Comment ça s'est passé.
Arrivée à 14 h 30 à l'aéroport de Kraków-Balice après un vol Ryanair depuis Marseille. Taxi jusqu'à l'hôtel Pugetów, petit trois-étoiles rue Śpitalna, à deux pâtés de la place du Marché. La chambre sent l'humidité et le savon de cuisine bon marché, fenêtre qui donne sur une cour étroite. Pas grave, je suis venu pour la ville. Premières heures perdues à déambuler dans la Stare Miasto (vieille ville). La Grand-Place, Rynek Główny, mesure 200 mètres de côté, c'est immense. J'ai compté les arcades : au moins 40. Les façades ocre et rose bonbon sont repeintes, c'est visible. Mais c'est ça qui est étrange ici. Tout a l'air neuf sur les décors de cartes postales, alors que juste derrière, les bâtiments s'écaillent. Cette dualité m'a frappé dès le deuxième jour. Nourriture et premières galèresPremier soir au restaurant Grażyna, place du Marché : bigos (ragoût de chou et viande) pour 35 PLN (8 euros), vodka Żubrówka à 12 PLN le verre. Le bigos a un goût de feu de bois et de vinaigre blanc, c'est puissant. Les serveurs parlent anglais, mais lentement. Attente d'une heure pour avoir les entrées, plein de touristes. Moment marquant : à 21 h, je me suis retrouvé seul dans ma chambre sans eau chaude. L'hôtelier, une femme âgée qui parlait seulement polonais, m'a répondu par gestes. Finalement une bouilloire sur le lit pour se laver. Rien de grave, mais ça m'a rappelé que c'était pas Valence. Le troisième jour, bus 1 depuis la place du Marché jusqu'à Kazimierz, le quartier juif. Ancienne synagogue Remuh, maintenant musée, entrée 20 PLN. Guide en anglais passable. Les murs sont bas, l'air est froid et sec, odeur de pierre et de naphtaline. Une jeune fille me demande si je parle français, elle essaie de vendre des copies de tableaux de Chagall. Je refuse, elle insiste deux minutes. Arnaque soft, mais arnaque. Auschwitz-Birkenau : le poidsJour 5, j'ai pris le train Intercity depuis la gare Kraków Główny à 7 h 15 pour Oświęcim (45 minutes). Site d'Auschwitz à 15 minutes en bus municipal numéro 3. Tour guidée de trois heures, groupe de 25 personnes. Guide polonais qui parle d'une voix plate. Les baraques sont restées vraiment baraques : bois gris, fenêtres sans vitre, lits en ciment. La température était 8 degrés, j'ai du mal à imaginer l'hiver. Ce n'est pas un moment « inoubliable » au sens marketing : c'est juste lourd. J'aurais voulu rester seul plus longtemps, mais le timing du groupe ne permet pas. Déjeuner après au café près de la gare : sandwiche poulet-tomate, 18 PLN. Reparti vers Kraków à 14 h 30. Vie quotidienne, découvertes mineuresMarché Sukiennice au cœur de la Stare Miasto : viande, fruits, textiles. Femmes qui vendent des haricots secs en vrac, des oignons rosés. J'ai acheté de la confiture de myrtille (25 PLN le pot) juste parce que ça sentait bon. C'était acide et sucré, parfait avec le pain blanc des boulangeries locales. Café Philo rue Floriańska, espresso 8 PLN, latte 12 PLN. J'y suis resté deux matins de suite, tableau noir avec les poèmes du jour, ambiance bohème sans forcer. Les gens lisent vraiment, pas juste Instagram. Wawel, le château royal : 65 PLN l'entrée (17 euros). Les appartements royaux sont vides, beaucoup de peintures religieuses du 16e siècle. La Salle des Députés a un plafond en caissons en noyer, c'est joli mais répétitif. Musée qui fatigue les jambes. Vistule et environsLe fleuve Vistule coule au pied de Wawel. Petite promenade le long de la rive à 17 h un jour gris. L'eau est gris-vert, l'air sent le béton humide et un peu les algues. Les Polonais qui passaient à vélo ne regardaient personne. Pas d'ambiance romantique, juste des gens qui rentraient chez eux. Dernier jour, marché secondaire à Podgórze, de l'autre côté de la Vistule. Bus 3 ou 8, je ne sais plus. Moins touristique. Voir des vraies mères qui achètent du chou, des femmes âgées qui critiquent le prix des carottes. C'est plus humain que le centre-ville. DépartVol retour de Balice à 13 h. Le bus pour l'aéroport (ligne 208) arrive à l'heure. Dernier point : les toilettes polonaises, celles avec le rinçage fort, ça m'a surpris chaque fois.
Les bons plans repérés sur place.
Rynek Główny (place du Marché) : s'asseoir à la terrasse de Grażyna à 18 h, quand la lumière baisse et que les groupes de touristes diminuent
Gare Kraków Główny : architecture austro-hongroise, point de départ pour tous les trains régionaux, très fonctionnel
Kazimierz, synagogue Remuh : visiter tôt le matin avant 10 h pour éviter les files
Auschwitz-Birkenau : réserver un guide francophone en ligne (plus d'empathie), se lever avant 7 h
Marché Sukiennice pour les produits locaux et la confiture maison, négocier les prix sans agressivité
Photos — Cracovie (Kraków)
Et au final.
Cracovie m'a donné une bonne claque sur la conscience, merci Auschwitz pour ça. La ville elle-même est vivante, pas momifiée, même si on sent le poids de son histoire à chaque coin de rue. Les gens sont froids au premier abord mais pas méchants. Le seul regret : j'aurais voulu passer moins de temps dans les zones touristiques et plus dans les quartiers résidentiels.








