Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Djibouti-Ambouli un samedi matin vers 6 h 30, et déjà la chaleur nous a frappés : 38 degrés avant 7 heures. Le taxi blanc et bleu réglementaire du hall des arrivées nous a menés au centre-ville en 20 minutes, croisant des véhicules poussiéreux et des soldats en tenue de brousse. Nous avons posé nos affaires à l'Hôtel Djibouti Palace Kempinski, rue Gustave Douliot, un établissement haut de gamme mais le prix (environ 120 euros la nuit) a forcé notre portefeuille à crier grâce. La réceptionniste, Fatouma, parlait un excellent français et nous a tout de suite conseillé d'éviter le port autonome sans guide : le premier conseil vraiment utile d'un hôtelier. Plongée dans la vieille villeLe dimanche, nous nous sommes levés à 6 h 45 pour explorer la Vieille Ville avant la pleine chaleur. Les ruelles étroites autour de la Grande Mosquée (construite en 1906) résonnaient d'appels à la prière. L'odeur du café arabica fraîchement moulu s'échappait des petits cafés où les hommes jouaient au domino, accroupis sur des tabourets bleu ciel. Au Café Arta, près de la Place Menelik, un petit noir coûtait à peine 1 500 francs djiboutiens (environ 8 euros). Nous avons command des brioches feuilletées imbibées de miel : saveur douce et collante, rien à voir avec la pâtisserie parisienne. La première vraie galère : à 9 h 45, nous avons tenté de visiter le Musée national de Djibouti (boulevard de la République). Fermé le lundi, sauf que nous l'avons découvert en arrivant samedi. Horaires officiels affichés nulle part, aucune confirmation au téléphone. Nous avons perdu une heure. Le Golfe d'Aden et MouchaMercredi matin, nous avons réservé une sortie en bateau auprès de l'opérateur Djibouti Diving Center, situé à la Marina de Djibouti-Ville. Le patron, Hassan, demandait 45 euros par personne pour une demi-journée de plongée en apnée. Nous avons refusé et négocié une simple sortie à Îlot Moucha (30 euros chacun). Le trajet a duré 45 minutes en zodiac rapide. L'eau turquoise du Golfe d'Aden était salée au point que nous flottions sans effort. Les poissons-trompettes et les poissons-clowns croisaient entre les rochers volcaniques. Hassan nous a proposé un thé à la menthe très sucré en revenant : geste simple mais qui changeait tout après trois heures sous le soleil de midi (température ressentie : 42 degrés à la surface de l'eau). Lac Assal et le désert de TadjouraNotre journée la plus exigeante : jeudi, nous avons loué une voiture Toyota blanc cassé auprès de Dream Car Rental pour 65 euros la journée. Trajet vers le Lac Assal, le point le plus bas d'Afrique (155 mètres sous le niveau de la mer). Route bitumée jusqu'à Tadjourah, puis piste désertique. Nous avons fait halte au petit village de bédouins près du Lac pour un déjeuner improvisé : injera djiboutienne (pain levé spongieux) trempée dans un ragout de chameau aux épices fuertes. Coût total : 8 euros pour trois personnes, servi par une femme de la tribu Afar dans une cabane en bâches de plastique. L'eau du Lac était tellement dense que nous nous y sommes enfoncées à peine jusqu'à la poitrine, même en nageant. Cette bizarrerie physique, impossible à imaginer avant de la vivre, nous a fait rire comme des enfants pendant une demi-heure. Sur le retour, panne sèche du moteur à 45 km de la ville. Hassan, notre chauffeur (nous avions finalement opté pour un chauffeur inclus : 35 euros de plus), a contacté un dépanneur. Attente de deux heures en plein désert. Température : 44 degrés à l'ombre du véhicule. Nous avons bu toute notre eau et mâché des dattes sèches achetées la veille au Marché Central de Djibouti-Ville. Pas dramatique mais éprouvant. La corniche et le bord de merLes trois derniers jours, nous nous sommes installés à la Plage du Héron, à l'est du centre. Nous avons mangé au Restaurant La Voile blanche (façade bleu turquoise, impossible à rater) : poisson grillé à la sauce citron-coriandre pour 12 euros, accompagné d'une Castel fraîche (bière locale, 1 800 francs). Nous y sommes allés trois fois. Le propriétaire, Moussa, nous a présenté son neveu, vendeur de cartes postales, que nous avons évité avec tact. Dernier soir : dîner au Restaurant Coco Lodge en bord de mer, petite établissement de chaises en bois et de tables colorées. Un groupe de musiciens djiboutiens jouaient du rebab (instrument à cordes grinçantes) en arrière-plan. Sons rêches mais envoutants. Nous avons commandé du homard-grillé : 18 euros, taille modeste mais chair savoureuse. Logistique pratiqueVol international : Air France CDG-Djibouti, 520 euros par personne aller-retour, classe économique.Autobus urbains : très peu fiables, nous avons privilégié les taxis à la demande.Visa : gratuit pour les citoyens européens à l'arrivée.Devise : franc djiboutien (FDJ). Cours approximatif : 1 euro = 180 FDJ.
Les bons plans repérés sur place.
Îlot Moucha en zodiac avec Hassan (45 min depuis Marina de Djibouti-Ville, eau cristalline, départ à 7 h du matin pour éviter la canicule de midi)
Lac Assal au coucher de soleil (point le plus bas d'Afrique, sensation unique de flottaison, piste 4x4 à partir de Tadjourah)
Café Arta pour le petit-déjeuner traditionnel (Vieille Ville, près Place Menelik, café noir moulu à la main à 1 500 FDJ)
Restaurant La Voile blanche (Plage du Héron, poisson grillé sauce citron à 12 euros, ambiance simple et vraie, pas commerciale)
Grande Mosquée et ruelles de la Vieille Ville (appels à la prière à l'aube, odeur de café arabica, marché informel alentour)
Photos — Djibouti-Ville
Et au final.
Djibouti ne joue pas la carte du tourisme de masse : c'est un pays vrai, rugueux, mal organisé sur les détails mais authentiquement accueillant dès que vous franchissez la frontière des tours opérateurs. La chaleur extrême et l'isolement touristique rendent chaque moment plus pesant, mais aussi plus mémorable. Je n'y retournerais pas demain, mais je ne regrette pas d'y être allée.
