Comment ça s'est passé.
Arrivée à Niamey le 14 janvier à 6 h 45 via Air Niger depuis Ouagadougou. Vol retardé de trois heures, comme prévu. L'aéroport international Diori Hamani sent le kérosène et la climatisation poussive. Taxi officiel négocié à 8 000 francs CFA jusqu'à l'Hôtel Gaweye, rue de la Douane. Chambre vue fleuve, mais le climatiseur grésille et le lit penche légèrement. Dès la première nuit, compris qu'on n'était pas au Radisson. Le matin du 15, levé à 5 h 30 pour observer le lever du soleil depuis le balcon. Les pirogues des pêcheurs glissent sur l'eau orange, silhouettes noires qui ne bougent presque pas. L'air est frais, presque froid. À 7 h, descendu au petit déjeuner : omelette, pain blanc, café instantané amer. Prix de la chambre : 35 000 CFA par nuit (53 euros). Pas cher, mais on l'entend vivre. Marché Katara et premières galèresLe 16 janvier, direction le Marché Katara avec le guide Amadou, recommandé par l'hôtel. C'est un labyrinthe de couleurs : tissus indigo de Kano, épices en vrac, viande séchée. L'odeur mélange le cumin, la poussière et quelque chose de pas frais. Amadou m'a présenté à une vendeuse de tuwo (bouillie de mil) : 500 francs CFA le bol (0,76 euro). C'était pâteux, sans goût, mais authentique au sens où on la mangeait vraiment. Pas de fioritures. Problème : au bout de deux heures, une femme m'accuse d'avoir volé son foulard alors que je sortais du marché. Scène bruyante, attroupement rapide. Amadou a dû payer 5 000 CFA (7,60 euros) de compensation. Il m'a dit après : « C'est la tax des touristes ici. Elle savait que tu ne reviendras pas. » Pas amusant, mais c'était ma première arnaque réelle. Je l'ai notée mentalement. Île de Koutchi et route cahoteuseLe 17, tentative d'excursion sur l'Île de Koutchi en 4x4 loué à Yussuf Voyages (13 avenue du Général Seyni Kountché). Route de terre, environ 35 kilomètres de Niamey. Le trajet a pris 2 h 15 au lieu de l'heure promise. Chauffeur Malam fumait non-stop, radio FM bruyante. Le paysage : herbes jaunes, quelques acacias, ciel blanc de chaleur. À 10 h, il faisait déjà 38 °C à l'ombre. L'île : petit village de pêcheurs, une dizaine de huttes. Accueil du chef, thé à la menthe en minuscule verre brûlant. Viande grillée, riz basmati bouilli. Prix : 15 000 CFA par personne (23 euros) incluant le repas. Ai échangé quelques mots en français avec un enfant qui apprennait à l'école du village. Moment détente après la tension du marché. L'après-midi, baignade rapide dans le fleuve Niger (eau tiède, trouble, pas invitante, mais je l'ai fait). Musée national et centres commerciauxLe 18 janvier, Musée National du Niger, avenue du Président Hamani Diori. Ouvert de 9 h à 17 h 30, sauf le mardi. Entrée : 3 000 CFA (4,50 euros). Collections anecdotiques de masques, de poteries. La climatisation était cassée, salle à 41 °C. Guide du musée très disponible, presque trop. Ai vu les armures de chevaliers du Niger central (XIVe-XVIe siècles), pièces correctement documentées. Resto le soir au restaurant Zarmaland, Niamey (réputé bon, réalité : moyen). Commandé un ragout de viande avec sauce arachide : 8 500 CFA (13 euros). Portion correcte. Vin maison rouge à 6 000 CFA la bouteille, imbuvable. Table collante, serveurs sympathiques mais lents. Centre commercial Niamey Point et retourDu 19 au 21, j'ai traîné à Niamey Point (climatisé, wifi faible mais acceptable). Pris des photos, réglé des mails. Mangé burger-frites au Francés Burger : 5 500 CFA (8,40 euros). Vraiment un burger français (mauvais français, honnêtement). Bus local ligne 3 (pas numéroté clairement, il faut demander) : 300 CFA (0,45 euro) pour traverser la ville. Bus bondé, chaleur, odeur de transpiration. Normal. Dernier matin, retour à l'aéroport via Air Niger à 8 h 55. Pas de retard. Départ à l'heure.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Katara – arriver avant 8 h, négocier fermement, amener un guide ; les tissus de Kano sont les meilleurs
Île de Koutchi – louer via Yussuf Voyages (fiable mais cher), prévoir casquette et eau, le repas de poisson grillé vaut le coup
Coucher de soleil sur le fleuve Niger depuis la rive ouest (Gawey Club, moins cher que les restaurants) – ordre de grandeur 4 000 CFA pour bière
Musée National du Niger – court visite (1 h 30 suffisent), collections limitées mais pièces d'armures uniques
Petits déjeuners à l'Hôtel Gaweye – bruit du fleuve, vue calme avant le chaos quotidien de Niamey
Photos — Niamey
Et au final.
Niamey n'a rien de spectaculaire. C'est une capitale sahélienne avec ses rues défoncées, sa chaleur écrasante et ses gens qu'on arrive à croiser vraiment si on sort de la bulle touristique. Trois semaines eût été trop. Douze jours, c'est le bon dosage pour comprendre le rythme. Ce qu'on aime moins : l'arnapage au marché, la qualité des routes, l'absence totale de planning urbain. Ce qu'on retient : le fleuve Niger qui sort de nulle part, le sourire d'Amadou quand j'ai compris son blague sur l'eau du puits, et cette sensation d'être vraiment loin de chez soi.








