Comment ça s'est passé.
Arrivée en sueur et déjà perduOn atterrit à 14 h 30 à l'aéroport Murtala Muhammed International (Terminal 2), la climatisation du terminal est cassée. Immédiatement, l'air chaud et humide nous écrase. La température doit frôler 32°C avec 85 % d'humidité. J'ai commandé un taxi via Uber — grosse erreur. Le chauffeur s'est trompé deux fois de route, puis m'a fait payer 8 500 NGN (environ 16 euros) au lieu des 5 500 NGN affichés, prétextant des péages. Première leçon : utiliser Bolt plutôt qu'Uber à Lagos. Notre hôtel, le Didi Roof Garden à Ikoyi, avait un petit balcon. Vue sur l'île, mais surtout vue sur les embouteillages incessants. Dès le matin, le bruit des klaxons commence dès 5 h 30. Pas moyen de dormir au-delà de 6 h. La chambre coûtait 45 000 NGN par nuit (environ 85 euros). Acceptable pour le quartier. Lekki Waterfront et la première vraie baladeLe deuxième jour, on force à se lever tôt pour éviter la circulation. À 7 h, les rues sont déjà engorgées. On prend un Bolt jusqu'à Lekki Waterfront — 2 000 NGN, 40 minutes en voiture (6 km, mais les routes...). L'odeur d'essence et de diesel remonte des tuyaux d'échappement quand on ouvre les vitres. On respire par la bouche, c'est moins pire. Lekki Waterfront est une promenade aménagée en front de mer. Les gens flânent le matin, il y a des vendeurs ambulants. On achète des jus de fruits frais au stand de Mama Ayo (jus de goyave à 500 NGN, soit 1 euro). C'est sucré, froid, et c'est bon après trois jours sans fruits frais. Petite promenade de 45 minutes, puis retour à 10 h parce que la chaleur commence à taper. Le Lekki Market : chaos contrôléMercredi, visite du Lekki Market. Pas le marché touristique, le vrai marché. On rentre entre les étals de tisus, d'épices, de fruits secs. L'odeur mélange le curry, la cannelle, la moisi et les fruits. C'est un peu écrasant. On s'est fait accoster trois fois en 15 minutes par des vendeurs. L'un a insisté pour nous vendre des bagues en or, affirmant que c'était du vrai or 24 carats à 3 000 NGN. On a refusé, bien sûr. Au restaurant du marché, on a mangé du jollof rice avec du poulet grillé — 1 200 NGN (2,30 euros). Bon marché, pas vraiment savoureux. Le riz avait un goût très sucré, presque trop. National Museum et retrouvailles avec l'histoireJeudi matin, on va au National Museum of Lagos (entrée 500 NGN). Le musée est petit, humide, les vitrines ne sont pas toutes bien éclairées. Mais il y a des masques Yoruba impressionnants, datés du XVIe siècle. On passe deux heures là-dedans, pas de climatisation, donc on transpire sec. Un moment : on regarde une vidéo d'archives des années 1950 sur Lagos colonial. Les gens en costume blanc, les buildings en béton blanc. Ça fait bizarre de voir comment la ville a basculé en 70 ans. Île de Lekki et la pêcheSamedi matin, excursion sur l'île de Lekki avec un pêcheur nommé Tunde qu'on a trouvé par l'hôtel. 35 000 NGN pour la demi-journée (65 euros). On part à 6 h 30 en bateau à moteur rapide. L'odeur de diesel remonte de partout. Après 20 minutes, le bruit du moteur s'arrête : une panne. Tunde passe 40 minutes à essayer de redémarrer. Il jure en yoruba (ça, on l'a compris rien qu'aux intonations). Finalement, ça remarche. On arrive à Lekki Island vers 8 h 30 — des cabanes en bois, des filets à sécher. Tunde nous montre comment on pêche les crevettes. C'est répétitif et un peu ennuyant, honnêtement. Pas de vraie action, juste des femmes qui trient des filets. On revient à 11 h 30. Déjeuner au restaurant beachfront de Tunde (en retrait du ponton). Poisson grillé frais du jour (1 500 NGN), aloco (banane plantain frite), sauce tomate. Le poisson avait le goût du sel et de la fumée — vraiment bon. On s'assoit à même la plage, les pieds dans le sable, une bière froide à la main (Heineken, 800 NGN). C'est là qu'on se sent un peu détendus pour la première fois. Derniers jours : Badagry et regretsOn essaie de faire une journée à Badagry, la ville côtière historique (1 h à l'ouest). On réserve un minibus avec chauffeur par notre hôtel — 12 000 NGN pour quatre personnes. La route est chaotique, beaucoup de nids-de-poule. Badagry tombe un peu à l'abandon. Le mur de Badagry (monument historique du commerce d'esclaves) existe mais n'est pas vraiment mis en valeur. Quelques maisons coloniales dégradées, un musée fermé le jour de notre visite (lundi, c'est fermé sans prévenir). On mange des brochettes de viande au bord de la route — pas terrible, la viande était trop sèche. On rentre déçus. On aurait dû rester à Lagos et explorer les zones artistes du mainland (Yaba, Surulere). On a raté la vraie vie créative de Lagos. Dernier soir à Shisha Room (Bar Beach)Notre dernière soirée, on va prendre un verre à The Shisha Place à Bar Beach. Ambiance chill, des gens qui fument la chicha, musique Afrobeats en fond. On prend des cocktails maison (« Lagos Sunset », 2 500 NGN chacun). Ils sont corrects, pas plus. On croise deux Nigérians qui nous parlent de la politique, de l'inflation (le naira s'est effondré récemment). La conversation dure deux heures. C'est là qu'on prend conscience qu'on n'a qu'effleuré Lagos. La ville demande du temps pour vraiment être saisi.
Les bons plans repérés sur place.
Lekki Market, tôt le matin avant 8 h — les vendeurs sont moins agressifs et l'odeur des épices fraîches domine
Jollof rice du restaurant du marché Lekki, même si c'est très sucré (1 200 NGN)
Île de Lekki en bateau avec un pêcheur local — réserver par l'hôtel, pas en ligne
National Museum of Lagos pour les masques Yoruba du XVIe siècle, climatisation absente mais ça vaut le coup
Poisson grillé en bord de plage à Lekki Island, accompagné d'une bière froide au coucher du soleil
Photos — Lagos
Et au final.
Lagos, c'est chaotique, bruyant et souvent frustrant (la chaleur, la circulation, les arnaqueurs). Mais il y a quelque chose qui accroche : l'énergie, l'hospitalité des gens qu'on croise vraiment, et quelques moments de beauté brute (le bateau qui panne, le poisson frais à la plage). Je reviendrais, mais plus longtemps, et surtout moins en touriste pressé.








