Comment ça s'est passé.
Nous avons quitté Paris à 6 h 45 avec Ryanair depuis Beauvais, arrivée à 9 h 30 à l'aéroport de Kraków-Balice. Dès la gare routière, les zlotys en poche (1 euro ≈ 4,30 PLN), nous avons pris le bus 208 jusqu'à la Vieille Ville. La sensation de descendre l'escalier de la ruelle Grodzka vers la Rynek Główny a été viscérale : l'odeur du pain d'épice aux murs des petites épiceries, mélangée à celle des saucisses grillées des vendeurs ambulants, m'a donné l'impression de remonter le temps. Nous avons dormi trois nuits à l'Hôtel Copernicus (ul. Kanonicza 16), chambre confortable à 280 PLN la nuit. Le personnel parlait français, ce qui nous a sauvé le jour où notre clé électronique a panné à 2 h du matin. Galère bête mais résolue en 10 minutes. Les murs de la Vieille Ville et la visite du Château du WawelNous avons passé notre premier matin à explorer la Rynek Główny, la grande place carrée entourée d'arcades Renaissance. Les façades jaunes et vertes des bâtiments datent du XVIe siècle. Entrée à la Halle aux Draps (Sukiennice) : 30 PLN. À l'intérieur, nous avons mangé une restauration étudiante chez Gospoda Koko Loko : bigos (ragoût de chou) pour 18 PLN, zapiekanka (pain fourré) pour 16 PLN. Le bigos avait ce goût de choucroute fermentée un peu piquant, servi brûlant dans une assiette en faïence épaisse. Le Château du Wawel (billets : 32 PLN entrée générale, visité le matin à 10 h) surplombe la Vistule. Nous avons grimpé les 71 marches de la tour, non sans essoufflement. De là-haut, la vue sur les toits de tuiles rouges de Kazimierz (le quartier juif) s'étend sur des kilomètres. La température était basse (6°C) et mon manteau n'a pas suffi ; j'ai dû entrer dans un café de la rue Floriańska pour réchauffer mes doigts avec un grzaniec (vin chaud épicé) à 12 PLN. Kazimierz et son poids mélancoliqueLe deuxième jour, nous avons traversé le pont de Bernatek pour rejoindre Kazimierz. La Synagogue de Remuh, rue Szeroka 40, est restée ouverte pour nous. À l'intérieur, l'air sentait le cire et la pierre ancienne. La petite cour du cimetière derrière contient des stèles du XVIe siècle, certaines encore écrites en hébreu. L'ambiance n'était pas « magique » mais oppressante, lourde d'histoires. Un moment marquant : une femme âgée allemande parlait seule devant une tombe, pleurant presque en silence. Cela nous a rappelé que ce quartier n'est pas un musée mais un lieu de mémoire. Nous avons déjeuné chez Ariel (rue Szeroka, table dehors malgré le froid) : piernik juif (gâteau aux noix) et thé citron, 28 PLN. Le gâteau était sec, déçu. La journée à Auschwitz : ce qu'on ne peut pas ignorerLe troisième jour, départ à 7 h 15 depuis la gare Kraków Główny (bus 2B depuis notre hôtel) vers Oświęcim. Billet train PKP : 35 PLN l'aller. Le trajet de 50 km a duré 1 h 20, dans un wagon glacial où les radiateurs ne fonctionnaient pas vraiment. Arrivée à 9 h 15 au camp. Nous avions prévu une visite libre, pas un groupe organisé. Le froid mordait, la brume basse rendait les baraquements encore plus sinistres. Les murs de brique rouge du bloc n° 4 gardent les empreintes des mains des déportés. L'odeur était celle de la pierre froide et de la terre humide. En sortant du crématoire, j'ai dû m'asseoir 10 minutes, les jambes molles. Aucun mot ne suffit. Visite complète : 4 heures, difficiles. Retour à Kraków en fin d'après-midi, épuisés. Dîner léger à la station : paczki (beignet aux pruneaux) et café, 15 PLN total. Jours 4-5 : Rues, cafés, vodkaLa rue Floriańska est bondée de touristes à toute heure. Nous avons préféré les petites rues autour du couvent des Dominicains. Une galère : tentative de monnaie fausse chez un vendeur de souvenirs rue Św. Anny. Nous avons reparti sans rien acheter. Les Cracoviens nous ont dit que c'était rare mais possible avec les arnaqueurs touristiques. Visite du Musée de Czartoryski (ul. Św. Jana 19, 28 PLN) pour une toile de Léonard de Vinci. Très petit musée, entassé, mais les collections sont réelles. Nous y sommes restés 1 h 30. Dernière soirée au bar Piwnica pod Baranami (sous le Sukkot, une organisation historique) : trois verres de vodka Żubrówka à 15 PLN chacun, barszcz (soupe de betterave) à 12 PLN. Le goût de la vodka était herbeux, légèrement sucré. L'atmosphère du sous-sol était conviviale, avec des Polonais qui discutaient fort en polonais.
Les bons plans repérés sur place.
Rynek Główny : la grande place avec la Halle aux Draps (Sukiennice) du XVIe siècle, le matin avant 9 h pour éviter la foule
Camp d'Auschwitz-Birkenau : la visite libre sans groupe organisé permet de marcher seul, essentiellement le bloc 4 et le crématoire (prévoir 4-5 heures)
Synagogue de Remuh rue Szeroka : le seul lieu où le cimetière juif d'origine subsiste depuis 1553
Château du Wawel : la vue depuis la tour en fin d'après-midi vers 16 h, quand la lumière rase les toits
Musée Czartoryski : petite collection insolite avec la toile de Léonard, loin du circuit touristique standard
Photos — Cracovie (Kraków)
Et au final.
Cracovie nous a marqués, pas toujours agréablement. Le contraste entre la beauté de la Vieille Ville et le poids d'Auschwitz crée une tension qu'on n'oublie pas. Les prix sont doux, la nourriture honnête, mais le tourisme de masse sur la Rynek devient étouffant après trois jours. À refaire, nous aurions passé plus de temps à Kazimierz et moins de temps sur la place centrale.








