Comment ça s'est passé.
En tant que vazaha, Tana ne peut pas nous laisser indifférents.Chacun a donc son histoire propre avec cette ville qui peut rebuter sur un séjour, surtout s'il sagit du premier et probablement l'unique séjour à Mada. J'ai été parachuté dans cette capitale...La vie a fait le reste alors si vous devez aller à Tana pour la première fois ou bien si vous connaissez déjà, vous rigolerez peut être ou bien même reconnaitrez certaines personnes citées içi. Ce sont juste mes impressions dans cette ville qui, finalement est l'endroit que je connais le plus à Madagascar à travers mes différents séjours. Je ne serai pas le super routard qui vous dira tout ce qu'il faut savoir, ni les meilleurs plans hôtels !!! Quelques balades hors des guides ou bien revisitées. J'ai eu la chance d'habiter dans 6 quartiers différents dans Tana soit chez l'ami musicien du début ou bien dans la famille de mon épouse par la suite...Il m'a fallu plusieurs voyages pour cerner l'organisation géographique de cette ville. Cernées de montagnes, possédant de nombreuses collines, la topographie convenait très bien à un gars des montagnes mais moi je viens de la mer, un côtier comme on dirait en Imerina (lol) !!! Mais du coup, à force de se perdre volontairement, en utilisant les Taxy be (mini bus collectifs - pareil que le taxy borosy mais en ville) de Tana en journée . Mes "découvertes" quotidiennes ainsi que ma belle famille typiquement tanarivienne m'ont bien aidée à être à l'aise dans cette ville. Je me suis retrouvé la première fois à Faravohitra, quartier favorisé du musicien qui nous faisait venir de France pour sa "tournée" vita Gasy !Juste à droite de l'escalier des sportifs, dans la rue qui mène à la Jirama ( jiro sy rano malagasy - Electricité & eau malgache ), au lycée Andohalo et au Rova.Une belle maison en brique rouge très équippée pour une maison gasy, nous étions chez des "riches" sans savoir ou nous mettions les pieds... La première chose que j'ai fait, c'est descendre au marché d'en bas pour acheter des K7, (à l'époque en 2000), je découvrais Lego, Sareraka & bien sûr Jaojoby ! Ce quartier est idéal pour se perdre jusqu'en haut, gouter aux petits beignets pimentés de "Lifo" le vendeur métis-chinois qui vend ses beignets aux abords du lycée, il ne se déplace pas, n'a pas d'échoppe. Les rues respirent le vieux Tana, remodelées par l'architecture coloniale avec le "trust" de la brique rouge au profit du bois. Le soir, monter jusqu'à la pierre qui chante... Je me souviens d'un 26 juin 2000 au soir - date symbolique car il sagit de la fête Nationale ainsi que les 40 ans de la proclamation de l'Indépendance -où tous les gens et leurs enfants montaient avec leurs lampions en criant le mot que je ne sais pas écrire mais qui faisait "Arendrinao ! Mon premier coiffeur aussi à Faravohitra. Entre le marché d'en bas et donc la grande rue qui monte, se trouve tout un quartier avec des rues dessinnées de façon incroyable; le terrain est vraiment pentu et les marches très abruptes, offrant des perspectives terribles ( pas de photos car à l'époque et jusqu'en 2006, je n'avais pas de numérique toujours pas de scanner !). Si vous êtes nouveau à Mada et que vous ne fuyez pas Tana, perdez-vous sans crainte à Faravohitra,et en plus ça vous fera les jambes ! Mahamasina est un quartier intéressant car toute la population de Tana s'y croise tout au long de la journée. Son marché du jeudi y regorge de produits frais saisonniers. Il faut absolument acheter là bas si vous ne connaissez pas.J' y ai trouvé des girolles, fromages(pour les nostalgiques), fraises, grenouilles, miels, légumes et fruits saisonniers entres autres ,ainsi que tout ce que vous trouver en Imerina comme qualités et diversités de produits. sinon, tous les jours avec la rue de l'hôpital de Befelatanana , un marché quotidien plus axé sur le vestimentaire y est assuré mais la campagne environnante et ses produits alimentaires ne se déplace principalement que le jeudi. A Mahamasina, cela commence à 05h00 avec les halles couvertes des "hotely gasy", on y mange du riz avec des saucisses, des boulettes de vaindes pour le salé ou bien les fameux mofo gasy - petit pain de riz sucré cuit à l'aide d'un moule bien spécifique) ainsi que ramanonaka (version salée - excellente chaude!) en buvant du kafe ou dité (du thé). Ensuite commence le bal des taxy be et des commerçants qui ouvrent leurs boutiques. C'est parti pour toute la journée, l'enorme rond-point tourne inlassablement jusqu'au soir vers 19h30.Zone d'embouteillages épiques lors des concerts du samedi soir!!!Descendre de la cathédrale à Mahamasina par l'escalier demeure une des meilleures vues panoramique de Tana - centre et la descente est très sympa à faire, peuplée de sportifs qui se font les jambes et de scolaires allant au lycée d'Andohalo. On arrive directement en bas. A Mahamasina, on y trouve (pour moi) les meilleurs mofo gasy de Tana : une rue perpendiculaire à la rue de Befelatanana allant sur le restaurant 'Ny maraina" (le matin). Une petite échoppe bleu ou sert une dame aux joues rougies par la chaleur du charbon chauffant les moules. Le kafé y est aussi excellent, on y consomme debout, autour de son stand permanent. N'hésitez surtout pas, c'est un adresse typique gasy reconnue de ceux qui aiment les mofo gasy ! J'ai déjà assister à un match de l'équipe nationale de foot gasy contre la Zambie en éliminatoire de la CAN 2004 (coupe d'Afrique des nations), l'ambiance y fut folle comme vous pouvez l'imaginer, Mada a perdu et le match a été suspendu...Le sacrifice du zébu (une forme de zoro) la veille n'y a rien fait, malgré la polémique envenimée par les médias. En fin d'après midi, ça cassait les bouteilles dans les rues malgré les consignations - les gars étaient énervés! C'est un quartier tellement fréquenté qu'il est très tranquille le jour, n'ayez crainte.Idéal pour se faire la main pour marchander (miady varotra - litt : combat vendre) sans être harcelés et pour se rendre compte des prix de tous les jours. La nuit, on change de musique avec les stands de masikita et de poulet, sambos et l'épicerie qui vend encore de l'alcool; les voitures s'arrètent pour profiter du moment - entre 2 contrôles de polices, la vie continue - les gars, les filles de la nuit, etc... à suivre...
Et au final.
Tana, une capitale à (re)découvrir.