Comment ça s'est passé.
Jour 1-2 : Arrivée à Tana, choc immédiatLe vol Air Austral AR 627 atterrit à 14h30 à l'aéroport d'Ivato. On descend de l'avion avec 28 degrés ressentis et une humidité qui colle instantanément aux vêtements. La douane ? Deux heures. Pas de climatisation. On transpire à grosses gouttes tandis qu'un douanier vérifie chaque page de nos passeports avec une lenteur digne d'un rituel. Notre hôtel, le Sakamanga Hotel situé rue Andohalo en plein centre d'Antananarivo, nous attend. La chambre coûte 65 euros la nuit. Le patron, un Français de 50 ans installé depuis 20 ans, nous explique comment naviguer la ville. Il pue la cigarette locale, le Taboo, qui traîne partout dans les rues. Nous descendons à pied vers le marché Analakely. C'est un cauchemar organisé : 500 vendeurs de fruits, de vêtements, de téléphones reconditionnés pressés les uns contre les autres. L'odeur de poisson fumé mélangée aux gaz d'échappement des motos-taxi nous fait mal à la tête. Un enfant nous tire par la manche pour qu'on achète ses bracelets. Sa mère lui crie après. On finit par acheter deux bracelets à 2000 Ar (0,50 euro) juste pour qu'il nous laisse tranquilles. Jour 3 : Antsirabe et la galère des routes nationalesOn prend un taxi-brousse (minibus surchargé) le matin à 6h au terminal Gare routière d'Ampasapala. Trois heures supposées pour faire les 170 km jusqu'à Antsirabe. Ça en prend cinq. Le chauffeur s'arrête tous les 30 km pour chercher des passagers supplémentaires. À un moment, il y a 18 personnes pour 12 sièges. Une femme avec un poulet vivant à côté de ma tête. L'odeur est... pas oubliable. On s'arrête à Ambatolampy : pause de 45 minutes au café Maison Mirana pour un café et des beignets à la banane. Le café coûte 1500 Ar, les beignets 2000 Ar. Antsirabe nous déçoit un peu. La ville est étendue, poussiéreuse. On dort à la Guest House Relais du Rova, à 50 euros la nuit. Moins pire que prévu. On mange au restaurant Chez Manu : riz, poulet sauce cacahuète, haricots. Plat à 8 euros. Correct mais sans excitation particulière. Jour 4-7 : Nosy Be, l'île où le temps ralentit (trop lentement)Vol Air Madagascar via Mahajanga : un cauchemar administratif. L'avion a deux heures de retard. On arrive à Nosy Be à 17h au lieu de 15h. L'aéroport est minuscule, pas climatisé, une vraie fournaise. Température ressentie : 36 degrés, taux d'humidité à 85 %. On prend une chambre à l'Andilana Beach Resort, plage de Andilana au nord de l'île. 80 euros la nuit, vue sur l'océan, eau turquoise devant nos yeux. Mais l'électricité saute quotidiennement à 22h pendant deux heures. Le matin, on se baigne à 5h30 avant la chaleur insoutenable. L'eau est à 28 degrés, c'est délicieux. On loue un 4x4 avec chauffeur, Toto, 50 ans, qui parle français avec l'accent de Marseille. Il nous emmène à la réserve marine d'Antanamibe : sorties en bateau, observation des tortues marines, snorkeling. Le coucher de soleil depuis les Îles de la Baie d'Antsiranana rouge sang sur l'eau. Pas de poésie inutile : c'était juste beau, point. La nuit, nous allons manger au restaurant Le Bougainvillée, sur la plage. Crevettes grillées, riz blanc, sauce tomate-oignon. 15 euros pour deux, avec bière locale Three Horses à 2 euros la bouteille. Le serveur nous amène les crevettes crues d'abord, on doit renvoyer. Malentendu culturel typique. Après correction, c'était excellent. Jour 8-9 : Balade à Hell-Ville et déception relativeLa capitale de Nosy Be s'appelle Hell-Ville. Oui, vraiment. C'est un petit bourg côtier avec des cases colorées, des rues étroites, des poules partout. Le marché central vend du poisson frais à la criée le matin. On achète du thon : 1000 Ar le kilo. On cuisine à la guesthouse avec une hotesse. Moment sympa mais rarement magique. On flâne au port. Des pirogues à voile bleue, des cargos à l'ancre, l'odeur salée et pourrie du linge séché au soleil sur les bateaux. Un enfant nous propose une « visite privée » de son village. On accepte. C'est surtout un village touristique où tous les enfants vendent des trucs. On donne des bonbons, les autres enfants débarquent de nulle part. Pas confortable. Jour 10-13 : Route côtière vers Diego-SuarezTrajet en minibus : Nosy Be à Diego-Suarez, environ 5 heures de route cahoteuse via la RN5. On arrive fourbus à 17h. Nous logeons à l'Hotel Allamanda, 55 euros, belle vue sur la baie. Diner au Restaurant du Lagon : zébu grillé (viande locale), riz, salade. Diego est une vraie ville côtière : animée, vivante, moins poussiéreuse que Tana. Les gens ici parlent moins français, plus malgache. On visite les Trois Baies en bateau à moteur : paysages rocheux surprenants, l'eau cristalline en contraste total avec la laideur des routes. Dernier jour : retour à Antananarivo. Le vol arrive à 14h. Taxi vers l'aéroport international. On repart le lendemain matin par Air France.
Les bons plans repérés sur place.
Plage de Andilana (Nosy Be) : eau turquoise, lever de soleil à 5h30, snorkeling jusqu'à épuisement
Marché Analakely à Tana : chaos organisé, odeurs fortes, fruits exotiques à prix locaux authentiques
Restaurant du Lagon à Diego-Suarez : zébu grillé à 12 euros, vue sur la baie
Trajet en taxi-brousse Tana-Antsirabe : expérience locale complète avec animaux vivants inclus
Îles de la Baie d'Antsiranana : coucher de soleil rouge, tortues marines, absence de touristes occidentaux
Photos — Antananarivo et Nosy Be
Et au final.
Madagascar nous a surpris : c'est un pays de contrastes où les paysages compensent rarement les galères logistiques. Les routes sont un cauchemar, les gens sympathiques mais le tourisme commence à générer de la fatigue chez les habitants. J'ai adoré Nosy Be et la côte Nord, mais Antananarivo et les trajets intérieurs m'ont usée. À refaire, j'irais directement aux îles.


