Kaboul sous la poussière : 10 jours entre ruines et hospitalité retrouvée
CarnetAfghanistan202610 jours

Kaboul sous la poussière : 10 jours entre ruines et hospitalité retrouvée

On arrive à Kaboul un mardi matin par Turkish Airlines, après une escale à Istanbul qui nous a coûté 6 heures de retard. L'aéroport international Hamid Karzai est beaucoup plus moderne qu'on l'imaginait, mais dès qu'on…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On arrive à Kaboul un mardi matin par Turkish Airlines, après une escale à Istanbul qui nous a coûté 6 heures de retard. L'aéroport international Hamid Karzai est beaucoup plus moderne qu'on l'imaginait, mais dès qu'on sort du terminal, c'est le choc : la poussière sèche envahit nos narines, une sorte de goût de cendre qui reste trois jours en bouche. La température frôle les 38°C à midi. Notre hôtel, le Serena Hotel, se trouve dans le quartier de Wazir Akbar Khan. C'est l'un des rares établissements avec des standards de sécurité occidentaux : chambre à 120 euros la nuit, petit-déjeuner inclus. Le personnel parle anglais, il y a de l'eau chaude (luxe rare), mais les murs sont ornés de photos de la période pré-2021, un peu déprimant. On paye un supplément de 25 euros pour que le concierge nous arrange un conducteur fiable : Mohammad, qui sera notre compagnon pour tout le séjour. Les premiers jours : naviguer l'imprévuLe second jour, levés à 5h30 pour visiter le Musée national afghan, situé à Darulaman. On pensait arriver à l'ouverture (9h), mais Mohammad nous prévient que deux routes sont bloquées par des contrôles militaires. On doit faire un détour de 45 minutes. Le musée, c'est surtout des salles vides ou avec des vitrines cassées. Il reste quelques sculptures bouddhistes d'époque Kushan, des pièces de monnaie anciennes. L'entrée coûte 5 dollars. On croise deux touristes en tout : un journaliste allemand et une ONG française. Le mardi, on décide de manger au restaurant Kabul House, qui propose une cuisine afghane « revisitée ». Les aushak (raviolis à la ciboule) sont excellents, à peine 3 euros le plat. Le propriétaire, Abdullah, nous raconte que son établissement a fermé pendant huit ans. Il a rouvert il y a deux mois. L'ambiance est calme, les vitres girillagées, mais Abdullah blague en français (il a vécu à Paris de 2005 à 2015). C'est là que j'ai mon moment marquant : une femme âgée afghane entre et nous salue avec chaleur, en dari, en comprenant qu'on est étrangers. Elle nous offre du thé. Pas de condescendance, juste de la générosité. Mohammad nous explique que c'est une habitude : l'hospitalité, c'est sacré, peu importe les tensions politiques. Galères et réalités du terrainVendredi matin, on prévoit d'aller à Paghman, la fameuse vallée verte à 30 km de Kaboul. Mohammad hésite beaucoup : le chemin est sûr, dit-il, mais il y a eu des incidents la semaine précédente. On décide d'y aller quand même. Route cahoteuse, poussière à nouveau, des contrôles de police toutes les 5 km. On passe deux heures pour parcourir 30 km. Arrivés à Paghman, la « vallée » est surtout un village agricole avec quelques restaurants de brochettes. On commande du kabab avec du riz : 2,50 euros. C'est bon, mais c'est surtout un détour décevant. Le retour se fait dans l'obscurité (on était resté plus longtemps qu'prévu) et ça m'a mis mal à l'aise, honnêtement. On arrive à l'hôtel vers 21h, épuisés. On a aussi tenté d'aller au vieux marché de Chicken Street samedi après-midi. C'est un cauchemar logistique : étroit, surpeuplé, des vendeurs qui vous interpellent à chaque pas pour des «tapis authentiques» ou des «pièces d'époque». On s'est fait quasi arnaquer sur le prix d'une carte postale (le vendeur demandait 2 euros, Mohammed l'a réduit à 30 centimes). L'odeur mélangée de poisson séché, d'épices brûlées et de diesel est étouffante. On a pas tenu 20 minutes. Moments de connexion et de découverteLe mercredi soir, Mohammad nous présente son ami Rashid, traducteur en dari et pachto. Rashid nous prépare un dîner chez lui, dans sa maison du quartier de Karte Char. Sa femme prépare des kofta (boulettes de viande) et une sauce tomate poivrée qui fait transpirer. C'est simple, c'est chaud, c'est délicieux. Pour la première fois, on discute vraiment de politique, d'avenir, d'incertitude. Rashid a été traducteur pour l'Otan pendant 15 ans, il est maintenant en processus de relocalisation en Europe. C'est un moment humain fort. Pas de photo à prendre, juste du silence respectueux et de l'écoute. On visite aussi la Citadelle de Bala Hissar, ancienne forteresse surplombant la ville. Les murs sont partiellement détruits, les jardins sont un champ de décombres, mais la vue sur Kaboul au coucher du soleil est effectivement belle (sans être spectaculaire comme on nous l'avait dit). L'entrée gratuite. On croise un groupe d'écoliers qui pratiquent l'anglais en nous questionnant : « What's your name? Where are you from? » Leur curiosité est touchante, innocente. Avant de partir, on va au café Espresso Garden, qui propose du bon café et des gâteaux afghans. C'est un havre de paix, avec des plantes, une terrasse intérieure, des jeunes gens qui étudient sur leurs ordinateurs. Un cappuccino coûte 2,50 euros. On s'y attarde le dernier jour, à regarder les gens passer, à prendre quelques notes. BilanKaboul n'est pas ce qu'on attendait, mais c'est là qu'est la réalité. Ce n'est pas dangereux si on est prudent, ce n'est pas « exotique » au sens colonial du terme. C'est une ville meurtrie qui se réinvente lentement, avec des gens ordinaires qui veulent juste continuer à vivre.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Musée national afghan (Darulaman) : sculptures bouddhistes Kushan, horaires 9h-16h sauf lundi, 5 dollars l'entrée

2

Restaurant Kabul House : aushak à 3 euros, propriétaire Abdullah très accueillant, parle français

3

Café Espresso Garden : cappuccino 2,50 euros, espace calme et propre, clientèle locale étudiante

4

Citadelle Bala Hissar : vue sur Kaboul au coucher du soleil, entrée gratuite, murs partiellement en ruines

5

Dîner chez l'habitant (via Mohammad) : kofta faits maison, contact humain inoubliable, prix 15 euros par personne

Album · 9 photos

Photos — Kaboul

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Conclusion

Et au final.

Dix jours, c'est court pour saisir Kaboul. On a eu des moments de connexion sincère, mais aussi des déceptions (Paghman, les marchés touristiques). La sécurité reste une préoccupation constante, et ce stress sous-jacent use. On repart avec plus de questions qu'on n'en avait en arrivant, ce qui est peut-être le point intéressant.

En résumé

Avis Kaboul : carnet de voyage de 10 jours par marcofrombordeaux

Destination
Kaboul →
Pays
Afghanistan →
Durée
10 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marcofrombordeaux →

Photos communautaires : Kaboul

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Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
Bodhisattva (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
Le roi et la reine d'Afghanistan en 1928 à Versailles (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
Le Bodhisattva Maitreya entouré de fidèles (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
Créations Zarif Design (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
Plaques d'ivoire indien sculpté du trésor de Begrâm (musée Guimet, Paris)
© dalbera
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
Carte des sites archéologiques de l'Afghanistan (Musée Guimet, Paris)
© dalbera
Questions fréquentes

FAQ — Kaboul

Quand partir à Kaboul ?

Ce voyageur est parti en septembre (automne). Consultez la fiche climat de Kaboul (Afghanistan) et les autres carnets de la communauté pour comparer selon la saison souhaitée.

Quel budget prévoir pour 10 jours à Kaboul ?

Le budget dépend du standing (camping / hôtel / location), de la saison et du voyagiste. Lisez le récit complet ci-dessus pour les détails dépensés par ce voyageur, puis comparez avec les autres carnets de Kaboul.

Que faire à Kaboul ?

Découvrez les visites, activités et bonnes adresses partagées dans ce carnet. La page « Kaboul » regroupe l'ensemble des carnets, hôtels et avis de la communauté Vacanceo sur cette destination.

Combien de jours pour visiter Kaboul ?

Ce voyageur a passé 10 jours sur place. Selon votre rythme et vos centres d'intérêt, comptez plus ou moins. Comparez avec d'autres carnets de Kaboul pour ajuster.

Comment se rendre à Kaboul ?

Vol, voiture, train : le mode de transport choisi par ce voyageur est mentionné dans le récit. Consultez notre comparateur de vols et les carnets de la communauté pour les itinéraires les plus pratiques.