôtel Grand Papua, situé à Waigani. Le chauffeur, Joseph, roulait vite sur la route côtière défoncée, me racontant que les pluies récentes avaient ravagé plusieurs quartiers. Notre chambre au Grand Papua (chambre 312, vue sur la baie) coûtait 89 euros la nuit, wifi inclus. Port Moresby n'est pas une destination facile. Les premiers jours, l'insécurité nous a pesé : conseils constants d'éviter certains quartiers après 18 h, guides obligatoires pour sortir des zones touristiques. Le marché de Koki nous a fait frissonner à l'odeur acre du poisson fermenté et des fruits exotiques entassés sous le soleil. Nous avons acheté des fruits de la passion locaux pour 5 kina pièce (moins d'un euro), vendus par une femme qui parlait à peine l'anglais. J'ai goûté un morceau cru : acide, sucré, avec des graines qui restaient entre les dents. C'est dans ce marché, vers 11 h du matin, que nous avons compris que Port Moresby n'était pas un lieu touristique packaging, c'était du vrai, du brut, du non-filtré. Les îles Trobriand : trois jours d'isolement volontaireNous avons pris le vol Air Niugini PX 109 depuis l'aéroport de Jacksons vers Kiriwina (les îles Trobriand), le lundi à 8 h 30. Billet aller-retour : 320 euros par personne. L'avion, un petit Twin Otter à hélices, nous a secoués pendant une heure quarante. Vue imprenable sur les lagons turquoise, mais j'avais mal au cœur et un passager à côté a vomi discrètement dans un sac en papier. Arrivée à Kiriwina à 10 h 15, accueil par notre guide Samuel au lodge Kiriwina Adventureland. Le lodge, basique mais charmant, possédait quatre bungalows en bois sur pilotis, électricité générée par panneaux solaires (coupures fréquentes). Douche froide à seau, repas à base de patate douce et poisson grillé. Nous avons dîné le premier soir pour 18 euros chacun : soupe de coco, poisson fumé, riz blanc. La nuit, à 2 h du matin, je me suis réveillé à cause du bruit des vagues contre les pilotis et des cris des oiseaux nocturnes. Sons étranges, presque menaçants, mais Samuel nous a expliqué que c'était normal, simplement la jungle qui vit la nuit. Samuel nous a menés à Kuvi Beach le mardi matin à 6 h 30. Les femmes du village vendaient des colliers tressés en fibres et des bijoux de coquillage. Nous avons assisté à une démonstration de tressage de paniers à partir de feuilles de cocotier. Mon moment marquant a été de voir une enfant de 8 ans, Maggie, tresser un panier en vingt minutes avec une habileté impressionnante. Elle riait, parlait pidgin english avec les autres enfants. J'ai acheté un collier à sa mère pour 8 euros. C'était un moment où l'on se sentait privilégié de voir une compétence transmise, vivante, non muséifiée. Galère logistique et retour difficileLe mercredi, notre bateau pour Losuia devait partir à 14 h. Il est parti à 16 h 45. Attente sous un soleil de 38 degrés, transpiration, soif. Le bateau à moteur était surpeuplé, environ 80 personnes entassées. Une dame avec un poisson vivant acroché à une corde s'est assise près de moi. L'odeur du poisson et du diesel était asphyxiante pendant les trois heures de traversée. Nous n'avions pas prévu cette attente, nous avions loupé une activité de snorkeling. Petit moment de frustration. Retour à Port Moresby le jeudi. Le vol était retardé de deux heures (panne de radio). À l'hôtel Crown Plaza (51 euros la nuit, plus centralIsé que le Grand Papua), nous nous sommes reposés. Le restaurant du lobby, The Palms, servait un curry de poisson correct pour 22 euros, mais surtout une bière locale, SP Export, à 4 euros piquante et amère. Journée de récupération jusqu'au vol international de dimanche. Les trois derniers jours ont été consacrés au National Museum de Port Moresby. L'entrée coûtait 15 kina (3,50 euros). Collections de masques et d'objets rituels intéressants. Exposition parfois mal entretenue, vitrines mal éclairées, mais authentique. Nous avons aussi visité le Baridi Market, marché plus sûr pour touristes, où les prix étaient gonflés de 30 % par rapport au marché de Koki, mais l'ambiance était calme.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Koki à Port Moresby : vendeurs de poisson fermenté et fruits de la passion frais, ouvert 6 h-14 h, chaotique et authentique
Lodge Kiriwina Adventureland (îles Trobriand) : bungalows sur pilotis avec douches froides, repas à 18 euros, prise électrique par panneaux solaires
Vol Air Niugini Twin Otter vers Kiriwina : turbulent, spectaculaire, 320 euros l'aller-retour, dur pour l'estomac
Kuvi Beach sur Kiriwina : femmes tisserandes travaillant en direct, enfants souriant, pas d'infrastructure touristique
The Palms Restaurant au Crown Plaza Port Moresby : curry de poisson 22 euros, bière SP Export locale 4 euros, cuisine basique mais correcte
Photos — Port Moresby / Îles Trobriand
Et au final.
Papouasie-Nouvelle-Guinée n'a pas été simple, l'insécurité a limité nos mouvements et nous avons dû renoncer à certains plans. Les îles Trobriand restent inoubliables, mais Port Moresby est épuisante, chaude, imprévisible. À revenir, mais pas seul, et avec plus de patience pour naviguer l'infrastructure.
