Comment ça s'est passé.
Nous débarquons à l'aéroport international E.T. Joshua le 3 février à 14h30, après une correspondance à la Barbade. Pas de queue à la douane, ce qui nous surprend agréablement. Un taxi blanc nous conduit à Kingstown en 20 minutes par la côte nord. Le chauffeur, Lloyd, nous explique que la ville est réputée dangereuse après 18h, surtout près du port. Il nous lâche à l'hôtel Cobblestone Inn, rue Grenville, en plein centre historique. Le Cobblestone Inn est un choix honnête. Chambres étroites, escaliers minuscules en pierres volcaniques noires, mais bien tenues. La proprio, Diane, fait un bon café le matin (1,50 euros) avec des scones maison. La fenêtre de notre chambre donne sur la cathédrale Sainte-Marie, construite en pierre locale en 1820. On la voit illuminée la nuit. Bruit constant des mototaxis dans la rue, surtout à 6h du matin, mais on s'y fait. Kingstown : premier choc et déboires culinairesNous explorons la Garrison Square le matin. Fort Charlotte domine la baie depuis 1806. On paye 1 euro pour monter, vue panoramique intéressante mais pas transcendante. La chaleur est étouffante, 32 degrés sans ombre. L'humidité sent la mer mélangée à l'essence diesel des véhicules. Nous mangeons au marché central (Bay Street) : callaloo soup (soupe d'épinards locaux) pour 2,50 euros, mangue fraîche pour 0,80 euro. Le vendeur nous vante son poison fish (vivaneau rôti) « le meilleur de Kingstown ». Nous commandons. Résultat : poisson sec, riz trop salé, jus de citron au goût métallique. Arnaque douce pour touristes. Facture : 8 euros. Mauvaise expérience. Nous quittons Kingstown le deuxième jour pour Bequia (île des Grenadines). Le ferry Jaden Y part à 9h30 du port commercial (quai sud). Ticket : 6 euros par personne. Théoriquement 45 minutes. Pratiquement : deux heures. Le bateau s'arrête à Canouan, puis Union Island. Étouffe humide, passagers serrés, climatisation inexistante. Une femme vomit dans un sac en plastique près de nous. Ambiance surréaliste. Bequia : oasis malgré l'attenteBequia nous rattrape au débarcadère. Petite île de 5 000 habitants, 7 km de long. Nous prenons une minibus jaune (transporteur minibus, numéro non indiqué) jusqu'à Friendship Bay. Trajet 15 minutes, 1 euro. Le chauffeur met de la reggae à volume max. Odeur de rhum blanc et d'herbes aromatiques dans le minibus. L'hôtel Bequia Beach est face à la plage, sable blanc, cocotiers. 45 euros la nuit. Nous y restons trois nuits. La plage elle-même : eau tiède (26 degrés), transparente, peu profonde. Des pélicans marron plongent à 20 mètres de nous. Au restaurant du Bequia Beach, le barman Michel (québécois expatrié depuis 2007) nous prépare un rhum punch décent : rhum Sunset Very Old, jus de fruit passion, glaçons. 3,50 euros. Moment marquant : nous regardons le coucher de soleil assis dans l'eau jusqu'à 18h10. Ciel orange, reflets roses. Pas de touristes. Juste nous, deux couples allemands, et les pélicans. Le mardi, nous louons un scooter (15 euros par jour) auprès d'une agence sans enseigne, tenue par Darius. Freins douteaux, mais puissant. Nous explorons le nord de l'île jusqu'à Princess Margaret Beach (sable gris, rochers impressionnants). Restaurant sur la plage : huître locale (spécialité) pour 2 euros l'unité. Nous en mangeons cinq. Goût iodé intense, charnue, fraîche. Meilleure surprise culinaire du voyage. Petit Saint Vincent : l'îlot où rien ne se passeLe mercredi, nous prenons un bateau privé (arrangé via l'hôtel) pour Petit Saint Vincent, île déserte louée comme resort. 30 euros par personne, aller-retour. Trajet : 45 minutes au départ de Bequia. Nous avons à peine débarqué qu'une pluie tropicale nous submerge. Déluge à 11h du matin. Nous nous réfugions sous un auvent en bois de coco. Bruit de torrents, température qui chute à 24 degrés, odeur de terre mouillée et végétation tropicale écrasée. L'île est vide de touristes ce jour-là. Seulement deux employés du resort. Nous mangeons un sandwich au thon dans le bar (4 euros), puis attendons que la pluie passe. Elle passe à 14h30. Nous nous baignons seuls. Eau cristalline. Poisson-globe jaune nous suit. Bizarre et légèrement flippant. Retour à Kingstown le vendredi. Même ferry, même chaos. Le Jaden Y arrive 90 minutes en retard « à cause du vent ». Nous réussissons à négocier un rabais sur notre prochain billet à la guichetière (pas facile), mais le ton était tendu. Petite amertume liée à la mauvaise organisation des transports. Dernier dîner à Kingstown au restaurant Lime (rue Halifax) : brochette de langouste, farine de maïs sucré, salade. 12 euros. Bon mais sans plus. Nous quittons le 10 février à 16h pour l'aéroport.
Les bons plans repérés sur place.
Friendship Bay (Bequia) : baignade en fin d'après-midi sans foule, coucher de soleil jusqu'à 18h10
Princess Margaret Beach (nord Bequia) : huîtres locales fraîches à 2 euros l'unité, goût iodé intense
Fort Charlotte (Kingstown) : forteresse en pierre de 1806, vue panoramique sur la baie et l'aéroport
Marché central Bay Street (Kingstown) : mangues fraîches le matin, prix 0,80 euro pièce
Petit Saint Vincent (jour de pluie) : île quasi déserte avec baignade en eaux cristallines après l'averse
Photos — Kingstown (Saint Vincent)
Et au final.
Saint Vincent et les Grenadines, c'est une destination loin des circuits touristiques, ce qu'on a aimé. Bequia en particulier mérite le détour si vous aimez le calme. Cela dit, l'organisation des ferries est chaotique, la nourriture en restauration (sauf exceptions) est décevante, et le budget monte vite pour un île caribéenne modeste. À recommander surtout à ceux qui acceptent une certaine rusticité.
