Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport de Dubrovnik un jeudi matin à 6h30, après un vol Ryanair depuis Lyon qui a eu 45 minutes de retard. La tension était palpable dans le bus 8 qui nous a menés en ville, surpeuplé de touristes somnolents. En descendant Placa (la rue principale), l'odeur de jasmin en fleur mêlée aux échappements des scooters nous a frappés immédiatement. Ce contraste entre le silence touristique du matin et le chaos qu'on sentirait venir nous a mis mal à l'aise. Nous avons logé à la Pension Guesthouse Bonta, une petite adresse rue Miho Pracat, tenue par une femme d'environ 70 ans qui parlait quatre langues. 85 euros la nuit pour une chambre double avec parquet branlant. Elle nous a conseillé d'éviter le restaurant Taj Mahal sur la Placa (« trop de touristes, pas bon »), et elle avait raison. Nous l'avons ignorée le premier soir et avons payé 28 euros pour des pâtes fades au Taj Mahal. Le lendemain, sur ses recommandations, nous avons mangé à Nuit Restaurant, caché dans une ruelle derrière les murs de la vieille ville. Les linguines aux langoustes (« lignje na buzaru ») coûtaient 22 euros et goûtaient réellement le sel de l'Adriatique. Ce moment-là, assis sous un auvent de vignes séchées avec le bruit des vagues en arrière-fond, a été le tournant. Les murs, le Game of Thrones, et la fouleOn ne peut pas visiter Dubrovnik sans emprunter le sentier des remparts. Nous avons commencé à 7h du matin pour éviter la foule et nous avions raison : à 9h, il y avait déjà 200 personnes. La chaleur était accablante (32 degrés), pas d'ombre, et nous avons bu trois petites bouteilles d'eau à 2 euros chacune auprès des vendeurs qui pullulent. Les Instagrammeurs prenaient des selfies sans fin devant la tour Minčeta. Honnêtement, après une heure, nous avons eu l'impression d'être du bétail en visite. Le soir, nous avons pris le ferry pour l'île d'Elaphiti avec la compagnie Jadrolinija (billet 60 kuna, environ 8 euros). Quarante minutes de trajet, et le vent salin qui vous cravache le visage alors que vous êtes assis à la proue. Nous avons dormi à Lopud, dans une chambre d'hôte chez Mara, qui faisait aussi restaurant. Elle servait une soupe de poisson maison le soir (« brujet », 12 euros) et du pain aux herbes encore chaud. La nuit était si calme que nous avons entendu les grenouilles des marais près de la baie. Split : gare, palais et galère administrativeLe ferry retour à Split s'est avéré être notre galère majeure. Nous avions raté le premier (notre faute, débordement de sommeil), et le guichet Jadrolinija refuse de rembourser, même partiellement. 60 kuna perdus. Arrivés à Split en fin d'après-midi, nous avons cherché pendant 30 minutes la gare routière « Autobusni Kolodvor », mal signalée, avant de trouver une chambre d'hôtel de secours. Hotel Split Backpackers, 45 euros pour deux, très basique mais propre. Le palais de Dioclétien, au cœur de Split, justifiait au moins une demi-journée. Nous avons zappé les visites guidées (40 euros par personne, trop cher) et nous nous sommes perdus volontairement dans ses galeries en pierre ocre. La cathédrale à l'intérieur, avec ses vitraux jaunes en fin d'après-midi, créait une ambiance chaude et presque intime. Nous avons pris un café au bar Luxor, face à la façade principale (2 euros, un vrai mauvais café local, mais sympa de l'atmosphère). Le marché Vjahrhundert (« Pazar »), en bas du palais, débordait de fruits de mer frais, de figues, de miel. Nous avons acheté deux portions d'huîtres (« kamenice », 15 euros les six) à un vendeur qui avait des mains énormes. Hvar et l'autre visageHvar, l'île chic, nous a surpris différemment. Moins foule qu'à Dubrovnik, plus d'Européens aisés que de touristes de masse. Nous avons loué un scooter (22 euros la journée) et exploré les petits villages de l'intérieur de l'île. À Stari Grad, un village viticole, nous avons bu un verre de plavac mali (vin rouge local, 3 euros) en terrasse face à la baie et écouté deux vieux hommes jouer de la guitare. Pas de wifi, pas d'anglais parlé, juste du silence et du soleil sur les vignes. Retour à Split, puis vol Ryanair pour Zagreb (25 euros, yay), où nous avons passé deux jours dans la capitale. La rue Tkalčićeva était bondée mais authentiquement croate, loin de la côte balnéaire. Musée Meštović très bon, 30 kuna (4 euros), petit et passionnant.
Les bons plans repérés sur place.
Restaurant Nuit, ruelle derrière Placa à Dubrovnik : linguines aux langoustes 22 euros, cadre sous vignes séchées.
Îles Elaphiti avec ferry Jadrolinija : soupe de poisson maison chez Mara à Lopud, 12 euros, calme absolu.
Palais de Dioclétien à Split : entrée libre, cathédrale jaune en fin d'après-midi, merveilleux de détails en pierre.
Village de Stari Grad à Hvar : plavac mali local 3 euros en terrasse, guitaristes gratuits, pas de tourisme industriel.
Marché du Pazar à Split : huîtres fraîches 15 euros les six, miel artisanal, vendeurs sans arnaque.
Et au final.
Nous repartons avec un sentiment mitigé. La côte dalmate est belle, oui, mais saturée de tourisme de masse qui en érode le charme dès juillet-août. Ce que nous avons aimé vraiment ? Les moments en dehors des sentiers : les petits restaurants tenus par des locaux, les îles moins connues, les couchers de soleil sur l'Adriatique sans 500 photographes autour. Le coût aussi grimpe vite (nourriture, transports). Nous recommandons, mais en mai ou septembre, jamais en plein été.