Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport King Mswati III un mercredi matin après une correspondance à Johannesburg. Le taxi collectif pour Mbabane coûtait 150 rand, environ 9 euros. Trois heures de route cahoteuse, assis à six dans un minibus blanc Toyota Hiace où la clim ne marchait qu'à moitié. La chaleur était étouffante, collante, même à 800 mètres d'altitude. J'ai senti l'odeur de diesel mélangée aux fritures que vendait une femme à un arrêt — des mandasi, des beignets sucrés qu'on m'a proposés pour 5 lilangeni (0,25 euro). À Mbabane, je me suis logée à l'Imbali Lodge, une petite guesthouse sur la route de Manzini. Chambre propre mais basique : 400 lilangeni la nuit (22 euros). Le propriétaire, Sipho, m'a averti tout de suite : « Le centre-ville, c'est bien pendant le jour. Après 18 h, reste près du lodge. » C'était honnête, même si ça m'a un peu refroidie pour les premiers jours. Le marché de Mbabane : bousculades et arnaques Jeudi matin, j'ai exploré le marché central près de la gare routière Mbabane Bus Terminal. Chaos complet. Étalages de fruits (mangues à 3 lilangeni pièce), de vêtements entassés, des odeurs de poisson séché qui prenait à la gorge. Un vendeur m'a proposé des « bracelets traditionnels » en me jurant qu'ils venaient des Dlamini royaux. J'ai découvert plus tard que c'était du toc chinois acheté pour rien aux vendeurs de Johannesburg. Arnaque mineure mais gênante. J'ai appris à négocier fort après ça — à Swaziland, c'est attendu et même apprécié. J'ai mangé des umbeleko, des courges farcies, vendu par une femme du marché pour 25 lilangeni. C'était bon, légèrement épicé, avec une texture farineuse. Elle m'a servi dans une assiette en plastique. Le goût était terreux, authentique, la vraie nourriture locale sans prétention. Vallée d'Ezulwini : réserves et silence J'ai loué une voiture une journée (450 lilangeni auprès de Budget Mbabane) pour descendre dans la vallée d'Ezulwini, à 30 km au sud. Paysages différents : collines douces, réserves naturelles. J'ai visité Mlilwane Wildlife Sanctuary. Entrée 80 lilangeni (4,40 euros). J'y suis allée à 6 h du matin pour éviter la chaleur de midi. Le silence était dingue — juste les cris des oiseaux, les grillons. J'ai croisé des zèbres, des gnou, des antilopes nyala à 50 mètres. Aucun bruit de moteur, aucun touri en nombre. C'était reposant après Mbabane, mais aussi un peu trop calme — j'avais prévu de faire un safari à cheval et c'était complet. À Ezulwini, j'ai passé la nuit au Mantenga Lodge, un peu trop cher (600 lilangeni), mais la vue sur la vallée le justifiait. Dîner au restaurant : un steak de kudu avec pap (maïs réduit en pâte), 180 lilangeni. Le kudu était tendre, goûteux, presque sucré. La serveuse m'a expliqué que c'était du gibier local. Galères et réalités Le retard pour rentrer à Mbabane : le bus était censé arriver à 14 h. Il s'est pointé à 15 h 45. Pas d'excuse, c'est juste comme ça. La route cabossée, un pneu crevé près de Manzini, tout le monde descend, on attend 40 minutes. C'est usant mais c'est la vie ici. J'ai aussi tenté de visiter le marché d'arts et métiers à Mbabane vendredi après-midi. Beaucoup de tat — objets en perles de mauvaise qualité, des statuettes en bois destinées aux touristes. Peu de choses intéressantes. Les prix étaient gonflés de 300 % pour les Occidentaux. Détails vécus qui restent Le son des mbaqanga, la musique locale qu'on entendait partout — dans les bus, les petits bars, les épiceries. Dansant, répétitif. Les gens me saluaient en anglais ou en siSwati. L'accueil était chaleureux, même si la pauvreté était visible partout : maisons en tôle ondulée, enfants sans chaussures. Dimanche, j'ai pris le bus Greyhound pour Johannesburg (240 lilangeni, 13 euros, départ 10 h de Mbabane Bus Terminal). Sept heures de trajet, mais climatisé et à l'heure. J'ai fermé les yeux en quittant Mbabane.
Les bons plans repérés sur place.
Mlilwane Wildlife Sanctuary (entrée 80 lilangeni) : safari à pied très tôt le matin, animaux proches, paysage vallonné tranquille
Marché central de Mbabane : fruits frais, mangues à 3 lilangeni, à négocier fermement
Mantenga Lodge : chambre avec vue sur la vallée d'Ezulwini et restaurant avec kudu local au steak
Umbeleko (courges farcies du marché) : plat local honnête et savoureux pour moins de 30 lilangeni
Route Mbabane-Ezulwini : paysages de collines tranquilles, arrêts chez les vendeurs de fruits frais au bord de la route
Et au final.
Le Swaziland m'a offert une pause loin des circuits classiques — moins de bruit qu'on n'imagine, des réserves naturelles paisibles, de la nourriture honnête. Mais Mbabane reste une petite capitale sans charme particulier, avec des galères logistiques (bus, routes) qui ralentissent et fatiguent. Pas un pays qu'on visite pour les monuments ou le tourisme de masse, plutôt pour le déconnexion et la curiosité. Je reviendrais, mais pour Ezulwini et les réserves surtout, pas pour la capitale.







