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Majunga - Jangila

Majunga ou Jangila (argot de Tana). Partagé entre 2 mots : bonheur & délestage. Comme d’autres villes gasy, Jungilla subit les affres du délestage électrique : tous les jours sauf le samedi (week end ou les…

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Greg be revy
Publié en 2020
1000 jours5/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Majunga ou Jangila (argot de Tana). Partagé entre 2 mots : bonheur & délestage. Comme d’autres villes gasy, Jungilla subit les affres du délestage électrique : tous les jours sauf le samedi (week end ou les tananariviens affluent même durant la période de soudure- Janvier à mars). Généralement l’après-midi, cela peut commencer dès la matinée jusqu’à 17h00, voir quelques fois la nuit. Très pratique pour organiser une activité commerciale ou industrielle, le délestage orchestré par la Jirama (Jiro sy Rano Malagay – électricité & eau malgache – gérée depuis peu par un français) met tout en œuvre pour tuer le buziness ! Imaginez : le 2ème port du pays (ouverture de la pêche aux environs du 1er mars ) privé de jus 1/3 de la journée…Ca laisse rêveur les observateurs ! Içi, nul ne sait pourquoi depuis 3 ans déjà, le délestage asphyxie Jangila. La dette de la municipalité est trop importante et la ville n’est plus assez riche pour honorer les créances à la société Jirama. Est-ce la bonne solution ? Je n’en suis pas sûr… Il y a aussi le terme « bonheur » que l’on entend sur toutes les lèvres au « bord », c’est à dire sur le front de mer, véritable remblai ou les gens se retrouvent ou se découvrent afin de profiter de cette brise crépusculaire tellement agréable. Ce vent qui apaise tout le monde, le mirevy (faire la fête) peut commencer doucement. Les masikita (brochettes) sont à 750 Fmg (6 cents d'€) mais valent le détour ; à noter aussi les crêpes salées ou sucrées, fourrées à la coco. Quand au Monaco près de l’hôtel de ville en remontant à peine 100 mètres sur la gauche au carrefour…Endroit typiquement gasy. Les tsaky-pi (amuses- gueules dirions-nous en France) sont terribles. Notamment la vendeuse « Mama be » et son neveu « Le Patsa » très célèbre à Jangila. Vous pourrez y manger des abats bovins à tomber par terre pour quelques cents – mention spéciale pour les tripes émincées et grillées ! Certes ; il n’y a pas que des moustiques (moka) qui tournent autour des tables mais les vazahas (blancs) sont très minoritaires. Les « sipa no mitady kila » (filles cherchant des clients) sont déjà très occupées avec leurs compatriotes ; ça rassure un peu de voir ça. Avec en prime, les clips gasy à la mode et tout ça en plein air ! Je dis OUI au Monaco pour un appéro dinatoire. La bière à 2 000 Ary (70 cents d'€), c’est une ambiance un peu « tena bordel be ! » dirait les gasy, en France, nous dirions trop populaire !!!Pour les amateurs, je vous conseille vivement "La marine" sur le port, en face le Ravinala : ambiance tranquille , la bière a 1 600 Ary et la possibilité de boire une petite "consom"à 400 Ary un des rares possibilité à Majunga la nuit. Les week end, allez voir Herman's group au dessus, au "Roxette" ou bien, au "Little Green". Ce matin-là , j’allais acheter mes « voandalana » (fruits de la route) pour mon retour sur Tana lorsque l’on me proposa d’aller visiter un tromba (médium) du côté de Tsararano- quartier non goudronné s'enfonçant dans le Majunga sans fioriture. José est un « sarim-bavy » (photo fille) soit un homo ; à Mada pas facile pour la communauté gay soit dit en passant…quoiqu'içi, la communauté gay est présente et sans complexe. Une fois son costume passé, il « mute » en Ralahy maditra (l’aîné indiscipliné). Quelques bougies à côté du portrait du grand-père, une fumée odorante due à une racine très agréable, fumer des cigarettes afin de faire venir la bonne parole et tirer un jeu de 32, 2 par 2. Ralahy maditra prodigue ses conseils et laisse José redevenir lui-même. Le tromba n’a pas duré longtemps. En 2000, lors de mon premier voyage à Jangila, j’ai eu la chance d’assister à une soirée du célèbre « Fitampoha » - le bains des reliques royales Sakalava. Au moins 5000 personnes venu de tout le Boina (les Sakalava se « divisent en deux régions : le Boina vers Jungilla et le Mena Be vers Morondava). Kabosy, accordéon (angordao), chants et claps durant 3 jours non stop avec partout d’innombrables séances de tromba à proximité de la maison sacrée (trano masina). On y trouve tout ce dont on a besoin : nourriture, boissons, etc…Renseignez-vous, cela vaut vraiment le coup, en Juillet tous les 2 ou 4ans. Pour les images, c’est possible mais prenez le temps d’observer ce qui se passe avant... de nombreux fady (tabou-interdit) sont à observer ; parlez gasy ou bien faites-vous accompagner. Je vous conseille l'hôtel "Chez Tranquilllle" à 2 pas du baobab sur le remblai. Lala est toute sympa et l'équipe de chez tranquille est vraiment tranquille. Mlay be Jangila !

Conclusion

Et au final.

Majunga est une ville pour souffler, se reposer et paradoxalement faire la fête !