Comment ça s'est passé.
Arrivée le 14 février à Kigali sur un vol Brussels Airlines, puis transfert en minibus vers Musanze (2 h 30, route en bon état mais cahots au dernier kilomètre). J'ai réservé la Gorilla Forest Camp, un lodge modeste perché à 1500 m d'altitude. La chambre sentait l'humidité et la terre mouillée, ambiance assez rustique pour 85 USD la nuit. Levée à 5 h le 15 février pour le trek des gorilles des montagnes dans le parc national des Volcans : 6 h de marche avec un ranger parmi les fougères épaisses et les orties qui brûlaient les mollets. La rencontre face-à-face avec le groupe de gorilles de la famille Amahoro a duré 1 h. Le silence d'une femelle qui me regardait droit dans les yeux, c'était étrange, pas cinématographique, juste intense et muet. J'ai commis l'erreur de négocier le prix avec un chauffeur non agréé en centre-ville à Musanze. Il m'a demandé 30 USD au lieu des 12-15 habituels pour aller au marché de Musanze. Trop tard, déjà dans le véhicule. Le marché lui-même était dense, odorant (odeur de charbon et d'épices mélangées), avec des femmes vendant des haricots rouges, du riz blanc et des bananes plantains. Repas au restaurant Stella (rue principale, près du tribunal) : matoke avec sauce arachide pour 3500 RWF (4 euros), assez riche et copieux. Le jus de papaye frais était bon mais trop sucré. Volcan Karisimbi et reflections sur la vieLe 16 février, ascension du Karisimbi (4507 m) qui a pris 8 h aller-retour. Temps couvert et humide. Les pieds douloureux, les genoux en feu à la descente, un accompagnant local qui parlait peu mais était solide. Vue au sommet : nuages gris et silence minéral. Aucun paysage grandiose, juste du brouillard et la sensation d'avoir poussé ses jambes jusqu'à leurs limites. C'était honnêtement fatigant sans récompense visuelle, mais j'ai compris que je n'oublierais pas l'effort. Deuxième trek gorilles le 17 février : famille Sabyinyo, moins de contacts visuels, mais piste plus courte (4 h).Visite du musée du génocide de Musanze le 18 février : très dur. Photos, témoignages, silence lourd. Entrée 10 000 RWF. J'ai pleuré.Marche à Gishwati-Mukura le 19 février pour voir les singes dorés : trop nuageux, peu de visibilité, mais forêt verte et mouillée, air frais qui remplissait les poumons.Repas au Lake Ruhondo Resort & Spa le 17 février (fruits de mer, très cher : 25 USD pour un filet de perche). Eau du lac à proximité mais je n'ai pas osé me baigner. Nuit au Virunga Hotel le 18 février : chambre plus confortable que la première, petit déjeuner correct (pain, œufs, café Rwandan passable). J'ai entendu des enfants crier dehors à 6 h du matin, sons de la vie quotidienne qui m'ont remise d'aplomb après le musée. Départ le 20 février en milieu d'après-midi. Minibus surchargé, trois arrêts inattendus pour laisser des passagers. Une femme avec un panier de poulets vivants a failli renverser mon sac. Retour à Kigali vers 19 h, épuisée, jambes molles. Le Rwanda n'a rien d'une destination de détente. C'est un pays qui vous confronte à vous-même et à l'histoire, où les paysages sont réels mais accidentés, où les rencontres animales existent mais pas garanties, et où le confort est basique.
Les bons plans repérés sur place.
Parc national des Volcans, trek des gorilles des montagnes : permit 1500 USD (cher mais obligatoire), 6 h de randonnée entre juin et juillet, groupes petits
Marché de Musanze le samedi matin : denrées locales, chaos organisé, odeur forte de charbon
Gorilla Forest Camp : lodge simple à 1500 m, vue sur la vallée, eau chaude aléatoire mais lit correct
Restaurant Stella, Musanze : matoke, sauce arachide, local, non touristique, 3500-4000 RWF par repas
Musée du génocide de Musanze : passage obligatoire, très lourd émotionnellement, 10 000 RWF
Photos — Musanze (région nord, Rwanda)
Et au final.
Les gorilles valaient le coup, même si l'ascension du Karisimbi m'a vidée sans grandes vues en retour. Le poids de l'histoire du génocide plane sur tout, ce qui rend la visite profonde mais pas légère. Je recommande pour ceux qui cherchent l'aventure physique et la réflexion, pas pour un repos luxueux.
