Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport E.T. Joshua vers 14 h 30, accueillis par une chaleur moite et l'odeur caractéristique du rhum qui flotte autour du duty-free. Les formalités ont traîné – le douanier parlait lentement, vérifiait chaque page de notre passeport – mais c'était plutôt bon signe, moins tourné vers les arnaqueurs. Kingstown nous a frappés d'abord par son bruit. Les bus minibus colorés (numérotés de façon aléatoire, sans vraie ligne claire) klaxonnaient à chaque coin de rue. On a pris le minibus n° 7 de la gare routière de Lower Bay Street vers notre guesthouse Cobblestone Apartments – 3 dollars canadiens par personne. Le trajet a duré 20 minutes, avec des arrêts inopinés pour laisser descendre des gens au milieu de nulle part. Kingstown : le centre, bruyant mais vivantLa Cathédrale Sainte-Marie, avec ses murs jaune pâle un peu élimés, dominait le quartier. On y est entrés vers 16 h. Le silence y était presque oppressant après le vacarme dehors. Les bancs en bois avaient ce parfum de cire ancienne, mélangé à l'encens. Une femme âgée priait seule, immobile, et ça m'a fait quelque chose. On n'a rien dit pendant dix minutes. Le marché Kingstown Market s'étend sur trois petites rues – nous y sommes allés le vendredi matin. Des monceaux de maracujas jaunes, des régimes de plantains verts empilés à la va-vite. On a acheté du callaloo pour 2 dollars EC (environ 0,50 euro) et des fruits de la passion pour 3 dollars. Les vendeurs criaient leurs prix sans vraiment nous regarder. Pas d'arnaque flagrante, mais on sentait qu'on était des touristes étrangers. La déception du premier jourLe restaurant Basil's Bar & Restaurant (en face de la marina, fermé le dimanche) nous avait été recommandé. On y a mangé le lundi soir. Les mahi-mahi grillés (45 dollars EC, soit 12 euros) étaient corrects mais pas transcendants, servis tiède. Le serveur a oublié notre commande de riz pendant 25 minutes. C'était frustrant. En revanche, le rhum local Banks DIH n'était pas trop mauvais (une bière coûte 5 dollars EC). Bequia et la vraie découverteLe ferry Bequia Express partait du port à 9 h 30 chaque matin. Le trajet vers l'île de Bequia prenait 45 minutes. On a dû attendre 15 minutes de plus que prévu – le capitaine attendait trois passagers qui n'arrivaient pas. Les côtes rocheuses disparaissaient graduellement, le bruit du moteur diesel créait une sorte de berceuse. En arrivant à Princess Margaret Beach, on a débarqué pieds nus dans le sable blanc pur. Personne autour pendant deux heures. C'était rare, ce type de vide. On a mangé une roti (galette farcie de curry de poulet) vendue par une femme qui la préparait dans une petite cabane en tôle ondulée – 8 dollars EC – et c'était chaud, épicé, réel. On a loué un petit bateau privé pour visiter Tobago Cays le mardi (200 dollars EC pour quatre heures, soit 55 euros). Le capitaine s'appelait Winston et réparait les moteurs avec un maillet et du duct tape. Les récifs de corail étaient visibles à quelques mètres. L'eau était tiède, le soleil tapait dur. On a senti la brûlure après trois heures sans crème solaire – erreur classique de touriste. Les petites îles et l'isolement relatifMustique, l'île des richards, on l'a juste entrevue. Les voiliers privés alignés formaient un spectacle surréaliste. On a préféré Union Island, moins bobo. Une seule route goudronnée. On a dormi à Lambie's Guesthouse (40 dollars EC la nuit, chambre basique mais très propre). La femme qui la tenait, Lucia, faisait un breakfast de plantains frits et d'œufs à 10 dollars EC. Elle parlait peu mais efficacement. Le point négatif : le prix du WiFi. Partout, il faut payer pour accéder à une connexion stable. Les hôtels le fournissaient gratuitement, mais dehors, c'était compliqué. Les données mobiles coûtaient cher (Flow, la compagnie principale, proposait 5 gigas pour 35 dollars EC). Fort Charlotte : perché sur Berkshire Hill à Kingstown, vue imprenable sur la baie, visite gratuite mais le gardien demande un petit don (2-3 dollars).Dark View Falls : cascade dans le nord, accessible via un petit sentier glissant, eau très froide mais ressourçante.Le rhum bottling local chez Sunset Rum Distillery (visite sur rendez-vous, environ 25 dollars), où on peut déguster différentes variantes vieillies.
Les bons plans repérés sur place.
Bequia – Princess Margaret Beach : plage vide en semaine, accessible par ferry à 9 h 30 depuis Kingstown
Tobago Cays : snorkeling sur récif corallien vivant, louer un bateau privé avec capitaine (200 dollars EC)
Fort Charlotte à Kingstown : visite le matin à 8 h pour éviter la chaleur de midi, vue sur la baie de Calliaqua
Marché de Kingstown : vendredi matin, acheter fruits frais et callaloo, goûter l'atmosphère locale sans touristes
Basil's Bar – marina de Kingstown : bières Banks DIH froides (5 dollars EC), ambiance de pêcheurs, pas de pièges touristiques
Photos — Kingstown, Saint Vincent
Et au final.
Saint Vincent nous a laissés divisés. L'hospitalité était réelle, les îles déserte de Grenadines valent vraiment le coup, mais l'infrastructure touristique reste basique. Les trajets en minibus étaient stressants, le prix des services pour touristes peut sembler exagéré localement. Malgré ça, on y retournerait, notamment pour les petites îles, avec un budget plus serré.
