Conakry et Kindia : entre chaos urbain et cascades de Kinkon
CarnetGuinee202612 jours

Conakry et Kindia : entre chaos urbain et cascades de Kinkon

Levé à 5 h 30 à l'hôtel Camayenne de Conakry, depuis ma fenêtre du 3e étage j'entends déjà les klaxons des taxis jaunes et blancs qui remontent la route du port. La chaleur commence déjà à écraser, on est à 28 °C à…

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Le récit

Comment ça s'est passé.

Levé à 5 h 30 à l'hôtel Camayenne de Conakry, depuis ma fenêtre du 3e étage j'entends déjà les klaxons des taxis jaunes et blancs qui remontent la route du port. La chaleur commence déjà à écraser, on est à 28 °C à peine 6 heures du matin. Je descends prendre un café au bar de l'hôtel : un expresso tiède à 2 500 francs guinéens, servi avec une baguette blanche rassis. Les femmes de ménage chantonnent en lingala en faisant les chambres, c'est presque devenu une ritournelle après trois jours. Première galère dès ce matin : le minibus que j'avais réservé la veille pour Kindia n'était pas là. Le chauffeur a disparu avec l'avance, classique. Le réceptionniste de l'hôtel, Mamadou, m'a regardé avec un sourire résigné et m'a dit « c'est la Guinée, monsieur ». Il m'a finalement trouvé une place dans un vieux bus « Transguinée », immatriculé GN-4472, qui partait à 8 h 15 depuis la gare Dixinn. Trajet de 2 h 30 sur une route défoncée, à côté d'une femme qui vendait des cacahuètes grillées avec un sachet en plastique malodorant qui empestait l'huile rance. Trois arrêts « sauvages » pour des clients qui levaient juste la main au bord de la route. À Kindia, je descends à la gare routière centrale, chaos total : vendeurs de jus de fruits qui vous crient dessus, motos-taxi qui vous frôlent sans casque. J'ai pris une chambre à l'hôtel Kindia Palace, rue Samory Touré, une bâtisse orange avec grillage en fer forgé. 45 euros la nuit, un lit avec climatisation bruyante qui sonne comme une rafale tous les quarts d'heure. Le patron, Tidiane, un gars d'une cinquantaine d'années, m'a recommandé un restaurant local, chez Aïssatou, à 200 mètres en descendant la rue principale. Chez Aïssatou, j'ai mangé un thieboudienne (riz aux poissons) avec sauce à la tomate et okra. Le plat coûte 8 000 francs guinéens, environ 0,95 euro. Arrivé chaud, servi dans une assiette rouge en plastique, accompagné d'eau en bouteille. Le goût : très épicé, avec des fragments d'arête, c'était correct sans être transcendant. À côté, j'ai vu des ouvriers qui mangeaient une soupe à base de riz et légumes, beaucoup plus économe. Le serveur, Ismaël, parlait assez bien français, il m'a expliqué qu'il y avait des touristes environ deux fois par mois ici. Le lendemain matin, départ vers 7 h pour les chutes de Kinkon, à 30 km au nord. Après discussion avec Tidiane, j'ai loué un motos-taxi avec un chauffeur, Hassan, pour 40 euros la journée. Trajet d'une heure et demie : pistes rouges de latérite, odeur de poussière qui rentre dans les narines, villages avec cases en terre. Hassan chante des chansons de Youssou N'Dour pendant qu'on roule, ça fait passer le temps. On traverse deux rivières à gué. À Kinkon, c'est un mec du village, Sékou, qui me guide vers les chutes : un bassin d'eau turquoise encadré de roches noires, une cascade de 8-10 mètres qui tombe en bruit blanc constant. Moment marquant, oui, mais mitigé : l'eau est glaciale (coup de froid même sous 35 °C), et il y a des mouchons qui piquent partout. J'ai plongé 10 minutes et ça suffisait. Sékou me demande un pourboire de 25 euros à la fin, je trouvais ça gonflé pour un guide improvisé, on s'est mis d'accord sur 15. De retour à Conakry : le marché et les débuts de tension Retour à Conakry après trois jours. Séance au marché Madina, le plus grand marché de la ville. Immense, bruyant, on s'y perd. Vendeurs de tissus, légumes, poissons séchés, viande de brousse. L'odeur des poissons fumés prend à la gorge, très fort. J'ai acheté des mangues à 500 francs chacune chez une femme avec un plateau sur la tête. Trois jours de tension politique à Conakry : manifestation brève près de la Place du 8-Novembre, des jeunes scandent contre l'absence d'électricité. Rien de dramatique, mais j'ai préféré rester près de l'hôtel ce jour-là. Dernier repas à l'hôtel Camayenne au restaurant « Le Jardin » : brochettes de poulet et riz blanc, 12 euros. J'avais imaginé pire. Pas excellent, mais efficace. En fin de séjour, j'ai discuté avec d'autres voyageurs français au bar : un biologiste en mission à Médecins du Monde, un couple qui restait six mois pour une ONG. Personne n'avait eu son visa sans problème, tout le monde parlait de files d'attente à l'ambassade et de demandes absurdes. Internet : instable partout. J'ai utilisé la carte SIM locale Sotelgui (5 euros pour 3 Go, mais ça coupait toutes les deux heures) Argent liquide obligatoire : peu de distributeurs qui marchent, penser à retirer à l'aéroport Taxis : toujours négocier avant de monter, les compteurs n'existent pas

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Cascades de Kinkon près de Kindia : bassin turquoise, eau très froide, guide local à 15 euros, arriver le matin pour moins de mouchons

2

Marché Madina à Conakry : immense, chaotique, odeur forte de poissons fumés, faire ses achats en fin d'après-midi quand les vendeurs commencent à baisser les prix

3

Thieboudienne chez Aïssatou à Kindia : 8 000 francs, portions généreuses, à manger sur place pour l'atmosphère locale

4

Hôtel Camayenne à Conakry : boulevard de la Corniche, bon petit-déjeuner, réceptionniste Mamadou très utile pour trouver des solutions face aux imprévus

5

Route Dixinn-Kindia en bus Transguinée : trajet étroit et chaud, mais occasion de voir les villages de l'intérieur et rencontrer des voyageurs locaux

Album · 7 photos

Photos — Conakry

Conakry et Kindia : entre chaos urbain et cascades de Kinkon
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Conclusion

Et au final.

La Guinée, c'est une destination qu'il faut venir voir en ayant accepté le désordre. Conakry fatigue rapidement, trop bruyant, trop chaud, trop d'improvisation dans les services touristiques. Kindia et les chutes en revanche valent le détour, même si les deux heures de piste défoncée refroidissent. Je n'y retournerais probablement pas demain, mais ce voyage m'a marqué par son côté brut, sans paillettes.

En résumé

Avis Conakry : carnet de voyage de 12 jours par sebastienv

Destination
Conakry →
Pays
Guinee →
Durée
12 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@sebastienv →
L'essentiel

Conakry en bref

Pourquoi choisir Conakry

  • Cascades turquoise de Kinkon à seulement 30 km, accessibles en journée depuis Kindia
  • Immersion authentique dans la vie guinéenne sans infrastructure touristique étouffante
  • Coût de vie très bas : repas complets à moins d'un euro, hébergement abordable
  • Marché Madina parmi les plus grands d'Afrique de l'Ouest, dense et vivant
  • Paysages variés de latérite rouge, villages traditionnels et gués de rivière

Pour qui ?

  • Voyageurs aventureux acceptant l'improvisation et le chaos urbain
  • Backpackers en budget limité recherchant l'authenticité
  • Amateurs de nature brute et cascades loin des circuits balisés
  • Expérimentés en Afrique de l'Ouest habitués aux défis de mobilité
  • Ethnographes et photographes documentant la vie locale

À éviter si…

  • Vous redoutez le bruit, la chaleur intense et l'improvisation des services
  • Vous avez besoin d'une connexion Internet stable et fiable
  • Vous refusez de voyager sans distributeur d'argent accessible
  • Vous exigez des hôtels avec piscine, climatisation silencieuse ou luxe
À découvrir aussi
Gare DixinnMarché MadinaPlace du 8-NovembreChutes de KinkonKindiaÎles de LoosPort Autonome de ConakryQuartier DixinnQuartier KaloumRivière KinkonRoute Conakry-KindiaAéroport International Gbessia

Photos communautaires : Conakry

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Questions fréquentes

FAQ — Conakry

Combien coûte un séjour à Conakry et Kindia ?

Comptez 45 euros la nuit en hôtel de gamme moyenne (Kindia Palace), 8 000 francs guinéens (0,95 euro) pour un repas local, et 40 euros pour une journée complète avec chauffeur moto-taxi. L'aéroport reste le meilleur endroit pour retirer l'argent liquide, les distributeurs en ville sont peu fiables.

Comment se déplacer entre Conakry et Kindia ?

Un bus Transguinée relie les deux villes en 2h30 pour quelques euros. Pour les excursions vers les chutes de Kinkon, privilégiez la moto-taxi (30-40 euros/jour) car la route est en mauvais état. Évitez les minibus non fiables : négociez toujours le prix avant de monter.

Quand visiter les chutes de Kinkon ?

Accessible à 30 km au nord de Kindia, les chutes offrent un bassin turquoise avec cascade de 8-10 mètres. L'eau est très froide même sous 35°C, préparez-vous au choc thermique. Prévoyez un guide local (Sékou au village) pour 15-25 euros et de l'antimoustique, les mouchons sont agressifs.

Internet et téléphone fonctionnent-ils bien ?

Non. Sotelgui propose 3 Go pour 5 euros mais coupe régulièrement toutes les deux heures. La connexion est instable partout en ville. Prévoyez du temps mort ou patiencez avec la couverture locale très variable.

Quels sont les sites incontournables à Conakry ?

Le marché Madina, le plus grand de la ville, mérite une visite malgré l'odeur intense des poissons fumés. La Place du 8-Novembre est le cœur politique de la capitale. Préférez rester près de votre hôtel durant les manifestations sporadiques, comme celles contre les coupures d'électricité.

Quel restaurant recommander à Kindia ?

Chez Aïssatou sert une excellente thieboudienne (riz aux poissons) pour 8 000 francs guinéens. Ismaël, le serveur, parle français et peut vous conseiller. Le restaurant reçoit peu de touristes (deux fois par mois), une visite authentique plutôt que touristique.

La sécurité à Conakry est-elle un problème ?

Pas d'incident grave signalé dans le récit, mais la capitale fatigue rapidement : trop bruyante, trop chaude, peu d'infrastructures touristiques. Trois jours de tension politique ont obligé le voyageur à rester près de l'hôtel par précaution. Restez vigilant et consultez les avis officiels avant de partir.

Quelle est la meilleure période pour partir ?

Le carnet a été écrit par temps chaud (28°C à 6h du matin, 35°C l'après-midi). La saison sèche (novembre à mars) est plus agréable. Évitez juillet-octobre (pluies intenses) pour les trajets vers Kinkon et les pistes de latérite.