Mostar et la vallée de la Neretva : entre reconstruction et saveurs ottomanes
CarnetBosnie Herzegovine20268 jours

Mostar et la vallée de la Neretva : entre reconstruction et saveurs ottomanes

On a atterri à Sarajevo un mardi matin avec Turkish Airlines, puis pris un minibus privé pour Mostar (2h30, 40 KM par personne). Le chauffeur écoutait du turbo-folk à fond et nous a lâchés devant l'hôtel Kriva Cuprija…

SA
Publié le · mis à jour le
8 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Sarajevo un mardi matin avec Turkish Airlines, puis pris un minibus privé pour Mostar (2h30, 40 KM par personne). Le chauffeur écoutait du turbo-folk à fond et nous a lâchés devant l'hôtel Kriva Cuprija sans vraiment vérifier que c'était le bon endroit. Première galère : l'établissement était en rénovation. On a dû se rabattre sur le Muslibegovic House, une maison ottomane transformée en guesthouse dans la vieille ville, 85 euros la nuit avec le petit-déj. Mostar sent la pierre humide et l'eau de source. Les ruelles du vieux bazar dégoulinent d'humidité le matin. On a déambulé dans la Kujundžiluk Street vers 7h30, avant que les touristes n'arrivent, et on a trouvé un café minuscule, le Café Olymp, où un type nous a servi un Bosnian coffee (0,80 KM, soit 40 centimes) dans une petite tasse en cuivre avec un petit verre d'eau froide. L'amertume du café était intense, presque métallique, et l'eau était glacée. Moment bizarre mais mémorable. Le pont de Mostar et ses plongeursOn s'est levés à 6h45 pour photographier le Stari Most sans la foule. Le pont calcaire blanc émergeait du brouillard sur la Neretva verte. Vers 10h, les plongeurs ont commencé. On les a vus sauter de 24 mètres, le corps qui chute pendant 3 secondes avant de frapper l'eau avec un bruit sec. C'était à la fois beau et inquiétant. Ils font ça pour les pourboires : on a vu un mec récolter 15 euros en une matinée. On a mangé au Sadrvan, un resto discret avec une cour intérieure, près du pont. Ćevapi (brochettes de viande hachée) à 4,50 KM, Burek (pâté à la viande) à 2,50 KM. La serveuse nous a demandé si on voulait du rakija maison (eau-de-vie locale) avec le repas. On a refusé. Elle a eu l'air déçu. Découverte de la vallée et premières déceptionsOn a loué une voiture chez Europcar (comptoir en face de la gare routière) pour explorer la vallée de la Neretva. Première grosse galère : on nous a donné une Fiat Punto des années 2000 avec 200 000 km au compteur et un rétroviseur cassé. Le trajet vers Počitelj (20 km au sud) était chaotique, route étroite, pas de ligne blanche, klaxons continuels. Mais Počitelj en valait la peine : un petit village fortifié perché sur une colline, avec des maisons décorées de couleurs pastel, un minaret blanc qui pointait vers le ciel. On y a mangé une banane plantain frite dans une gargote sans nom (1,50 KM). Texture molle, goût sucré surprenant. On a aussi visité Blagaj et sa source : une caverne remplie d'eau turquoise qui sort du rocher. La température de l'eau était glaciale (10°C selon la pancarte). On s'est baigné malgré tout, pendant 5 minutes, puis on a commencé à claquer des dents. Pas bien pensé. Les musées et la fatigue touristiqueOn a passé une après-midi au War Tunnel Museum (8 KM d'entrée), un tunnel qui a sauvé Sarajevo pendant le siège (1992-1995). L'atmosphère était oppressante : des croquis au crayon des gens qui se cachaient là, des bouteilles d'eau remplies comme provisions. Guide bosniaque qui parlait vite, on a compris 30% de ce qu'il disait. Ressenti : culpabilité de touriste qui regarde la souffrance des autres. Moment où on a décroché : le quatrième musée dédié à la guerre de Bosnie-Herzégovine, en deux jours. On a loué des vélos le jour 5 et on a juste suivi la Neretva à Jablanica. Aucun musée. Juste pédaler, entendre le fleuve qui coule. Les bons coins de bouffe et la nuit en terrasseLe restaurant Tводи (Tođi) tenu par une vieille dame, derrière la mosquée Koski Mehmed-Pasha, proposait un menu du jour à 6 KM : soupe de courge, Pljeskavica (hamburger bosniaque énorme), salade de tomates. Elle parlait français parce qu'elle avait travaillé à Lyon dans les années 1980. Elle nous a offert un verre de rakija après manger. Une nuit, on s'est retrouvés à la terrasse du Café Nacionalni vers minuit. Deux gars jouaient de la guitare et du violon, des chansons folk qu'on ne connaissait pas mais qui sonnaient comme des chansons de deuil. Quelques demis de bière (Sarajevsko, 2,50 KM le demi), ambiance lourde, on est resté une heure sans parler. Retour et sentiment mitigéOn a quitté Mostar avec le bus Centrotrans ligne M401 à 16h. 6 heures de trajet vers Split, avec un arrêt à la frontière croate où un douanier nous a demandé trois fois si on avait de l'argent en liquide. Personne ne vérifiait vraiment.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Stari Most au lever du soleil (6h45) sans touristes, avec l'eau verte de la Neretva qui s'éclaire doucement

2

Sadrvan restaurant, cour intérieure pavée, ćevapi à 4,50 KM et rakija qu'on refuse poliment

3

Plongeurs du Stari Most entre 10h et 12h, l'eau froide qui éclaboussée sur les rochers gris

4

Tunnel de Sarajevo (War Tunnel Museum) : l'histoire viscérale, 8 KM, guide qu'on ne comprend qu'à moitié

5

Počitelj village fortifié : banane plantain frite et minaret blanc qui surplombe les toits pastel

Album · 6 photos

Photos — Mostar

Mostar et la vallée de la Neretva : entre reconstruction et saveurs ottomanes
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Conclusion

Et au final.

Mostar m'a dérangée plus qu'elle ne m'a fascinée. Les plaies de guerre sont encore visibles : les murs criblés de balles, les bâtiments en ruine qu'on repaint sans les restaurer vraiment. Mais les gens là-bas ont une résilience étrange, tranquille. Le café Ottoman avec ses rituels, les plongeurs du pont, les deux musiciens la nuit : c'est petit, c'est réel, c'est suffisant. Je reprochais au tourisme de manger la souffrance ici, puis j'ai bu du rakija offert et j'ai dansé une dernière nuit. Contradiction assumée.

En résumé

Avis Mostar : carnet de voyage de 8 jours par sarahvoyages

Destination
Mostar →
Pays
Bosnie Herzegovine →
Durée
8 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@sarahvoyages →
L'essentiel

Mostar en bref

Pourquoi choisir Mostar

  • Patrimoine ottoman intact avec rituels millénaires : café traditionnel en cuivre, rakija maison, architecture préservée
  • Plongeurs du Stari Most : spectacle acrobatique gratuit 24 mètres au-dessus de la Neretva chaque jour
  • Vallée de la Neretva : villages fortifiés colorés et sources d'eau turquoise à explorer en voiture ou vélo
  • Prix imbattables : repas complets 6 KM, guesthouses 85 euros, café 40 centimes
  • Résilience humaine visible : témoignages de guerre réels, habitants francophones accueillants, nuits musicales spontanées

Pour qui ?

  • Couples en quête de patrimoine authentique et histoire complexe
  • Voyageurs budget cherchant Balkans sans commercialisation excessive
  • Photographes attirés par architecture ottomane et lumières dramatiques
  • Amateurs de gastronomie locale et rituels centenaires
  • Personnes intéressées par reconstruction post-conflit et résilience

À éviter si…

  • Vous cherchez une destination purement festive ou balnéaire sans dimension historique
  • Vous êtes allergique aux routes étroites, au transport chaotique et aux voitures anciennes
  • Les plaies de guerre visibles et la fatigue muséale vous mettent mal à l'aise
  • Vous avez besoin de confort standard : guesthouses basiques et restauration limitée
À découvrir aussi
SarajevoPočiteljBlagajJablanicaVallée de la NeretvaStari MostKujundžiluk StreetVieux bazar de MostarKoski Mehmed-PashaSplitWar Tunnel MuseumFrontière croate

Photos communautaires : Mostar

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Questions fréquentes

FAQ — Mostar

Combien de temps faut-il pour visiter Mostar ?

8 jours permettent d'explorer Mostar et la vallée de la Neretva sans précipitation. Le cœur historique (Stari Most, vieux bazar) se visite en 2-3 jours, puis les excursions à Počitelj, Blagaj et Jablanica complètent l'expérience. L'auteur recommande les vélos pour éviter la fatigue muséale.

Où loger dans la vieille ville de Mostar ?

La Muslibegovic House, maison ottomane transformée en guesthouse, offre un séjour authentique à 85 euros avec petit-déjeuner. Situé dans la vieille ville près de la Kujundžiluk Street, c'est idéal pour explorer à pied dès 7h avant l'arrivée des touristes.

Quel est le meilleur moment pour voir le Stari Most sans foule ?

Les premières lumières (6h45) offrent des photographies exceptionnelles avec le brouillard et l'eau verte de la Neretva. Les plongeurs commencent vers 10h et sautent de 24 mètres. Éviter les heures centrales entre 11h et 17h.

Combien coûte la vie à Mostar en 2024 ?

Un Bosnian coffee coûte 0,80 KM (40 centimes), un menu complet 6 KM, les ćevapi 4,50 KM, un demi de bière 2,50 KM. Les guesthouses démarrent à 85 euros. La location de voiture chez Europcar est disponible mais préparez-vous à l'état des véhicules.

Que faire dans la vallée de la Neretva au-delà de Mostar ?

Počitelj (20 km au sud) : village fortifié aux maisons pastel. Blagaj : source d'eau turquoise à 10°C. Jablanica : suivre le fleuve à vélo sans pression muséale. La route est étroite et demande de la vigilance.

Comment se rendre de Sarajevo à Mostar ?

Minibus privé (2h30, 40 KM par personne) ou bus Centrotrans. Pour quitter : ligne M401 vers Split prend 6 heures avec arrêt à la frontière croate. Vérification douanière cursoire.

Le tourisme de guerre à Mostar est-il éthique ?

Le War Tunnel Museum (8 KM) crée une tension morale : on découvre la résilience locale mais aussi la marchandisation de la souffrance. L'auteur recommande de doser les visites muséales et de passer du temps avec les habitants (cafés, restaurants).

Quels restaurants mémorables à recommander ?

Café Olymp (Kujundžiluk Street) : Bosnian coffee traditionnel. Sadrvan : cour intérieure discrète, ćevapi 4,50 KM. Tođi (derrière Koski Mehmed-Pasha) : tenue par une dame francophone ayant travaillé à Lyon, menu 6 KM, rakija offert.