Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Oran un mercredi matin à 7h30, et l'air chaud nous a frappés dès la descente de l'avion Air Algérie. La douane était rapide, contrairement à ce qu'on redoutait. L'hôtel Safir, situé boulevard Emir Abdelkader face à la baie, sentait l'humidité et le jasmin. Vue sur le port de pêche. Les propriétaires, Farid et sa femme, nous ont accueillis avec du café très fort et des gâteaux à l'amande qui collaient aux doigts. Les premières galères et les découvertes du centre-ville Le premier jour, nous avons voulu prendre le bus ligne 1 qui passe par la rue de Mascara. L'arrêt officiel n'était pas clairement indiqué. Une femme âgée nous a expliqué qu'il fallait se placer directement sur la chaussée et faire signe. Bus orange très vieux, très chaud. Une femme a éternué directement sur mon épaule sans excuser. Les habitants sont montés à six sur des sièges pour quatre. Pas désagréable vraiment, juste viscéral. Tarif : 25 dinars (0,20 euros). Nous avons découvert le Marché Senia en fin d'après-midi. Les vendeurs de fruits de mer criaient leurs prix. Un étal proposait des crevettes à 1 200 dinars le kilo, des poulpes frais étalés sur la glace qui fondait rapidement. L'odeur était mélange de sel iodé et de poisson un peu trop exposé au soleil. J'ai acheté une barquette de poulpe cuit chez une femme qui le préparait sur place, poêle en fonte noire chaude à côté de bouteilles de gaz. Coût : 400 dinars. C'était tendre, un peu poivré. Un moment marquant : un enfant d'environ sept ans m'a vendu trois citrons jaunes très acides pour « aider sa maman ». Nous les avons pris gratuitement au final. Excursion vers les Ksour du Sersou Nous avons loué une voiture Renault Clio 2015 auprès de « Étoile Location » (adresse : 23 rue du 1er Novembre). Le gars nous a gonflé le prix à 2 800 dinars par jour au lieu des 2 500 promis en ligne. Nous avons négocié. Réduction de 200 dinars acceptée sans joie. Nous avons roulé trois heures vers le sud, vers le plateau du Sersou. Route nationale n°1 assez bien entretenue, puis des pistes vers Tiaret. Le village de Sersou lui-même est petit. Nous avons mangé un midi au « Café du Touriste » (c'était son vrai nom). Ici, le propriétaire, Omar, avait posé des assiettes de corail et de petites statues de chameau sur des étagères. Très touristique, mais confortable. Nous avons commandé une chorba frik (soupe d'orge verte) à 300 dinars et du pain demi-blanc qui sortait du four. La chorba était salée à pleurer, presque imbuvable. Omar nous a apporté un verre d'eau sans nous le demander. Geste gentil qui ne compensait pas vraiment. Nous avons dormi une nuit à Tiaret, à l'hôtel Rozina (route de Tlemcen), une petite maison familiale avec quatre chambres. Carrelage bleu des années 1980, climatiseur qui faisait un bruit de moteur d'avion. La propriétaire, Fatima, nous a préparé le dîner vers 19h30 : merguez grillées, pois chiches en sauce, salade de tomates crues. Le goût sucré des pois chiches bien cuits, très différent de ce qu'on fait en France. Coût : 450 dinars par personne, repas inclus. Retour à Oran : côte et plages Nous avons passé deux jours à Oran même, à visiter la ville en vrai touriste. Plage de Ain El Turck à l'est. Eau très froide même en juillet (18°C peut-être). Petit snack-bar « Chez Mustafa » directement sur le sable, avec parasols en plastique blanc défraîchi. Grillade de poisson blanc avec citron, 600 dinars. Excellent. Une adolescente vendait du corail travaillé (petit collier) pour 500 dinars. Nous avons refusé poliment. Elle est revenue deux fois, puis a accepté notre refus sans agressivité. Le fort de la Kasbah, accessible par une rue montante depuis la place du 1er Novembre, offrait une vue sur le port. Entrée : 100 dinars. Petite forteresse du XVIIe siècle. Murs crème, portes turquoise. Pas de vraie muséographie. Trois touristes allemands à l'intérieur, silence pesant. Détails pratiques et sentiments du retour Les gens parlent français de manière inégale. Les plus jeunes, souvent bien. Les commerçants tous bilingues. Avec les femmes âgées, quelques malentendus. Nous avons pris un taxi pour aller à l'aéroport (21 km). Le chauffeur réclamait 2 500 dinars, nous avons proposé 1 800. Il a accepté 2 000. Trajet duré 45 minutes. Circulation dense, klaxons constants. L'aéroport est moderne, contrairement à ce qu'on imaginait. Queue à l'enregistrement d'une heure malgré un seul comptoir ouvert.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Senia : étals de poulpe frais le matin, odeur de mer omniprésente, poulpe cuit sur place à 400 dinars
Café du Touriste à Sersou : murs orangés, vue sur les collines arides, merguez grillées correctes malgré la chorba trop salée
Plage d'Ain El Turck : snack Chez Mustafa, poisson blanc grillé à 600 dinars, eau froide mais eau claire
Fort de la Kasbah depuis le centre-ville : petite forteresse tranquille, porte turquoise, entrée 100 dinars
Bus ligne 1 d'Oran : expérience locale authentique, trajet de 30 minutes pour 25 dinars, arrêt non signalé à la rue de Mascara
Photos — Oran
Et au final.
Oran nous a surpris : moins tourisée que Alger, avec une vraie vie de port. Les gens sont directs, pas toujours souriants, parfois bavards sans filtrer. Les prix sont bas, mais l'eau chaude fait défaut dans certaines guest houses, et les routes secondaires ne sont pas fameuses. Nous repartirions, mais avec des attentes moins élevées.








