Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international du roi Mswati III vers 14 h 30, après une correspondance éprouvante via Johannesburg avec South African Airways. La chaleur nous a frappés dès la sortie de l'avion : 28 °C mais une humidité qui colle les vêtements. Notre chauffeur de minibus, Thabo, nous a récupérés avec un sourire fatigué et nous a conduits vers Mbabane en 45 minutes sur une route sinueuse où les camions de fruits côtoient les minibus colorés surgelés de passagers. Nous avons logé à la guesthouse Mhlumeni House, perchée dans le quartier de Manzini, non loin de la capitale. La proprio, une Britannique installée depuis 15 ans, nous a accueillis dans son jardin empli de jacarandas. Les chambres étaient rustiques mais propres, avec ventilateurs qui ronronnaient sans conviction pendant nos nuits. Prix : environ 35 euros la nuit avec petit-déj. Le marché de Mbabane et ses premières déceptionsDès le lendemain, levés à 6 h 15, nous avons pris un minibus local (numéro non officiel, mais le chauffeur s'appelait Marcus) pour rejoindre le Mbabane Central Market. C'était un chaos organisé : vendeurs de fruits qui crient en siswati, odeur épaisse de poisson séché mélangée aux épices, poussière rouge qui se loge partout. Nous avons acheté des mangues à 2 lilangeni pièce (0,10 euro) et des arachides grillées chez une femme appelée Noma. Honnêtement, on s'est fait arnaquer sur les prix une première fois. Un touriste blanc, ça se repère. Un vendeur de souvenirs nous a vendu deux masques bois à 200 lilangeni (10 euros) alors qu'un autre taguait 80 lilangeni le même article. Moment un peu amer, mais classique. Nous avons déjeuné au restaurant The Upstairs (adresse : Swazi Street, juste avant la gare routière de Mbabane). Nyama (viande grillée) avec sadza et relish (sauce aux légumes). Assiette complète pour environ 45 lilangeni (2,30 euros). Le serveur versait l'eau chaude sans glaçons, ce qui nous a étonnés, mais c'est apparemment courant ici. La viande sentait le charbon de bois et les herbes locales, un goût acidulé qu'on aurait pas prévu. Vallée d'Ézulwini et réserves animalièresLe jour 3, nous avons loué une voiture auprès de Budget Car Rental à Mbabane (dépôt à Swazi Plaza) : une Toyota Yaris pour 420 lilangeni par jour (21 euros). Nous avons roulé vers la vallée d'Ézulwini, à 45 km au sud, une région verdoyante avec des collines en pente douce. Nous avons dormi à l'hôtel Mantenga Lodge, établissement colonial avec piscine qui n'était pas chauffée. Nuit à 55 euros. Jour 4 : visite de la réserve de Mlilwane Wildlife Sanctuary. Un garde nous a pris dès 7 h 30 du matin pour un safari à pied. Nous avons croisé des zèbres (à distance), des impalas partout, et une girafe isolée sous un acacia. La température montait : 31 °C à 10 h 30. Pas de lions ici, mais l'atmosphère était celle d'une nature surveillée, pas vraiment sauvage. Le guide, Sipho, parlait peu mais connaissait chaque plante. Tarif : 200 lilangeni par personne (10 euros). Nous avons pris un repas rapide dans un café de Mbabane appelé Café Evita (Swazi Street) : sandwiches au fromage et tomate, café qui n'était pas frais mais chaud. Environ 60 lilangeni (3 euros). Culture, galères et jours plus tranquillesLe jour 6, nous avons visité le musée Swazi National Museum à Mbabane. Entrée 40 lilangeni. Les expositions racontaient l'histoire du royaume sous le roi Mswati III, mais beaucoup de panneaux n'étaient pas à jour. Nous avons appris l'importance de la fête de l'Incwala (danse traditionnelle du roi) mais avions raté la date de l'année. Galère majeure, jour 7 : notre retour en minibus vers Mbabane depuis Ézulwini a pris 2 h 15 au lieu de 45 minutes. Panne moteur. Tous les passagers ont dû attendre sous le soleil. Un vendeur de boissons gazeuses est passé (Coca à 8 lilangeni) et nous a sauvés de la déshydratation. C'est un moment où on s'est sentis vraiment touristes fragiles. Les deux derniers jours ont été plus posés. Repos à Mhlumeni House, balades dans les petits villages autour, rencontres avec des habitants moins pressés. Nous avons dîné au restaurant Che Guevara (Mbabane, quartier du Ministère) : ragoût de poulet épicé, texture bien cuite mais goût plutôt doux. Environ 55 lilangeni (2,80 euros). Ambiance un peu vide, clientèle locale discrète.
Les bons plans repérés sur place.
Mbabane Central Market : se lever tôt (avant 7 h 30) pour éviter la cohue, négocier les prix des masques bois (budget 80-100 lilangeni pour un authentique)
Réserve de Mlilwane Wildlife Sanctuary : safari à pied le matin avec guide Sipho, apporter chapeau et eau en quantité
Restaurant The Upstairs (Swazi Street) : nyama et sadza pour goûter la cuisine locale, commander la relish aux courges
Café Evita : pause café entre deux sites, essayer les sandwiches aux fruits locaux
Vallée d'Ézulwini : route sinueuse depuis Mbabane, paysages vallonnés, hôtels coloniaux offrant des vues sur les collines
Photos — Mbabane (capitale)
Et au final.
Le Swaziland (ou Eswatini selon le nom officiel depuis 2018) nous a offert une expérience mélangée. Les paysages sont réels mais pas spectaculaires, les rencontres avec les habitants enrichissantes quand on accepte les petites arnaquettes touristiques. Ce qui nous a marqués, c'est moins la « beauté » que la simplicité et l'authenticité des gens. En revanche, les infrastructures touristiques restent basiques, et pour les voyageurs habitués au confort, ce peut être frustrant.
