Comment ça s'est passé.
Levé à 5h30 à l'hôtel Es-Safir pour voir le port d'Alger s'illuminer. La baie était grise, les mouettes criaient très fort. J'ai traîné au café du rez-de-chaussée, commande un café crème et un croissant: 250 dinars. Le serveur m'a expliqué que le croissant n'était pas français, mais algérien, plus beurré. Il avait raison. Premier jour chaotique. Je suis allé à la gare routière de Tafourah pour acheter un billet pour Oran chez le transporteur Sétatour. Les files d'attente étaient monstrueuses, climatisation cassée, femmes qui m'écrasaient le pied en montant dans le bus. Deux heures de retard. Pendant ce temps, j'ai mangé une hrira à un petit resto sans nom rue Bébert-Azis: 150 dinars, très salée, mais ça restait chaud. Alger, première impression: très bruyant, très serréLes rues de la Casbah sentent la friture, l'humidité et les gaz d'échappement. Je suis passé par la rue Larbi-Ben-M'hidi pour atteindre le marché Sidi-Abdelmoumen, où j'ai vu des femmes vendre des fruits en vrac posés sur des cartons. Prunes à 100 dinars le kilo, vraiment bonnes. J'ai aussi visité la Grande Mosquée, fermée aux touristes sauf certaines heures. J'ai loupé le créneau. L'hôtel Es-Safir est correct mais vieillot, petite chambre, salle de bains étroite, eau chaude aléatoire. Prix: 4500 dinars la nuit. Je m'attendais pire. Le petit-déj était vraiment minimal: pain de mie, confiture, œufs, café. Route vers Tlemcen: trois heures de bousculade routièreBus bondé jusqu'à Sidi-Bel-Abbès, puis changement à l'arrêt routier près de la mosquée Tidjania. Vendeur ambulant m'a proposé des sandwiches merguez à 200 dinars. La merguez était grasse, les oignons crus croquaient. J'ai trouvé un car Ouest-Tour jusqu'à Tlemcen. Trajet cahoteux. Le conducteur dépassait tout le monde, pas de ceintures, j'ai eu peur. Arrivée à Tlemcen en fin d'après-midi. Ville beaucoup plus calme. J'ai dormi à la pension Zaouia, petite maison traditionnelle du XVIIIe siècle convertie en gîte. Patron sympathique, m'a montré les zellige dans la cour. 3200 dinars la nuit. Douche froide le premier jour: réservoir vide à cause de sécheresse. Très mauvaise expérience le soir, j'ai dû me laver au broc avec de l'eau froide. Tlemcen: mosquées, marabouts et souvenirs de la MéditerranéeJ'ai passé trois jours à traîner dans les ruelles. La mosquée Sidi-Bou-Médiene était fermée pour restauration. Le gardien m'a quand même laissé voir le patio depuis la porte: carreaux bleus délavés, arches de pierre blanche. Très peu de touristes. J'ai mangé du couscous mercredi midi à la gargote du vieux souk: 300 dinars, portion énorme, sauce à la viande de chèvre un peu dure, mais le goût était là. Un moment marquant: j'ai croisé un groupe de lycéennes qui m'ont demandé de prendre des photos avec elles près de la zaouia de Sidi-Belhalwi. Pas de malaise, elles riaient beaucoup, posaient dans leur uniforme. Elles m'ont offert du chewing-gum. C'était bizarre mais gentil. Les ruelles puent la poubelle par endroits. Assainissement défaillant. Mais aussi l'odeur des hammams, chaude et humide, mélange de vapeur et de savon noir. Retour à Alger: musée et dernière viréeRetour en bus après trois jours. Visite rapide du musée Bardo, entrée 300 dinars. Collections importantes d'art islamique, mosaïques romaines. Manque de climatisation, j'étouffais. Beaucoup de classe scolaires algériennes, les enfants un peu turbulents. Dernier dîner rue Didouche-Mourad: restaurant Sidi-Fredj. Tajine de poulet aux citrons confits, 850 dinars. Bon mais portions réduites. J'ai aussi goûté la limonade locale, très sucrée, très bonne. Serveur m'a fait payer des prix différents à la fin. J'ai recalculé: il voulait 200 dinars supplémentaires. Léger agacement, j'ai refusé, il a accepté sans chichi. Les trois derniers jours à Alger ont été surtout administratifs: renouvellement de mon visa, perte de temps à la préfecture, files infinies. Moment vraiment frustrant.
Les bons plans repérés sur place.
Casbah d'Alger: ruelles étroites, marché Sidi-Abdelmoumen avec fruits frais, ambiance serrée mais vivante
Pension Zaouia à Tlemcen: petit ryad avec zellige bleu, patron qui prépare le thé à la menthe
Route Sidi-Bel-Abbès vers Tlemcen: sandwich merguez à 200 dinars au point de changement, conducteur fou
Mosquée Sidi-Bou-Médiene: fermée mais visible depuis porte, carreaux bleus, très peu de touristes
Musée Bardo: mosaïques romaines, gratuit pour résidents, très fréquenté par écoles locales
Photos — Alger et Tlemcen
Et au final.
Algérie palpitante mais épuisante. Pas de fausses promesses: transport chaotique, services touristiques basiques, mais prix très bas et rencontres authentiques. Tlemcen m'a plus plu qu'Alger, moins de stress. Je reviendrais pour l'intérieur, les montagnes de Kabylie.

