Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport Aimé Césaire le 14 février à 11 h, dégoulinants après 8 h de vol. La chaleur m'a frappé d'un coup sec : 28 °C à midi, humidité étouffante. Le taxi collectif jusqu'à Fort-de-France coûte 15 euros par personne, pas 20 comme le premier chauffeur l'a prétendu. On a tenu bon. On a posé les bagages à l'hôtel Batelière, rue de la Liberté, une petite structure décente (65 euros la nuit, ventilateur qui fait un bruit d'avion). La patronne, Mme Dorothée, nous a filé l'adresse du restaurant Le Fromager, deux rues plus bas. C'est là qu'on a mangé les premiers accras de morue, frits à l'huile de coco qui collait les mains. Le goût était poivré, presque brûlant en arrière-gorge. À 8 euros l'assiette. On en a repris deux fois. Les marches de Fort-de-France et le marché aux épicesLe matin du 15, levé à 5 h 30 pour éviter la foule. On est allé au marché aux legumes de la rue Antoine Siger, le cœur battant de la ville. L'odeur là est incroyable : mélange de fruits pourris, d'eau croupie, et de cannelle qui traîne partout. Les vendeurs crient les prix : bananes-figues à 1,50 euro le kilo, christophines à 2 euros. On a acheté de la papaye verte et du gingembre frais. Un vieux marchand nous a arnaqués sur le poids : il a « oublié » de retirer le sachet avant de peser. Ça a nous a coûté 3 euros de trop. On a protesté, il a souri sans rien rembourser. C'était frustrant. Le port de Fort-de-France s'ouvre en arrière-plan, avec ses bateaux de pêche jaunes et bleus. On a pris un café crème au bar Les Fleurs d'Hibiscus (4,50 euros), assis sur la terrasse côté baie. L'eau scintillait, épaisse de sédiments. Pas transparente comme sur les cartes postales, mais vivante quand même. Trois-Îlets et les distilleries de rhumLe 16, ferry depuis Fort-de-France vers Trois-Îlets. Durée : 20 minutes. Prix : 8 euros l'aller simple. Le bateau sent le gazole et le poisson salé. À l'arrivée, on a loué un scooter (25 euros/jour) auprès d'une agence sans nom clair, juste « Location Scooter » sur le devant. Le mec nous a demandé le permis, copie, puis il a dit « ça va » sans vérifier. On roulait, pas d'assurance, mais bon. La distillerie Rhum Clément s'étend sur 12 hectares à Sainte-Luce. Visite gratuite jusqu'à 15 h, puis 10 euros. On a croisé une visite guidée en français à 14 h 30. Le guide, Joseph, 62 ans, faisait ça depuis 35 ans. Il nous a montré les alambics en cuivre qui luisaient sous le soleil. L'odeur du rhum en fermentation remplissait les hangars : sucré, alcoolisé, presque agressif. On a goûté trois blancs différents à la fin. Le rhum agricole avait un goût de canne fraîche, le rhum vieux avait des notes de vanille. Une bouteille coûte 18 euros en vente directe. Plage de Anse-Mitan et incident avec les parasolsAnse-Mitan, plage de sable gris-blanc, tranquille le matin. On s'est installé vers 10 h. Les parasols privés coûtent 12 euros la journée. On a refusé, on s'est assis sous les cocotiers naturels. À midi, un type s'est pointé, prétendant qu'on était dans sa « zone réservée ». C'était du bluff. On a bougé quand même pour la paix. La mer était chaude, 26 °C, mais collante à cause du sel. Le sable crissait entre les orteils. On est restés 4 heures. C'était bon, malgré le soleil qui tuait. Restaurant sur la plage, Le Bambou Bleu : poisson grillé à 16 euros, frites ramollies, punch local à 5 euros. Le punch au rhum blanc et au sirop de canne vous réveille d'un coup. On en a pris deux, on regrettait après. Randonnée à la Montagne Pelée et panne sècheLe 18, on a tenté la Montagne Pelée. Départ depuis Morne-Rouge vers 6 h 30. Stationnement gratuit près de l'église. Sentier bien balisé, 2 h aller-retour jusqu'au cratère. C'était humide, glissant, les fougères nous fouettaient les jambes. Au sommet, à 1 397 mètres, pas de vue : nuages épais, pluie fine. On voyait à 20 mètres maximum. C'était déceptif après l'effort. On a croisé deux couples allemands, pas un chat d'autre. Au retour, le scooter a rendu l'âme à 5 km de Trois-Îlets. Panne sèche. On a appelé l'agence, le mec a dit « refill au village » sans aide. On a trouvé une pompe à essence à côté d'un petit épicerie-bar. On a rempli en 10 minutes, mais c'était maladroit : première fois de la journée qu'on se sentait abandonnés sur l'île. Derniers jours : Musée de la Pagerie et départLe 19, musée de la Pagerie à Trois-Îlets. Entrée : 7 euros. C'est là que Joséphine, épouse de Napoléon, a grandi. Les ruines de la maison de plantation sont préservées, des objets du 18e siècle. C'était intéressant mais on sentait que c'était une annexe touristique, pas un lieu vibrant. Pas d'ambiance particulière. Dernière nuit à Fort-de-France. On s'est attardés aux Madères, café-bar rue Blénac, pour un dernier rhum arrangé à la citronnelle. Les gens jouaient aux dominos bruyamment, on écoutait. C'était vrai, ça.
Les bons plans repérés sur place.
Marché aux légumes rue Antoine Siger, Fort-de-France : arrive tôt (5 h 30) pour ne pas te faire arnaquer sur les poids
Restaurant Le Fromager, rue de la Liberté : accras de morue à 8 euros, le vrai goût épicé
Distillerie Rhum Clément, Sainte-Luce : gratuit avant 15 h, tu goûtes les blancs directement aux alambics
Anse-Mitan, Trois-Îlets : plage grise mais calme, refuse les parasols privés (arnaque à 12 euros)
Sentier de la Montagne Pelée depuis Morne-Rouge : 2 h de rando, pas de vue au sommet mais vrai effort
Photos — Fort-de-France (Martinique)
Et au final.
Dix jours bien remplis. La Martinique c'est vivant, concret, pas parfait. Les arnaques, les pannes, les galères font partie de l'expérience. Franchement, on aurait aimé plus de plages transparentes et moins d'escroqueries au marché. Mais le rhum, la nourriture créole, et les gens qu'on a croisés, ça valait le coup.








