Comment ça s'est passé.
Arrivée à Dubrovnik sous la pluieNous avons atterri à l'aéroport de Dubrovnik à 14h35, un mardi gris de septembre. L'Airbus A320 de Lufthansa s'est posé avec un coup sec — j'ai eu l'impression que les roues ne touchaient pas bien le tarmac. À la sortie, l'air sentait le sel marin mélangé à l'essence de kérosène. Le transfert en minibus privé nous a coûté 250 kunas (33 euros), ce qui semblait normal selon le chauffeur Miroslav, qui parlait français avec un accent du sud très prononcé. L'hôtel Vis à Vis dans la vieille ville nous a reçus vers 17h. La chambre donnait sur une ruelle étroite où l'eau ruisselait encore des averses du matin. Première chose : la douche brûlante. L'eau était presque insoutenable, à peine supportable à 40°C. Les tuyaux grinçaient comme s'ils n'avaient pas servi depuis des mois. Les murs de la vieille ville, sans les touristesLe lendemain, levés à 6h15 pour échapper aux cars de tourisme. Nous avons marché sur les remparts de Dubrovnik dès 7h du matin. Le ciel était encore gris, le vent soufflait fort du nord. À cette heure, on croisait surtout des habitants qui faisaient leurs courses au marché Gundulićeva Poljana — des femmes avec des cabas en tissu, quelques vieux hommes qui buvaient du café serré dans des tasses minuscules. Un stand de poissons sentait fort, vraiment fort, l'iode et les entrailles. Le ticket pour les murs coûte 150 kunas (20 euros). On a choisi de commencer par le sud, vers le fort Revelin. Au bout d'une heure, une bande de touristes australiens nous a rattrapés — c'était notre signal pour descendre. Repas ordinaires mais savoureuxAu restaurant Noa à 12h30, nous avons commandé un risotto aux fruits de mer et un plat de poulpe grillé. Le serveur, Ante, avait 60 ans passés et nous a raconté qu'il travaillait là depuis 1998, qu'il avait fermé pendant la guerre. Le poulpe (hobotnica) était tendre, vraiment excellent, avec un goût légèrement iodé. Total : 380 kunas (50 euros) pour deux avec une bouteille de blanc de Dalmatia. Pas cher, pas de surprise. L'incident du bus pour SplitLe bus FlixBus de 9h30 pour Split s'est présenté 47 minutes en retard. Nous avions réservé deux places à l'avance (12 euros chacun). Le chauffeur ne parlait que le croate et le russe. Assis juste derrière lui, on entendait ses coups de klaxon furieux dans les bouchons autour de Zadar — deux heures de route qui en avait pris presque trois. Un passager à côté de nous s'est endormi et a laissé tomber sa tête sur l'épaule de sa voisine. Personne n'a bougé. C'était un moment étrange, où on se sentait vraiment loin du statut de touriste. À Split, la gare routière est près du port. Nous avons marché 20 minutes vers notre hôtel Hostel Split Backpackers, chambre privée, 85 euros la nuit. L'établissement était tenu par Katarina, une jeune femme de 28 ans qui avait travaillé en Suisse et qui parlait quatre langues. Elle nous a conseillé le café Luxor sur la Riva — c'était vraiment son repère. Le palais de Dioclétien sans apparatLe palais de Dioclétien, on y est allés le matin de bonne heure. C'est un site archéologique important, mais honnêtement, quand on l'explore par petites ruelles étroites, en passant devant des boutiques de souvenirs low-cost et des cafés touristiques, ça perd de son impact. Les murs sont beau, la structure est claire, mais ça ressemble à une ville dans une ville, un peu étouffant. Ticket : 100 kunas (13 euros). Un homme nous a arrêtés pour nous vendre des bracelets faits main — une tentative classique d'arnaque à 10 euros. Les îles sans smartphoneOn a pris un bateau pour l'île de Hvar, ferry Bol Nautical. Billets : 60 kunas par personne (8 euros). Le port de Stari Grad sentait la peinture fraîche — ils refaisaient la façade du bâtiment des douanes. On a passé trois heures en terrasse à Hvar town, restaurant Gariful. Salade d'endives, pain frit, vin blanc Hvar Prošek. Coût : 95 euros pour deux avec le service. Ce jour-là, j'ai laissé mon portable à l'hôtel. Curieusement, ça m'a libéré. Pas de photos Instagram-ready, pas de vérification compulsive des messages. Juste nous, les autres touristes qui écoutaient du Drake, et le bruit des vagues. Le retour, avec un goût amerAvant de partir, on s'est arrêtés au marché de Split. Des tomates orange vif, des piments, du fromage blanc, du miel en pot. Tout était frais. Une vieille dame vendait des herbes aromatiques que je n'ai pas identifiées. Le tout sentait intense, vivant. Retour en Lufthansa depuis Dubrovnik, départ 19h20. L'avion s'est rempli avec un bruit métallique caractéristique. On s'est endormis pendant le décollage.
Les bons plans repérés sur place.
Remparts de Dubrovnik avant 7h du matin, quand il y a surtout des habitants du coin avec leurs courses
Restaurant Noa à Dubrovnik pour le poulpe grillé frais, seule table sans clients étrangers à midi
Marché Gundulićeva Poljana de Dubrovnik le matin pour les fruits et fromages, pas pour les photos
Ferry Bol Nautical vers Hvar (60 kunas) pour voir les falaises calcaires depuis le bateau
Café Luxor sur la Riva à Split pour un expresso court et un verre d'eau à la croate, point de repère des locaux
Photos — Dubrovnik et côte dalmate
Photos — Dubrovnik et côte dalmate
Et au final.
La Croatie, c'est beau physiquement, mais touristiquement surexposée en haute saison. Les prix montent, les cars arrivent par flots, et beaucoup de petits restaurants vivent surtout de ça. Nos meilleures heures ont été les matins calmes et les trajets en bus où on n'était pas des touristes. À revenir, mais en mai ou en octobre.
