Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international de Lagos Murtala Muhammed à 14 h 30. Le taxi officiel coûte 5000 nairas (environ 10 euros), mais le chauffeur m'explique qu'à cause de la circulation, il faudra compter 2 h 30 minimum pour rejoindre Victoria Island où j'ai réservé une chambre à l'Ikeja Hotel. La climatisation dans le taxi fonctionne à peine. La chaleur humide vous rentre dedans – 32 °C à l'ombre, mais elle paraît bien plus élevée. Les trois premiers jours, j'ai exploré le marché de Lekki en compagnie d'un guide local. L'odeur des poissons séchés mélangée à celle de l'essence vous colle à la peau. J'ai acheté du jollof rice chez une vendeuse ambulante (500 nairas, délicieux), goûté au moi-moi – une pâte de haricots cuite à la vapeur – et avalé une bière Gulder glacée sur un banc en plastique. Le moment marquant : une femme s'est moquée de ma façon de mâcher les cacahuètes grillées. Tout le monde a ri. C'était pas méchant, juste une franche communion. Jeudi, j'ai pris le bus de la BRT (Bus Rapid Transit) ligne jaune entre Lekki et Surulere. Le trajet coûte 100 nairas. Le bus était blindé, les gens debout s'accrochaient à des cordes. À un carrefour, un enfant a frappé à la vitre en tendant la main. Le bus s'est arrêté 20 secondes au feu rouge. Ça m'a dérangé longtemps après. Le Lekki Conservation Centre est accessible depuis la route principale. On paie 3500 nairas pour entrer. C'est un petit parc avec des sentiers dans la végétation, où circulent des touristes et des groupes scolaires. Les pythons et les crocodiles sont derrière des grillages. Pas dingue, mais reposant après le chaos urbain. Repas au restaurant The Ibis à Victoria Island : poisson grillé accompagné de riz et de sauce tomate. Compter 4500 nairas. Bon, sans être extraordinaire. Le serveur nous a proposé d'ajouter de la piment (une sauce au piment très épicée) trois fois. Au troisième refus, il a soupiré visiblement. Une petite galère : ma réservation a été perdue par l'hôtel. J'ai dû clarifier pendant 45 minutes à la réception que j'avais payé ma nuit en ligne. Pas d'excuse, juste un grand sourire et l'accès à la chambre. Samedi matin, levé à 5 h 30 pour voir la Laguna de Lagos au lever du soleil depuis la jetée de Baiyeku. Le ciel était orange pâle. L'eau puait – littéralement polluée, des plastiques qui flottaient. Des pêcheurs en pirogue jetaient leurs filets. Ils m'ont laissé prendre des photos moyennant 1000 nairas. Un moment cru, sans beauté facile. Dimanche à Shomolu : visite du musée Àgbá Akéré, installé dans une maison coloniale restaurée. Entrée 2000 nairas. Les pièces sont exiguës, les explications en anglais peu détaillées. Mais on y voit des statues yoruba anciennes, des masques, des outils de poterie. Le gardien parlait avec passion de l'histoire des peuples Yoruba, même si je comprenais à peine 60 % de son anglais. La nourriture de rue a été ma meilleure trouvaille. J'ai mangé des brochettes de viande marinée vendues par un homme près de Admiralty Road : 2000 nairas pour trois brochettes, avec un bol de sauce d'arachide maison. C'était juteux, bien épicé, servi sur une assiette en plastique. Il y avait une file d'attente. Pas de touristes, que des locaux. Globalement, Lagos ne sort pas de mon téléphone comme « Wow » sur les photos. C'est bruyant, congestionné, souvent décevant d'un point de vue logistique. Mais authentique dans le sens : vous voyez la vraie vie fonctionner sous vos yeux, les gens qui bossent, mangent, negocient, rigolent sans se soucier de vous.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Lekki Market – senteur de poisson séché, vendeurs de jollof rice à 500 nairas, à éviter le jeudi après-midi (trop de touristes)
Ligne jaune BRT entre Lekki et Surulere – 100 nairas, expérience de transport locale brute, durée selon bouchons : 30 à 90 min
Brochettes de viande à Admiralty Road – 2000 nairas pour 3, acheter après 18 h quand le grill est encore chaud
Lekki Conservation Centre – 3500 nairas, moins de 2 h sur place, utile pour respirer loin de la circulation
Baiyeku jetty au lever du soleil (5 h 30) – gratuit, eau polluée mais vraie vie de pêcheurs, apporter 1000 nairas pour photo
Et au final.
Lagos m'a donné une leçon d'humilité touristique. C'est pas un endroit pour Instagram, c'est un endroit où les choses traînent, où les plans changent, où vous comprenez que le confort n'est pas garanti. J'aurais aimé avoir plus de temps pour sortir du centre-ville, explorer Badagry plus au nord. La pollution urbaine et les petits tracas administratifs m'ont frustré.







