Isfahan sous la pluie : entre mosquées dorées et arnaque au bazar
CarnetIran202612 jours

Isfahan sous la pluie : entre mosquées dorées et arnaque au bazar

Nous avons atterri à l'aéroport Imam Khomeini d'Isfahan un mardi matin, avec la sensation bizarre de franchir une frontière fermée. Le vol Iran Air depuis Istanbul avait deux heures de retard, et je n'ai pas fermé…

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Publié le · mis à jour le
12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à l'aéroport Imam Khomeini d'Isfahan un mardi matin, avec la sensation bizarre de franchir une frontière fermée. Le vol Iran Air depuis Istanbul avait deux heures de retard, et je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. À 6h30, je suis descendue du bus n°7 qui relie l'aéroport à la place Naqsh-e Jahan, mon sac à dos pesant 14 kilos, sous une pluie froide qui dégoulinait sur les vitres. L'hôtel Abbasi, où nous avions réservé deux nuits, nous a accueillis avec du thé à la menthe brûlant—cette odeur cuivrée et sucrée qui m'a réveillée d'un coup. La réceptionniste, Nasrin, parlait un anglais parfait. Elle nous a conseillé d'aller d'abord manger au restaurant Sirénak, situé au rez-de-chaussée de l'hôtel. Le kotlet—ces escalopes de viande hachée—coûtait 180 000 rials, environ 4 euros. Le pain tandoor encore chaud, le yogourt salé... c'était bon, basique, authentique au sens propre du terme. Le moment où tout a déraillé : nous avons navigué vers le Bazar-e Bozorg vendredi. Un homme âgé nous a abordées près du tapis de la mosquée du Cheikh Lotfollah, prétendant être guide touristique. Il nous a traînées dans trois petits magasins « familiaux », nous promettant les prix les plus vrais d'Isfahan. Au troisième—un atelier d'incrustations—le vendeur nous a montré une boîte en bois incrusté de nacre. Elle était affichée à 2 millions de rials (47 euros). Après « négociations », on l'a eue à 800 000 rials. Sauf qu'en retournant à l'hôtel, j'ai compris que la nacre était collée, pas incrustée. C'était du toc. Notre « guide » a disparu quand on a voulu le confronter. Mais les trois autres jours ont compensé cette amertume. Nous avons pris le taxi collectif régulier (partage de voiture) depuis la gare Safadasht pour Yazd—c'est à 2 heures d'environ. Le chauffeur, Reza, roulait à 140 km/h sur la route du désert, écoutant de la musique traditionnelle à un volume assourdissant. Il nous a arrêtées à un restaurant de routiers où on a mangé du abgoosht, cette soupe à base de mouton et de pois chiches, pour 150 000 rials. Le goût était riche, salé, presque minéral—la viande tombait des os après six heures de cuisson. À Yazd, nous avons logé chez l'habitant via Airbnb : un appartement rénové de Laleh, une femme de 62 ans qui travaillait autrefois comme infirmière. Elle m'a servi chaque matin du kaymak (crème épaisse) avec de la confiture de rose. L'odeur de cette confiture—florale, légèrement amère—imprègne encore mes souvenirs. Laleh nous a parlé pendant trois heures de la vie sous l'Ayatollah, avec une franchise qui m'a stupéfaite. Pas une fois elle n'a censuré ses opinions sur le gouvernement. Nous avons marché dans les rues étroites de Yazd sans plan, juste avec nos jambes. Les murs en terre crue retenaient la fraîcheur matinale. À midi, il faisait 34 degrés. Nous avons cherché le Café Vénus (recommandé par Laleh), trouvé par hasard dans une cour cachée. La fille qui travaillait là, Pari, nous a préparé un café turc avec des grains moulus à la pierre. Elle l'a versé dans des petites tasses décorées, le sucre montait avec la mousse. Cinq minutes plus tard, elle a jeté un peu d'eau froide dans la tasse, comme la tradition l'exige. Ce petit geste, répété mille fois, m'a émue pour des raisons que je ne sais pas bien expliquer. Retour à Isfahan pour le dernier jour. Nous avons pris le bus de la ligne municipale n°10 jusqu'à la Mosquée du Cheikh Lotfollah. Levées à 5h du matin, nous avons attendu le lever du soleil sur les ponts Khaju et Si-o-se-pol. L'eau du Zayandeh Roud était à peine translucide, et des pêcheurs jetaient leurs lignes sans parler. La lumière dorée sur les arches était belle, point. Pas de mots superficiels là-dessus. C'était juste là. Le vol de retour a été retardé de 3 heures—on s'y attendait déjà.

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Album · 8 photos

Photos — Isfahan

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Conclusion

Et au final.

L'Iran m'a donné un mélange : une arnaude de tapis, une pluie froide, mais aussi du thé brûlant, des conversations franches, et des gens qui n'avaient aucune raison de nous aider mais l'ont fait. Je repars moins enrichie que prévu, mais plus honnête sur ce que voyager veut dire.

En résumé

Avis Isfahan : carnet de voyage de 12 jours par marinebackpack

Destination
Isfahan
Pays
Iran
Durée
12 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marinebackpack
L'essentiel

Isfahan en bref

Pourquoi choisir Isfahan

  • Mosquées et architecture safavide d'une beauté minérale captivante
  • Bazars traditionnels authentiques avec négociation culturelle (malgré les pièges)
  • Habitants francs et accueillants prêts à partager leurs vies honnêtement
  • Gastronomie riche : abgoosht, kotlet, kaymak à bas coût
  • Accès facile vers Yazd et autres villes désertiques en transport local

Pour qui ?

  • Voyageurs individuels cherchant l'authenticité et les interactions humaines
  • Amateurs de photographie architectural et de lumière dorée
  • Explorateurs de cuisines régionales et marchés traditionnels
  • Lecteurs de littérature de voyage appréciant la narration honnête
  • Couples en quête de destinations méconnues hors circuit

À éviter si…

  • Vous êtes réticent face aux arnaques touristiques courantes dans les bazars
  • Vous recherchez un climat chaud et sec (la pluie froide est fréquente)
  • Vous n'aimez pas les trajets longs en voiture partagée à vitesse soutenue
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Photos communautaires : Isfahan

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Questions fréquentes

FAQ — Isfahan

Comment se rendre de l'aéroport d'Isfahan au centre-ville ?

Le bus n°7 relie directement l'aéroport Imam Khomeini à la place Naqsh-e Jahan, point central de la ville. Le trajet coûte peu et permet d'observer directement le paysage urbain. L'arrivée matinale facilite l'accès aux hôtels pour l'enregistrement.

Que manger à Isfahan et quel budget prévoir ?

Les plats locaux comme le kotlet (escalopes) et l'abgoosht (soupe de mouton) coûtent entre 150 000 et 180 000 rials (3-4 euros). Les restaurants touristiques restent abordables. Le restaurant Sirénak à l'hôtel Abbasi propose une cuisine authentique à prix raisonnables.

Peut-on faire confiance aux guides non officiels du bazar ?

Le récit alerte sur les risques : des guides autoproclamés peuvent diriger vers des magasins complices où la qualité est surestimée ou truquée. Les incrustations en nacre peuvent être collées au lieu d'être authentiquement intégrées. Préférez les guides agréés ou explorez seul.

Quelle est la meilleure période pour visiter Isfahan ?

L'arrivée en période pluvieuse (récit mentionnant une pluie froide) crée une atmosphère particulière mais exige des vêtements adaptés. Les saisons intermédiaires (automne, printemps) offrent des températures idéales. Yazd atteint 34°C à midi en période chaude.

Combien de jours consacrer à Isfahan et ses environs ?

Le carnet suggère 2 nuits à Isfahan pour les sites majeurs, puis 3 jours à Yazd via un trajet de 2 heures. Cette alternance permet de découvrir les mosquées dorées et les villes désertiques traditionnelles sans précipitation.

Comment se déplacer entre Isfahan et Yazd ?

Le taxi collectif (partage de voiture) depuis la gare Safadasht prend environ 2 heures. Le chauffeur roulait à 140 km/h sur la route du désert. Des arrêts en restaurants de routiers permettent de goûter l'abgoosht local à bas prix.

Faut-il réserver un hôtel ou préférer les locations chez l'habitant ?

L'hôtel Abbasi offre des services hôteliers complets avec thé à la menthe et personnel anglophone comme Nasrin. Les locations Airbnb (comme chez Laleh à Yazd) offrent des interactions authentiques et des repas traditionnels comme le kaymak à la confiture de rose.

Quels monuments ne faut-il pas manquer à Isfahan ?

La mosquée du Cheikh Lotfollah et les ponts Khaju et Si-o-se-pol sont incontournables, particulièrement au lever du soleil. La place Naqsh-e Jahan est un point d'ancrage. Le Bazar-e Bozorg mérite une visite malgré les risques d'arnaque.