Comment ça s'est passé.
Octobre 2019. On a réservé les billets d'avion trois mois avant, vol Lufthansa via Munich, départ 6 h 15 de Lyon-Saint-Exupéry. À l'aéroport de Split, la dame du bureau de change nous a proposé un cours de la dinar clairement au-dessous du taux officiel : on a refusé, gagné environ 15 % en allant au distributeur près du Konzum du centre-ville. Première nuit dans le vieux port de Split, à l'hôtel Marjan, une petite pension tenue par une femme âgée qui nous a fait goûter d'office un rakija de prune à 14 heures. L'odeur de l'alcool blanc mélangée au bouquet sec du fruit coincé dans le verre m'a saisi à la gorge. Chambre 204, fenêtre sur les toits de tuiles rouges, bruits de mobylettes jusqu'à minuit environ. Split : les ruines du palais et la réalité touristiqueOn avait lu que le palais de Dioclétien était une merveille archéologique. C'est vrai. Mais on l'a découvert encombré de petits vendeurs de souvenirs en plastique et de groupes de touristes avec des casques audio. On a payé 80 kunas (11 euros) pour entrer dans les catacombes, finalement peu spectaculaires. Le vrai moment marquant : s'être perdu volontairement dans les rues latérales à 7 h du matin, avant l'afflux. Une boulangerie locale, Pekara Marko, où on a acheté des pogača au fromage blanc, miel et noix pour 12 kunas pièce. Le goût salé du fromage de chèvre local, la chaleur du pain à peine sorti du four. Ça, ça n'était pas prévisible. Bus n° 7 depuis la gare de Split jusqu'à la plage de Bačvice : 4 kunas par personne, 15 minutes. L'eau en octobre était froide mais transparent, on y a pataugé quand même. Les jeunes du coin jouaient au picigin, ce jeu local où on se lance une balle très petite en nageant. La route vers Dubrovnik : galère de transportOn a pris le bus 30 de Globtour à 14 h 45 pour Dubrovnik. Théoriquement 3 h 45 de trajet. Le chauffeur a pris une pause de 20 minutes dans un kafé routier sans vraiment l'annoncer. Température dehors : 24 degrés, soleil brûlant, climatisation du bus en panne. On a dû attendre 45 minutes au total. Un couple allemand s'est agacé, on s'en est moins dit. À l'arrivée à 20 h 30, on a cherché notre auberge Villa Ragusa pendant 25 minutes en traînant les valises dans les ruelles pavées du vieux Dubrovnik. Dubrovnik : les murailles et l'arnaque touristiqueLes murailles : 200 kunas pour la visite complète (27 euros). Deux heures de marche, juillet n'était pas la bonne période pour y aller selon la proprio de l'auberge. Octobre, c'est mieux. Les vues sur la mer Adriatique valaient vraiment le coup. Trois restaurants face à face sur la place de la cathédrale, avec des prix affichés avant : une salade mixte à 70 kunas (9,50 euros), un poisson grillé à 180 kunas (24 euros). On a mangé dans Gradska Kafica, où le serveur nous a facturé 4 bières à 45 kunas chacune au lieu des 30 affichés. On a protesté, il a accepté de revoir la note, mais l'ambiance était gâchée. Marché de Gundulićeva Poljana en fin de matinée : odeurs denses de citrons, de tomates, de coriandre. Producteurs directs vendaient des fruits du cru. On a acheté un kilo d'abricots pour 20 kunas. Une femme nous a montré comment les choisir en serrant doucement dans la paume : elle parlait un français approximatif, elle avait habité Bordeaux dix ans. Méharici Island (excursion à la journée)On a pris un bateau privé depuis le port. 350 kunas par personne (47 euros), départ 8 h du matin, retour 16 h. L'eau était limpide, on a nagé au-dessus de petits poissons. Pique-nique fourni : pain, fromage blanc, raisins. Moment vraiment suspendu. Aucune construction, pas d'électricité. Dernier soir à Dubrovnik : on a dîné dans une petite taverne, Konoba Kod PIZZA, cachée derrière la porte ouest de la vieille ville. Le ragù local, le pašticada, servi avec des gnocchis, était savoureux, riche, un peu lourd. Vin blanc local, Postup, à 35 kunas le verre. On s'était enfin arrêtés de zoomer sur les monuments.
Les bons plans repérés sur place.
Pogača au fromage blanc et miel à la Pekara Marko de Split, avant 8 h du matin
Murailles de Dubrovnik au coucher de soleil, entrée par la Porte Pile
Îles côtières en bateau privé (Meharis ou Lopud) depuis Dubrovnik, eau transparente
Marché de Gundulićeva Poljana à Dubrovnik, produits frais des agriculteurs locaux
Pašticada ragù à Konoba Kod PIZZA, vin blanc Postup régional
Photos — Dubrovnik et Split
Et au final.
Dix jours intenses, un pays en transition (on voyait encore les stigmates des années 1990), des gens accueillants mais pas naïfs face aux touristes. Les routes de montagne entre Split et Dubrovnik auraient mérité une journée complète au lieu de juste la traverser. Les prix ont commencé à monter vers le haut de gamme, pas comparable à la Serbie.
