Montevideo et Colonia del Sacramento : entre tango et nostalgie coloniale
CarnetUruguay202610 jours

Montevideo et Colonia del Sacramento : entre tango et nostalgie coloniale

Nous avons atterri à l'aéroport de Carrasco en fin d'après-midi. Le vol depuis Buenos Aires sur LATAM avait une heure de retard, ce qui nous a d'ailleurs causé un souci : le taxi que nous avions réservé avait disparu.…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport de Carrasco en fin d'après-midi. Le vol depuis Buenos Aires sur LATAM avait une heure de retard, ce qui nous a d'ailleurs causé un souci : le taxi que nous avions réservé avait disparu. Après une négociation mouvementée avec un chauffeur de remise, nous avons payé 35 euros au lieu des 20 euros prévus. Première leçon uruguayenne : toujours confirmer le tarif avant de monter. L'hôtel Fierro Buenos Aires (oui, le nom est trompeur, il est à Montevideo, dans le quartier Cordón) nous a accueillis vers 20h. La chambre sentait le café récemment préparé et la peinture fraîche. Après une douche rapide, nous avons cherché à manger. Le restaurant Café Soriano, à deux rues de là, fermait à 23h. Nous y avons dévoré un chivito (sandwich de steak avec œuf et bacon) pour 12 euros et un verre de Tannat local pour 4 euros. La viande fondait littéralement. Le propriétaire, Héctor, parlait français avec un accent roulé délicieux et nous a raconté quarante ans d'histoire du quartier en vingt minutes. Montevideo en trois joursLe lendemain, 6h du matin. Nous avons pris le bus 64 (arrêt Bvar Artigas) pour rejoindre la Rambla avant l'aube. Le trajet coûtait 3 pesos uruguayens (moins d'un euro). À 6h45, le soleil s'est levé sur le Río de la Plata, gris-bleu, avec une odeur d'iode et d'eau stagnante qui m'a rappelé Lorient. Des joggers passaient en silence. C'était l'un de ces moments où on comprend pourquoi les Uruguayens vivent aussi longtemps : cette simplicité du paysage, cette absence totale de cirque touristique. Nous avons marché jusqu'à la Playa Ramírez. L'eau était froide (15°C en juillet). Quelques baigneurs masochistes testaient leur résistance. Nous avons continué vers le port, où les pêcheurs vendaient du poisson frais à la criée. Un homme offrait des bocados de cherne (poisson blanc grillé) dans des feuilles de papier journal pour 5 euros le trio. Nous en avons pris. Le goût était légèrement salé, la chair presque croquante. Les trois jours suivants, nous avons fait le circuit classique : le Teatro Solís (visite guidée en espagnol à 11h, 8 euros), magnifique mais extrêmement froid à l'intérieur, l'odeur de bois ancien presque suffocante. Nous avons pris un café au bar Brasilero (Avenida 18 de Julio, n°1415), en opération depuis 1877 selon la pancarte. Un cortado pour 2 euros, bu dans un verre tellement épais qu'on doutait de la chaleur du café. Le musée nacional de Historia natural nous a frustrés : fermé le mardi (qui savait ?). Nous avons invece visité le musée del Carnaval. Les costumes étaient remarquables, les explications en espagnol seulement. Trois heures pour saisir ce qui pouvait être compris en vingt minutes. C'est là que j'ai ressenti une petite impatience : l'Uruguay ne crie pas ses merveilles. Il faut vraiment chercher. Colonia del Sacramento, le temps arrêtéLe vendredi matin, nous avons pris le bus 21 jusqu'à la gare routière de Tres Cruces. La Compañía General de Transporte offrait un service direct à Colonia (3 heures, 12 euros aller-retour). Le bus était neuf, climatisé à outrance. Nous avons traversé des terres agricoles grises sous un ciel blanc. Arrivés à Colonia, nous avons marché jusqu'à la Posada Plaza Mayor, petite auberge charmante (65 euros la nuit pour une chambre double). La rue principale, la Calle de los Suspiros, était exactement comme sur les photos : pavée de pierres bleues usées, des façades jaunes et blanches, quelques touristes brésiliens, mais aussi du silence vrai. Nous avons dîné au restaurant de la Pulpería de los Faroles (grillades uruguayennes, 18 euros le plat). Le serveur, Mario, nous a expliqué sans complaisance que Colonia était devenue un peu trop touristique pour les puristes. « Avant, c'était juste nous. Maintenant, c'est nous et les photos Instagram », a-t-il dit avec un haussement d'épaules. Dimanche matin, nous avons pris un guide privé (35 euros pour deux heures) pour le musée Portugais et le phare. L'escalier vers le haut du phare était étroit, vertigineux. Depuis le sommet, la vue embrassait le Río de la Plata jusqu'à Buenos Aires, invisible mais présente derrière l'horizon. Le vent était glacial, mordant la peau. Retour et réflexionsLe retour en bus a eu trois heures de retard (panne motrice, silence radioactive du conducteur). Nous avons attendu à la gare de Colonia, assis sur un banc public, mangeant un medialunas acheté à un kiosque local (1,5 euro, beurre coulant). C'était agaçant mais aussi très sud-américain : les horaires n'existaient que comme suggestion.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Lever du soleil sur la Rambla de Montevideo (bus 64, 6h45) — pas de touristes, juste des pêcheurs et le bruit des vagues

2

Chivito au Café Soriano (Cordón, Montevideo) — le sandwich national, 12 euros, propriétaire qui raconte l'histoire du quartier

3

Phare de Colonia del Sacramento — escaliers étroits, vue sur le Río de la Plata, 2 euros l'entrée

4

Musée du Carnaval de Montevideo — costumes impressionnants même si les explications sont en espagnol uniquement

5

Calle de los Suspiros à Colonia — pavés bleus usés, silence, zéro kitch malgré les touristes

Album · 8 photos

Photos — Montevideo et Colonia del Sacramento

Montevideo et Colonia del Sacramento : entre tango et nostalgie coloniale
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Conclusion

Et au final.

L'Uruguay m'a surprise par son absence de fanfare. Ce n'est pas un pays qui se vend, qui crie ses atouts. C'est une destination pour gens qui cherchent la paix plutôt que l'adrénaline. Les gens sont accueillants mais pas démonstratifs. Le seul regret : nous aurions dû rester un jour de plus pour explorer Punta del Este, et surtout, je me suis rendu compte que mes trois années d'espagnol scolaire laissaient à désirer en situations réelles.

En résumé

Avis Montevideo et Colonia del Sacramento : carnet de voyage de 10 jours par marcelv

Destination
Montevideo et Colonia del Sacramento →
Pays
Uruguay →
Durée
10 jours
Période
juillet · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcelv →
L'essentiel

Montevideo et Colonia del Sacramento en bref

Pourquoi choisir Montevideo et Colonia del Sacramento

  • Authenticité préservée, loin du cirque touristique de masse et commercialisé
  • Gastronomie excellente à prix raisonnables : viandes grillées, chivitos, vins Tannat locaux
  • Patrimoine colonial intact à Colonia del Sacramento avec architecture colorée et pavages historiques
  • Infrastructure de transports publics efficace et bon marché (moins d'1 euro le trajet)
  • Rambla côtière majestueuse pour flânerie, jogging, pêche et vie locale authentique

Pour qui ?

  • Couples cherchant calme et atmosphère nostalgique loin de foules
  • Voyageurs curieux d'histoire coloniale et architecture patrimoniale
  • Amateurs de gastronomie et vins de qualité à petit budget
  • Personnes en quête de paix plutôt que d'adrénaline et de cirque touristique
  • Voyageurs parlant espagnol ou souhaitant l'améliorer en contexte réel

À éviter si…

  • Vous recherchez un tourisme haute-gamme luxueux et démonstratif
  • Vous attendez une météo chaude (juillet offre 15°C, bises glaciales au phare)
  • Vous ne parlez pas espagnol et refusez l'immersion linguistique
  • Vous exigez des transports ponctuels (retards moteur courants, silence radioactif du personnel)
À découvrir aussi
Aéroport de CarrascoRío de la PlataRambla de MontevideoPlaya RamírezQuartier CordónTeatro SolísAvenida 18 de JulioGare routière Tres CrucesColonia del SacramentoCalle de los SuspirosPhare de ColoniaPunta del Este
Questions fréquentes

FAQ — Montevideo et Colonia del Sacramento

Combien coûte un voyage à Montevideo et Colonia del Sacramento ?

Selon ce carnet, compter 12 à 35 euros pour un repas, 3 pesos (moins d'1 euro) pour un trajet en bus urbain, 12 euros pour un transport longue distance, et 65 euros pour une nuit en auberge de charme. Les attractions comme le Teatro Solís coûtent 8 euros. Budget quotidien estimé : 50-80 euros pour voyageur sobre.

Quel est le meilleur moment pour visiter Colonia del Sacramento ?

Le récit date de juillet, où la température est environ 15°C. Colonia reste accessible mais devient progressivement touristique, notamment avec les visiteurs brésiliens et les photos Instagram. Les mois plus chauds (novembre à avril) offriront probablement une meilleure météo.

Comment se déplacer entre Montevideo et Colonia del Sacramento ?

Bus direct de 3 heures depuis la gare routière Tres Cruces vers Colonia (12 euros aller-retour avec Compañía General de Transporte). À Montevideo, bus urbains très bon marché (bus 64 pour la Rambla). Tarifs de taxi à négocier impérativement avant montée.

Que manger à Montevideo et Colonia ?

À Montevideo : chivito (sandwich steak-œuf-bacon, 12 euros), bocados de cherne (poisson blanc grillé, 5 euros les trois). À Colonia : grillades uruguayennes (18 euros le plat). Vin Tannat local recommandé (4 euros le verre). Medialunas frais à 1,5 euro.

Faut-il parler espagnol pour visiter l'Uruguay ?

Trois années d'espagnol scolaire se sont révélées insuffisantes selon l'auteur. Bien que certains propriétaires parlent français, l'espagnol reste la langue dominante, notamment dans les musées (explications en espagnol seulement au musée du Carnaval).

Quels musées et monuments visiter à Montevideo ?

Teatro Solís avec visite guidée (8 euros, très froid intérieurement), Museo del Carnaval (costumes remarquables), Museo Nacional de Historia Natural (vérifier horaires : fermé mardi). Café Brasilero en opération depuis 1877 pour l'expérience historique.

Est-ce qu'il y a du tourisme de masse en Uruguay ?

Non. L'Uruguay 'ne crie pas ses merveilles', selon le carnet. C'est une destination pour chercheurs de paix plutôt que d'adrénaline. Colonia devient 'un peu trop touristique pour les puristes' mais reste authentique comparé aux destinations mainstream.

Quel est le meilleur quartier pour séjourner à Montevideo ?

L'auteur a apprécié le quartier Cordón, où se trouvait l'hôtel Fierro. Proche de la Rambla (côtière), restaurants à proximité, ambiance locale préservée. À deux rues du Café Soriano.