Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Julius Nyerere de Dar es-Salaam un jeudi matin, 6h45. La chaleur m'écrase avant même de franchir la porte de l'avion. 32°C, humidité collante. Le visa à l'arrivée a coûté 50 USD — pas d'arnaque là, c'est le tarif officiel, mais faut avoir la monnaie exacte, les agents font les difficiles. J'ai réservé au New Africa Hotel, un trois-étoiles colonialiste rue de Dar Harbor. 85 euros la nuit avec petit-déj. La chambre sentait le renfermé, les clims font un bruit de moteur qui vrille. Premier soir, j'ai marché jusqu'au marché de Kariakoo vers 18h. Odeur de poisson séché et de charbon de bois mélangée — pénétrante, un peu écœurante après douze heures de vol. Les vendeuses crient pour attirer les clients, ça explose les tympans. J'ai acheté des mangues épéchées à 2000 TZS (0,80€). Goût sucré et fibreux, plutôt bon. Le vendredi, j'ai pris un dala-dala (minibus blanc jaune numéro 47) pour rejoindre le port. Trajet de 40 minutes, 1500 TZS par personne. Arrêts imprévisibles, le chauffeur dépose des gens au hasard. J'ai dû crier « Karibu! » quand j'arrivais près du port — c'était ça ou descendre un kilomètre plus loin. Galère classique. Zanzibar : la déception relativeTraversée en hydrofoil avec la compagnie Azam Marine, 18 euros l'aller. Bateau à 9h, arrivée 11h30. Les images que j'avais vues en ligne montraient des eaux turquoise — en réalité, brun-gris ce jour-là. Pas une arnaque, juste la mousson qui affecte la visibilité. À Zanzibar Town, j'ai logé au Tembo House Hotel dans la vieille médina (« Stone Town »), 70 euros. Escaliers étroits, bruit des muezzins à 5h du matin (appel à la prière depuis la mosquée Al-Angozi, à cent mètres). Après trois jours, j'avais pris l'habitude. Samedi matin, levé à 5h pour le lever de soleil. Me suis rendu à Nungwi Beach au nord — taxi-brousse pour 10 euros, deux heures depuis Stone Town. Plage pas folle. Du sable gris et des filets de pêcheurs traînant partout. Les plages « paradisiaques » de Zanzibar, c'est surtout pour les photos Instagram. J'ai mangé un urojo (street food locale, bouillon de tripes) à 3000 TZS auprès d'une vendeuse près de la plage. Goût très relevé, un peu trop salé à mon avis. Ai demandé où était passé le paradis tropical — la vendeuse a ri et m'a dit que les vrais spots, c'était pour ceux avec plus d'argent. Lundi, excursion à l'île de Pemba avec un guide nommé Juma (trouvé via mon hôtel). Plongée à 60 euros, bouteille incluse. Récif vivant, beaux coraux, des requins-épée au loin mais pas de danger apparent. Juma racontait qu'il faisait ça depuis 20 ans. On a accosté à Wete Harbor vers 14h. J'ai mangé du poisson grillé et du riz aux fruits de mer au restaurant La Casa del Mar : 25 euros. Poisson pas frais — on sentait qu'il traînait depuis deux jours. Retour à Dar, questionnementsJeudi matin, retour à Dar par le même hydrofoil (Azam Marine, à l'heure celle-là). J'avais gardé deux jours pour la ville. Visite du Fort arabé (Ngome ya Dar), entrée 5000 TZS. Murs érodés, structure datant du 18e siècle. Guide off-book qui m'a accosté, 10 euros pour deux heures — c'était pertinent mais pas génial. Village Museum vendredi, 10 euros. Reconstitution de huttes de différentes régions tanzaniennes. Folklorique, utile pour les enfants. Dernier repas au Jahazi Café (bord de mer, atmosphère correcte, pas cher). Chai ya Tanzania et mandazi : 5000 TZS total. Vraiment bon, sucré, simple. M'a rappelé que même dans les endroits touristiques, la street-food reste le meilleur deal. Bilan : la Tanzanie, c'est pas la destination rêvée. Dar es-Salaam est bruyante, chaotique, les routes sont chaotiques. Zanzibar a perdu de son charme (trop commercialisée, bateaux de croisière quotidiens). Mais les gens sont accueillants même si on te vend des tours à la pelle, la nourriture locale est honnête quand tu vas pas aux resto pour touristes, et la biodiversité (récifs, faune) existe vraiment. C'est pas un coup marketing.
Les bons plans repérés sur place.
Kariakoo Market (Dar es-Salaam) : vrai marché local, pas piégé si tu négoties en TZS
New Africa Hotel (Dar) : petit-déj avec vue sur le port, WiFi fiable, personnel parle anglais
Nungwi Beach (Zanzibar) : surpromise, mais les restaurants côtiers valent le coup à midi
Wete Harbor (Pemba) : point de départ des vraies plongées, moins touristico que Zanzibar Town
Fort arabe (Dar) : 5000 TZS, visite rapide (30 min seul), histoire présente mais écriteaux manquants
Photos — Dar es-Salaam / Zanzibar
Et au final.
Pas regretté le voyage, mais c'était moins spectaculaire qu'attendu. Les tarifs affichés pour les touristes sont gonflés de 30% systématiquement. J'aurais préféré passer plus de temps en safari (Serengeti) au lieu de miser sur Zanzibar — ça aurait peut-être changé mon ressenti.
