Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Gbessia le matin à 7h30. Chaos immédiat : pas de panneau d'arrivée cohérent, trois taxis différents nous proposent des prix faramineux (50 000 francs guinéens pour 15 km, soit environ 5 euros, mais c'était clairement du vol organisé). On a négocié ferme, obtenu 20 000 FG. Le trajet vers le centre-ville de Conakry puait la poussière de pluie sèche mélangée aux gaz d'échappement des minibus cramés. Température déjà étouffante à 8h du matin. Installation à l'hôtel Camayenne sur la corniche : chambre spartiate mais avec vue sur l'Océan Atlantique. Petit déj inclus, jus de mangue frais servi dans des verres tellement épais qu'on aurait cru boire dans une prison (sensation bizarre). Premier jour perdu à traîner, à se remettre du décalage. Marché Madina en fin d'après-midi : surcharge sensorielle totale. Odeur de poisson fumé mélangée aux épices de grillades. Les vendeurs criaient les prix en créole, impossible de comprendre sans interprète. J'ai acheté des bananes plantains grillées à 2 euros, c'était sec mais c'était du poisson frais fumé juste à côté qui faisait baver. Jour 3 : tentative de visite du Musée nationalMusée fermé. Simplement fermé. Aucune info en ligne, aucun panneau cohérent. Contraste étrange avec l'énergie de la ville. À la place, déambulation à Kindia Road, visite de la Grande Mosquée de Conakry (9 heures, hyper illuminée, on n'a pas pu entrer mais l'architecture dorée se voyait de loin). Café au bar Privé Lounge : mojito hors de prix (8 euros) mais préparé correctement. L'AC était glacial, presque douloureux après la moiteur dehors. Dîner au restaurant Chez Daouda spécialisé dans les grillades : tieboudienne (riz au poisson) à 6 euros, portion généreuse, sauce arachide riche et épaisse. Moment où tout a pris sens : assis sur une terrasse sans vraiment de vue, juste des câbles électriques partout, mais en écoutant la vie de rue de Conakry. Un groupe de jeunes jouait au football avec un ballon dégonflé. Pas de dépaysement romantico, juste la sensation d'être nulle part ailleurs qu'ici. Jours 4-6 : Île de KassaFerry depuis le port autonome de Conakry à 6h du matin. Ticket : 15 000 FG (1,50 euros). Bateau surpeuplé, semi-assis sur des planches. Trajet 30 minutes dans une chaleur humide dingue. L'île elle-même : petit village de pêcheurs, trois petits hôtels, plage noire et grise (sable volcanique probablement). Galère majeure : ma valise avec moitié de mes affaires a été égarée au port. Retrouvée 48h plus tard grâce à une gamin du village qui l'a vue traîner. Donné 10 euros de récompense sans faire exprès du touriste paternaliste, mais bon. Bungalow au Resort Kassa Beach : 30 euros la nuit, ventilo qui brassait l'air chaud sans le refroidir. Odeur persistante de sel et d'algues pourrissantes la nuit. Repas limité : grillades de poisson local, riz blanc, sauce. Aucune variété. J'aurais payé 20 euros de plus pour une vraie option végétarienne. Mais le lever de soleil sur l'océan à 5h45 depuis la plage, assis seul, c'était un moment où ma frustration a juste... lâché. Pas de révélation spirituelle, juste du calme dans le corps. Jours 7-10 : Retour Conakry, Îles de LoosExcursion en bateau vers l'archipel des Îles de Loos (île de Roatán) depuis le port de Conakry. Très touristique comparé à Kassa. Plage de Ramsar Island un peu artificielle, parasols en paille, karaoké le soir (mauvais, très mauvais). Mais eau turquoise réelle, poissons visibles en snorkeling avec masque qu'on a loué sur place (5 euros). Déjeuner sur l'île : riz au poisson + banane, 4 euros. Chaleur supportable parce qu'il y avait du vent marin. C'était le côté touristique de la Guinée, pas faux mais moins dense que Conakry. Dernier jour à Conakry : musée enfin ouvert (il l'était vraiment). Collection d'objets pré-musulmans, textiles, statues. Entrée 5 euros. Intéressant mais exposition basique, pas de contexte historique profond. Marché Madina une dernière fois pour acheter des cadeaux : tissus à motifs, prix de 3 à 10 euros selon la taille. Vendeur pas honnête mais pas agressif non plus.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Madina à Conakry : goûter les bananes plantains grillées vendues par Fatima (repère la femme aux nattes bleues, environ 14h-15h)
Ferry tôt le matin vers Kassa (6h depuis port autonome, 1,50 euros) pour l'expérience brute sans turist ification
Chez Daouda pour la tieboudienne vraie (6 euros, demander sans sel supplémentaire)
Lever de soleil plage Kassa, seul à 5h45, sable noir, solitude réelle
Snorkeling îles de Loos, masque de location 5 euros, poissons petits mais présents
Photos — Conakry / Île de Kassa
Et au final.
La Guinée n'est pas facile à visiter. Il y a une honnêteté brute dans Conakry qui plaît à certains mais peut fatiguer : pas de façade, pas de scénario touristique lissé. Les îles sont belles mais le service reste approximatif. À refaire ? Peut-être, mais avec plus de patience et moins d'attentes.
