Port Moresby et les Highlands : entre chaos urbain et tribus isolées
CarnetPapouasie-Nouvelle-Guinée202614 jours

Port Moresby et les Highlands : entre chaos urbain et tribus isolées

On a atterri à l'aéroport international Jackson (Jacksons International), terminal qui sentait le moisi et l'air conditionné défaillant. Le taxi depuis le terminal vers notre hôtel, le Laguna Koitaki Resort, a pris deux…

MA
Publié le
14 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à l'aéroport international Jackson (Jacksons International), terminal qui sentait le moisi et l'air conditionné défaillant. Le taxi depuis le terminal vers notre hôtel, le Laguna Koitaki Resort, a pris deux heures au lieu de quarante minutes. Le chauffeur a expliqué qu'il y avait eu un accident sur la Waigani Drive, mais franchement, on n'était jamais sûrs. Port Moresby, c'est d'abord ça : l'imprévisibilité. Les nids-de-poule font crac sous les roues, les klaxons hurlent, et partout des visages tournés vers nous avec une curiosité mélangée d'indifférence. Le Laguna Koitaki était notre base les trois premiers jours. Hôtel sans charme excessif, climatisation qui ronronnait sans conviction, mais surtout une piscine avec vue sur les mangroves. On a pris des petits-déjeuners au bar de l'établissement : porridge local à 15 kina, papaye acide mais rafraîchissante à 3 kina, café amer à 8 kina. Une blonde française à notre table s'est plainte que les serveuses ne souriaient pas. C'est vrai, elles pas répondaient pas aux petits jeux de politesse habituels. Port Moresby à pied ? Déconseillé, disait notre réceptionniste. On a testé quand même un matin, vers 6 h 30, en direction du marché de Koki. C'est là qu'on a compris le premier vraiment avertissement. Le bruit des motocyclettes, les vendeurs de betel nut qui entassaient leurs petits sachets rouges sur les trottoirs, l'odeur acre de la betelnoz en train de se transformer en salive rouge dans les bouches ouvertes. On s'est acheté du poisson fumé pour 6 kina auprès d'une femme qui nous observait avec méfiance. C'était bon, vraiment bon, avec une texture qui collait aux dents. Le moment marquant : direction le National Museum and Art Gallery, un bâtiment blanc et sec en plein quartier administratif. On y était quasiment seuls. Une conservatrice allemande, très bavarde, nous a montré des masques de tribus des Highlands qu'on ne verrait jamais autrement. Elle a ouvert un tiroir rempli de crânes rituellement peints. Elle a expliqué, sans détour, qu'il y avait encore des endroits en montagne où les anthropophages traditions subsistaient, « pas formellement, mais le cannibalisme sociétal, c'est pas ça qui disparaît en deux générations ». Ça m'a glacé un peu, honnêtement. On a pris un vol Air Niugini (PX 725) vers Mount Hagen, dans les Highlands. 50 minutes de vol, le petit avion de Bombardier bringuebalant, fumée de cigarette malgré les pancartes. La vue était bonne au moins : forêts noires qui s'étendaient à l'infini, nuages qui montaient du sol comme du brouillard d'usine. À Mount Hagen, on a pris contact avec Adventure Specialists, une agence locale basée dans la rue principale. Leur guide, Thomas, parlait un anglais hésitant mais utile. Thomas nous a menés trois jours dans les villages environnants, notamment Keglsugl, à 1 800 mètres d'altitude. Là, il faisait frais le soir, température qui tombait à 12-13°C, et on s'endormait sous plusieurs couches malgré le « lodge » basique. Les femmes du village nous ont montré comment cultiver la patate douce sur les flancs pentus. On a mangé un stew local, brun et épais à base de tripes et légumes racines, à 4 kina. Pas inspirant, mais rassasiant. Thomas a expliqué qu'avant 1980, les guerres tribales restaient « formelles », avec des tués tous les ans mais des rituels. Maintenant, les armes à feu ont changé la donne, mais il disait ça sans aigreur, juste factuel. La galère : à Mount Hagen, un distributeur de billets sur trois était en panne. On avait limité notre retrait de kinas, par peur des arnaques, et on s'est retrouvés à court. Thomas a dû nous avancer 200 kinas pour compléter. On lui a remboursé en euros à l'aéroport, mais l'incident nous a laissés un peu amers. La banque locale, Bank of Papua New Guinea, rue principale, nous a aussi refusé de changer nos euros sous prétexte que nos billets n'étaient pas « assez neufs ». Retour à Port Moresby, dernier soir au restaurant Waratah Tavern : bière locale à 12 kina, poisson grillé (barramundi) à 45 kina. C'était correct. On s'est assis à côté de deux mineurs australiens qui parlaient du prix du cuivre et des problèmes de sécurité des chantiers. Port Moresby reste une ville d'affaires, des gens qui veulent sortir de là dès qu'ils le peuvent.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché de Koki au lever du soleil (6h30) pour le poisson fumé local et la sensation vraiment de l'énergie pré-occidentale du pays

2

National Museum and Art Gallery, Port Moresby (gratuit, ouvert jusqu'à 16h) pour les masques tribaux et les crânes peints expliqués par le conservateur

3

Village de Keglsugl via l'agence Adventure Specialists, Mount Hagen : trois jours en altitude pour voir les femmes et les cultures de patate douce sur les pentes

4

Vol Air Niugini Mount Hagen-Port Moresby pour la vue de la forêt dense depuis le petit Bombardier

5

Laguna Koitaki Resort pour se reposer deux nuits avec la piscine et les mangroves, prix 180 kinas la nuit en chambre double

Album · 8 photos

Photos — Port Moresby

Port Moresby et les Highlands : entre chaos urbain et tribus isolées
Port Moresby — 2
Port Moresby — 3
Port Moresby — 4
Port Moresby — 5
Port Moresby — 6
Port Moresby — 7
Port Moresby — 8
Conclusion

Et au final.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, c'est un pays qui refuse de se laisser digérer facilement. Les Highlands gardent une charge historique et anthropologique rare. Mais Port Moresby, lui, m'a surtout laissé l'impression d'une ville piégée entre expansion et chaos urbain, où les touristes ne sont pas franchement attendus. À revenir pour les montagnards et les tribus isolées, mais pas pour se détendre.

En résumé

Avis Port Moresby : carnet de voyage de 14 jours par marcgallissier

Destination
Port Moresby →
Pays
Papouasie-Nouvelle-Guinée →
Durée
14 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcgallissier →
L'essentiel

Port Moresby en bref

Pourquoi choisir Port Moresby

  • Expérience anthropologique unique : masques tribaux, villages isolés à 1800m d'altitude
  • Marché de Koki authentique avec vendeurs locaux et poisson fumé artisanal
  • Highlands préservées avec guerres tribales documentées et pratiques séculaires
  • National Museum avec collections de crânes rituels et archives ethnographiques
  • Contraste extrême urbain-montagnard en 50 minutes de vol

Pour qui ?

  • Anthropologues et chercheurs en études culturelles
  • Aventuriers tolérant l'imprévisibilité et l'insécurité urbaine
  • Photographes de documentaire sur les cultures isolées
  • Voyageurs expérimentés en zones difficiles en Asie-Pacifique
  • Professionnels miniers et pétroliers en mission

À éviter si…

  • Vous recherchez une destination relaxante ou balnéaire
  • Vous préférez les villes sûres et bien planifiées
  • Vous souhaitez des hébergements de luxe avec services haut de gamme
  • Vous êtes sensible aux différences culturelles ou au chaos urbain
À découvrir aussi
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Photos communautaires : Port Moresby

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POMSAC  P1080322-1
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Questions fréquentes

FAQ — Port Moresby

Est-il sûr de visiter Port Moresby à pied ?

Non recommandé selon les réceptionnistes locaux. Le récit mentionne une sortie matinale vers le marché de Koki à 6h30, où les conditions (motocyclettes, foules, vendeurs de betel nut) rendent la visite stressante. Les déplacements en taxi sécurisé sont conseillés.

Combien de temps faut-il pour rejoindre Mount Hagen depuis Port Moresby ?

Vol Air Niugini de 50 minutes à bord de petits avions Bombardier. Le récit rapporte une atmosphère enfumée malgré les interdictions, mais la vue sur les forêts infinies et les nuages justifie le trajet.

Quel est le coût de la vie aux Highlands comparé à Port Moresby ?

Légèrement moins cher : stew local à 4 kina vs barramundi grillé à 45 kina en restaurant Port Moresby. Les prix du marché de Koki (poisson fumé 6 kina, papaye 3 kina) indiquent une économie locale peu chère mais peu variée.

Les Highlands conservent-elles des pratiques anthropophagiques ?

Selon la conservatrice allemande du National Museum, le cannibalisme sociétal subsiste dans certains endroits isolés, « pas formellement » mais comme pratique non formellement abolie. Thomas, guide aux Highlands, parlait des guerres tribales historiquement rituelles avant 1980, compliquées par l'arrivée des armes à feu.

Quels sont les problèmes bancaires à Mount Hagen ?

Distributeurs en panne régulièrement (1 sur 3 selon le récit), change de devises étrangères difficile. La Bank of Papua New Guinea a refusé des euros jugés « pas assez neufs ». Retrait préalable de kinas fortement recommandé.

Quels hébergements offrent une base confortable à Port Moresby ?

Laguna Koitaki Resort propose climatisation, piscine avec vue mangroves, petit-déjeuner basique (porridge 15 kina). Pas de luxe excessif mais adéquat. À Mount Hagen, les lodges de montagne sont très basiques (températures 12-13°C le soir).

Quel est le profil économique de Port Moresby ?

Ville d'affaires minière et pétrolière, fréquentée par des travailleurs expatriés (mineurs australiens mentionnés au Waratah Tavern parlant du prix du cuivre). Les touristes de loisir ne sont pas la clientèle prioritaire.

Quelle est la meilleure période pour visiter les Highlands ?

Le récit ne précise pas, mais Keglsugl à 1800m d'altitude connaît des nuits à 12-13°C. La végétation verdoyante et les forêts denses observées depuis l'avion suggèrent un climat tropical humide année-rond.