Conakry et les îles de Kindia : entre chaos urbain et plages oubliées
CarnetGuinee202612 jours

Conakry et les îles de Kindia : entre chaos urbain et plages oubliées

On a atterri à Conakry un mardi matin vers 6 h 30, après une nuit blanche sur Air Sénégal. L'aéroport international Gbessia n'a rien de flamboyant : bâtiment blanc cassé, une file d'attente administrative interminable,…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Conakry un mardi matin vers 6 h 30, après une nuit blanche sur Air Sénégal. L'aéroport international Gbessia n'a rien de flamboyant : bâtiment blanc cassé, une file d'attente administrative interminable, et cette odeur caractéristique mélange d'humidité tropicale et de diesel. Les chauffeurs de taxi se sont jetés sur nous avant même qu'on ait les deux pieds dehors. Première galère : la conversion de devises. Un billet de 50 euros nous a été échangé à 420 000 francs guinéens au bureau de change, mais le taux affiché était 408 000. On s'est laissé rouler, trop fatigués pour négocier. Leçon apprise. L'hôtel Camayenne, qu'on avait booké depuis Paris, s'est avéré être une villa coloniale reconvertie dans le quartier du même nom. Chambre avec clim bruyante (impossible de dormir sans), ventilateur de secours, murs humides malgré tout. Le patron, un Ivoirien de 60 ans, nous a servi le café sur la terrasse à 7 h 30 : café très sucré, pain blanc rassis, œufs brouillés passables. Environ 8 000 francs guinéens. Les sons de Conakry ont commencé là : klaxons, appels à la prière depuis la mosquée voisine, cris des vendeurs ambulants dans la rue. Marché Madina et le ventre de la villeOn s'est lancés dans le marché Madina dès le mercredi matin, ligne d'autobus n°2 depuis l'hôtel jusqu'à la gare routière de Kindia. L'autobus a mis deux heures pour parcourir 6 km à cause des embouteillages : des minibus multicolores appelés « cars » qui transportent 25 personnes dans 8 places assises. L'odeur de sueur, de fruits mûrs trop vite et d'essence bon marché était écrasante. Une femme vendait des mangues pelées du bout des doigts, nous en avons acheté deux pour 5 000 francs. Sucrées, parfumées, mais les conditions d'hygiène nous ont mis mal à l'aise – on les a mangées malgré tout. Le marché Madina est le cœur vivant de Conakry. Trois hectares de chaos organisé : tissus, fruits pourris côte à côte avec des fruits frais, poisson séché aux relents prenants, vendeurs de téléphones reconditionnés. On a mangé une assiette de riz au poisson au restaurant « Chez Mamadou » (une paillote sans enseigne officielle) pour 12 000 francs. Le poisson était frais, le riz collant mais goûteux. Moment marquant : une jeune fille d'environ 10 ans nous a proposé de nous vendre des bracelets. On a parlé pendant 20 minutes, elle parlait français, russe un peu, et nous a expliqué qu'elle vendait pour aider sa mère. On a acheté trois bracelets à 3 000 francs chacun. Elle s'appelait Awa. Ça nous a secoués, mais c'est la réalité ici. Les îles de Kindia, escape de ConakryLe vendredi, on a pris un bateau depuis le port de Kindia (35 km au nord, trajet en minibus de 45 minutes). Le port n'était pas un vrai port, plutôt une plage avec des filets et deux pirogues motorisées alignées. On a négocié avec un pêcheur nommé Saïdou : 120 000 francs pour aller jusqu'à l'île de Tamara et revenir. Le bateau sentait le poisson pourri et l'essence. Trois heures de traversée avec une mer agitée, le moteur qui pétaradait. L'île de Tamara elle-même : une dizaine de huttes, sable blanc, eau turquoise vrai (pas photoshoppée). Pas d'électricité. Saïdou nous a présenté à une femme qui proposait du riz et du poisson grillé à midi : 15 000 francs pour deux personnes. On est restés là jusqu'au coucher du soleil à 18 h 15. Les seuls sons : vagues, oiseaux, conversations en soussou. Retour catastrophique : Saïdou était ivre. Il a mis 4 heures au lieu de 3 pour revenir, le moteur a calé deux fois, et on a eu peur. Vraiment peur. Pas de gilet de sauvetage, pas de radio, personne qui savait qu'on était là. On n'en a pas parlé à l'hôtel. Gastronomie et derniers joursLe restaurant Mille et une nuits, en bord de baie, faisait une bonne accras de morue à 8 000 francs. Le chef, un homme d'environ 55 ans, avait travaillé à Dakar. Les fruits de mer étaient corrects, l'alcool local (la bière Guiluxe) était fraîche et bon marché. Ambiance du soir entre voyageurs de passage et travailleurs expatriés. Dernière journée : visite du musée du Palais du Gouverneur (3 000 francs d'entrée), fermé à 12 h pour la prière. Collections sans grand intérêt, guides bénévoles qui voulaient discuter. On a préféré traîner au café Terrasse République, place devant le palais, à regarder les gens passer et écouter la radio locale.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché Madina à Conakry (mercredi matin, restaurant Chez Mamadou pour le riz-poisson authentique)

2

Île de Tamara (bateau depuis Kindia, négocier le prix avec Saïdou, prévoir 6-7 heures)

3

Hôtel Camayenne, terrasse pour le petit-déjeuner avec vue sur le quartier

4

Ligne de minibus n°2 pour apprendre à se perdre dans Conakry

5

Restaurant Mille et une nuits pour les accras et la bière Guiluxe en fin d'après-midi

Album · 9 photos

Photos — Conakry

Conakry et les îles de Kindia : entre chaos urbain et plages oubliées
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Conclusion

Et au final.

Conakry et ses îles, c'est pas une destination vacances dans le sens où on l'entend en Occident. C'est brut, inconfortable parfois, avec ses arnaqueurs de change et ses bateaux sans sécurité. Mais il y a quelque chose de vivant, de vrai, dans ces marchés où les enfants vendent des bracelets et où chaque repas se joue à table. On reviendrait, mais pas pour la détente.

En résumé

Avis Conakry : carnet de voyage de 12 jours par marcelduplouf

Destination
Conakry →
Pays
Guinee →
Durée
12 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcelduplouf →
L'essentiel

Conakry en bref

Pourquoi choisir Conakry

  • Authenticité totale : marchés vivants, rencontres humaines, absence de tourisme de masse
  • Îles paradisiaques accessibles : eau turquoise et sable blanc à proximité
  • Budget très modéré comparé aux standards occidentaux
  • Expérience culturelle immersive : dialectes locaux, traditions, vie quotidienne réelle
  • Gastronomie locale savoureuse : poisson frais, riz, fruits tropicaux authentiques

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité et de découverte culturelle
  • Explorateurs confortables avec l'imprévu et l'inconfort relatif
  • Backpackers et routards cherchant budget modéré
  • Photographes documentaires attirés par le chaos urbain
  • Amateurs de destinations non touristiques et non homogénéisées

À éviter si…

  • Vous recherchez confort hôtelier et infrastructures modernes
  • Vous craignez l'hygiène sommaire et le désordre urbain
  • Vous avez besoin de sécurité maximale et de transports fiables
  • Vous cherchez une destination relaxante et sans stress
À découvrir aussi
Aéroport International GbessiaMarché MadinaQuartier CamayennePort de KindiaÎle de TamaraGare routière de KindiaPalais du GouverneurPlace de la RépubliqueBaie de ConakryMosquée ConakryKindia (région)Guinée Conakry

Photos communautaires : Conakry

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Questions fréquentes

FAQ — Conakry

Quel est le meilleur moyen de se déplacer à Conakry ?

Les minibus locaux appelés « cars » sont le principal transport urbain mais très encombrés (2 heures pour 6 km selon l'auteur). Les taxis sont aussi disponibles mais les tarifs nécessitent négociation. Pour les trajets plus longs comme vers Kindia (35 km), comptez 45 minutes en minibus.

Combien coûte un voyage aux îles de Kindia ?

L'auteur a négocié une traversée en pirogue motorisée à 120 000 francs guinéens pour deux personnes aller-retour vers l'île de Tamara. Les repas sur l'île coûtent environ 15 000 francs pour deux personnes.

Quelle est la meilleure période pour visiter Conakry ?

Le récit ne précise pas, mais le voyage s'est déroulé avec une humidité tropicale constante. Conakry connaît un climat tropical humide avec une saison des pluies et une saison sèche ; il est conseillé de vérifier les conditions saisonnières avant de partir.

Où manger à Conakry ?

Le marché Madina propose des repas simples dans des paillotes comme « Chez Mamadou » (12 000 francs pour riz-poisson). Le restaurant Mille et une nuits en bord de baie offre accras de morue et fruits de mer (8 000 francs), ambiance plus touristique avec bière Guiluxe.

Quels sont les risques ou précautions à connaître ?

L'auteur recommande attention au change : il a perdu sur le taux de conversion. Les trajets en mer peuvent présenter des risques de sécurité (absence de gilets de sauvetage, conducteurs potentiellement non fiables). Les conditions d'hygiène dans les marchés sont basiques.

Quel budget prévoir pour 12 jours à Conakry ?

Hébergement environ 8 000 francs par nuit, repas de 8 000 à 15 000 francs, transports mineurs 5 000 francs. Excursions îles environ 120 000 francs. Budget global modéré pour un voyage en Afrique de l'Ouest.

Qu'y a-t-il à faire à Conakry au-delà des îles ?

Le marché Madina est incontournable pour l'immersion locale. Le musée du Palais du Gouverneur offre collections historiques (3 000 francs entrée, ferme à 12h pour la prière). La place de la République permet l'observation de la vie locale depuis un café.