Kaboul sous la poussière : entre bazars de Chicken Street et mosquée Bleue de Mazar
CarnetAfghanistan202612 jours

Kaboul sous la poussière : entre bazars de Chicken Street et mosquée Bleue de Mazar

On a atterri à Kaboul un mardi 6h du matin sur un vol Ariana Afghan Airlines depuis Delhi. L'avion, un Airbus un peu vieillissant, s'est posé sur le tarmac de l'aéroport international Hamid Karzai avec une secousse.…

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Publié le · mis à jour le
12 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Kaboul un mardi 6h du matin sur un vol Ariana Afghan Airlines depuis Delhi. L'avion, un Airbus un peu vieillissant, s'est posé sur le tarmac de l'aéroport international Hamid Karzai avec une secousse. Dehors, la chaleur étouffante de septembre à peine compensée par la brise sèche qui sent la poussière et l'essence. On a traversé le contrôle des frontières sans problème majeur, mais le douanier a fait un scan complet de mon téléphone – situation inconfortable, on s'est sentis scrutés sans vraiment savoir pourquoi. Notre hôtel, le Kabul Serena Hotel (route Jade Miwand, quartier diplomatique), était le seul établissement qu'on pouvait se permettre avec un minimum de sécurité. Chambre 312, vue sur les murs de béton gris de la terrasse. Le petit-déjeuner buffet incluait du pain afghan (naan) chaud tiré du tandoor, du fromage blanc un peu aigre, des œufs brouillés à 8 euros. Goût salé, légèrement rance, mais rassasiant. La nuit, on entendait les générateurs diesel dans tout l'hôtel – ce bruit constant, hypnotisant, m'a tenu réveillée la première nuit. Chicken Street et le marché de KaboulJeudi matin, on s'est lancés dans Chicken Street (Khayaban-e-Morgh), la rue touristique principale du centre-ville. Notre guide, Mohammad, recommandé par l'hôtel, a insisté pour nous accompagner. Sans lui, on aurait été complètement paumés. Les magasins d'antiquités débordaient de tapis usés, de vieilles monnaies soviétiques, de lapis-lazuli brut vendu entre 5 et 50 euros le morceau. On a essayé de négocier dans un café enfumé – le Kabul Coffee House – où le propriétaire nous a servi un thé vert avec de la menthe fraîche. La sensation du verre chaud dans ma main à 32°C restera bizarre. Il nous a proposé un tapis pour 200 euros. On a dit non, il a baissé à 80. On a laissé tomber. Le marché principal (Charshi Qaisariya) était un dédale de rues étroites couvertes où les vendeurs de fruits secs, d'épices et de noix s'entassaient. L'odeur de cumin, de coriandre et de miel rancisse était presque oppressante. On y a acheté des pistaches locales pour 3 euros le kilo. Mohammad nous a expliqué que la plupart provenaient de Badakhshan, au nord. Une femme en burqa bleu est passée près de nous en pressant le pas. On s'est sentis observés – pas menacés, mais clairement des étrangers. Mohammad a dit que c'était normal, qu'on n'avait rien à craindre tant qu'on restait respectueux. On a quand même coupé court à la balade. Route vers Mazar-i-Sharif : 6 heures de galèreLe trajet jusqu'à Mazar-i-Sharif était prévu en bus privé le samedi matin, 6h de route. Le conducteur, Rashid, était un quinquagénaire taciturne qui roulait à des vitesses qu'on n'osait pas regarder. La route de montagne – l'Hindou Kouch au loin – était spectaculaire sur le papier, mais creusée de nids-de-poule. À un checkpointmilitaire vers Baghlan, les soldats ont arrêté le bus 20 minutes pour vérifier les documents. Moment de stress pur : trois hommes en uniforme qui examinent ton passeport sans sourire. Rashid a glissé quelques billets (impossible de savoir combien), et on a reparti. Pas d'arnaque déclarée, mais on a senti l'ambiguïté du système. À Mazar, on a logé au Marco Polo Hotel (Maranji Angoor, quartier sud). Chambre 206, carrelage blanc, fenêtre sur une ruelle avec des vendeurs de produits laitiers. On était complètement claqués. On a commandé du qabuli palaw (riz basmati, pois chiches, carottes, viande) à la réception : 7 euros la portion, servi dans une assiette en métal. C'était bon, gras, réconfortant après cette route. La Mosquée Bleue et Mazar-i-SharifLe matin suivant (dimanche), on a visité la mosquée Hazrat Ali (Mazar-i-Sharif) au cœur de la ville. Les carreaux turquoises, bleu électrique des murs intérieurs. On a enlevé nos chaussures, enfilé les couvre-chaussures fournis. L'espace était frais, presque froid après la chaleur extérieure. Une quinzaine de fidèles en prière. On s'est sentis intrusifs malgré le accueil cordial d'un mollah qui nous a expliqué les arabesques en anglais approximatif. Photos interdites à l'intérieur, on a juste observé, les yeux s'habituant progressivement à la pénombre. Le bazar autour de la mosquée était plus vivant qu'à Kaboul. Vendeurs de vêtements, de chaussures bon marché (2-4 euros la paire), d'épices. On a grignioté du gosh tehari (un beignet sucré à base de miel et d'amandes) pour 1,5 euro. Moment moins tendu qu'à Kaboul, impression que les gens nous saluaient sans arrière-pensée. Peut-être naïf, mais on a commencé à respirer un peu. On a consacré deux jours à explorer les alentours, les bassins sacrés où les pigeon(s) blanc(s) viennent boire, les petits restaurants autour. Nourriture correcte, hospitabilité réelle, mais infrastructure touristique quasi inexistante. Les routes sont inégales, les services basiques. Le moment marquant a été une conversation avec une famille afghane au restaurant Nawab qui nous a invités à nous asseoir avec eux. Leur enfant, Zahra, 9 ans, pratiquait l'anglais avec nous pendant 20 minutes. Son père, forgeron, demandait des nouvelles du monde extérieur avec sincérité. On s'est sentis privilégiés et un peu coupables du même coup. Retour à Kaboul mercredi. Même trajet, même checkpoint, moins de stress cette fois. On a fini par accepter que ce pays ne se laisse pas apprivoiser en deux semaines, qu'on resterait toujours en surface, prisonniers de notre statut d'étrangers. C'était une limite pénible à accepter.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Mosquée Hazrat Ali à Mazar-i-Sharif : arrivez tôt (avant 9h) pour avoir les bassins et les colonnades presque vides

2

Marché de Charshi Qaisariya à Kaboul : achetez des pistaches de Badakhshan et marchandisez sans crainte, vendeurs bienveillants

3

Restaurant Nawab à Mazar : qabuli palaw à 7 euros, family-run, ils parleront de leurs histoires si vous posez les bonnes questions

4

Chicken Street la nuit : cafés de thé bondés après 19h, atmosphère moins touristique, plus authentique

5

Route vers Baghlan : paysage des montagnes de l'Hindou Kouch (arrêt photo possible au km 80 environ)

Album · 10 photos

Photos — Kaboul et Mazar-i-Sharif

Kaboul sous la poussière : entre bazars de Chicken Street et mosquée Bleue de Mazar
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Conclusion

Et au final.

L'Afghanistan, ce n'était pas le pays que les journaux décrivent non-stop. C'était plus gris, plus ordinaire, plus difficile d'accès. Les gens sont généreux et curieux, mais les conditions de sécurité et d'infrastructure rendent tout compliqué : galères logistiques, fatigue, sensation de ne jamais vraiment être le bienvenu. Je ne recommande ce voyage que si on accepte l'inconfort et l'absence de confort touristique standard.

En résumé

Avis Kaboul et Mazar-i-Sharif : carnet de voyage de 12 jours par sarahmontagne-travels

Destination
Kaboul et Mazar-i-Sharif →
Pays
Afghanistan →
Durée
12 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@sarahmontagne-travels →
L'essentiel

Kaboul et Mazar-i-Sharif en bref

Pourquoi choisir Kaboul et Mazar-i-Sharif

  • Bazars authentiques et négociables sans infrastructure touristique envahissante
  • Mosquée Hazrat Ali aux carreaux turquoise bleu électrique spectaculaires
  • Rencontres humaines authentiques avec familles afghanes bienveillantes
  • Lapis-lazuli brut et antiquités soviétiques à prix accessibles
  • Paysages montagneux de l'Hindou Kouch en route vers Mazar

Pour qui ?

  • Voyageurs confirmés acceptant inconfort et improvisation
  • Passionnés d'histoire archéologique et art islamique
  • Chercheurs d'authenticité loin des circuits balisés
  • Photographes documentaristes et anthropologues
  • Aventuriers tolérant absence d'infrastructure touristique standard

À éviter si…

  • Vous recherchez confort hôtelier 5 étoiles et services touristiques fluides
  • Vous craignez checkpoints militaires et contrôles stricts
  • Vous voyagez sans tolérance à l'incertitude logistique et retards
  • Vous demandez des garanties sécuritaires absolues
À découvrir aussi
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Questions fréquentes

FAQ — Kaboul et Mazar-i-Sharif

Comment se passe l'arrivée à l'aéroport de Kaboul ?

L'aéroport international Hamid Karzai accueille les vols internationaux. Les formalités douanières sont strictes : l'auteur rapporte un scan complet du téléphone. Prévoir du temps et rester calme face aux procédures.

Faut-il absolument un guide pour visiter Chicken Street ?

Fortement recommandé. L'auteur souligne que sans Mohammad, l'accompagnateur, la navigation aurait été compliquée. Chicken Street est la rue touristique principale mais les guides locaux facilitent négociations et sécurité.

Quel est le budget moyen par jour à Kaboul et Mazar ?

Les prix relevés varient : petit-déjeuner 8 euros, pistaches 3 euros/kg, tapis 80-200 euros, qabuli palaw 7 euros, beignets 1,5 euro. Budget modéré possible avec hébergement sécurisé type 3-4 étoiles.

Comment rejoindre Mazar-i-Sharif depuis Kaboul ?

Bus privé conseillé (6 heures de trajet). La route traverse l'Hindou Kouch avec plusieurs checkpoints militaires. Préparer documents et accepter contrôles. Rashid, conducteur local, maîtrise les procédures.

La Mosquée Bleue de Mazar est-elle accessible aux touristes ?

Oui, la Mosquée Hazrat Ali accueille les visiteurs. Retirer chaussures, enfiler couvre-chaussures fournis. Photos interdites à l'intérieur. Atmosphère respectueuse, mollahs parlent anglais approximatif.

Quelle est l'ambiance à Mazar par rapport à Kaboul ?

Moins tendue. Le bazar autour de la mosquée est vivant, vendeurs hospitables, aucune sensation de menace. Familles locales invitent spontanément les touristes. Infrastructure touristique quasi inexistante mais accueil réel.

Quels sont les risques de sécurité majeurs ?

Checkpoints militaires, contrôles stricts, sensation d'être observé. Pas menaces directes selon l'auteur, mais inconfort psychologique. Respecter coutumes locales et rester discrets diminue tensions.

Quel mois est idéal pour voyager en Afghanistan ?

Septembre offre chaleur modérée (32°C à Kaboul). Éviter hiver rigoureux et printemps instable. Climat sec, brise sèche. Consulter avertissements diplomates avant départ.