Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Hewanorra le 15 février à 14 h 30, après un vol de 8 heures depuis Paris-Charles de Gaulle avec Air Caraïbes. La chaleur m'a frappé de plein fouet en sortant de l'avion : 32 degrés, humidité collante, odeur de kérosène mélangée aux embruns salés. Notre hôtel Rendezvous Resort & Spa, situé à Malabar Beach à 45 minutes de route, nous attendait. Le minibus blanc du transfert privé avait 20 minutes de retard — une première leçon de la Sainte Lucie : la ponctualité n'est pas une religion ici. Castries, capitale officielle, nous a déçus au premier abord. Nous nous attendions à une ville coloniale bien préservée ; nous avons trouvé des façades fatiguées, des embouteillages constants et des files d'attente éternelles au marché couvert de Vendor's Arcade (acheté un kilo de mangues Alphonso à 8 euros, arnaque légère pour les touristes). Mais le port, lui, valait le coup : les bateaux de pêche multicolores ancrés dans la baie, le bruit des cigales à 6 h du matin, l'odeur du poisson fumé qui traînait dans les rues. Les Pitons et Soufrière : l'apothéoseNous avons loué une voiture chez Budget (numéro de dossier 47823, conducteur sans assurance sérieuse, mais personne ne pose de questions) pour quatre jours. Le trajet Castries-Soufrière dure 1 h 45 par la côte ouest. À mi-chemin, les Pitons surgissent : deux pics rocheux de 738 et 740 mètres qui sortent de la mer comme les dents d'un géant. Nous nous sommes arrêtés à Diamond Falls Botanical Gardens vers midi. L'entrée coûte 3,50 euros. L'endroit est envahi de touristes des bateaux de croisière, mais la cascade d'eau chaude alimentée par les sources géothermales était apaisante. Température de l'eau : 35 degrés, agréable pour tremper les mains. Le restaurant Rabot Estate à Soufrière nous a offert un vrai repas : soupe à la langouste (12 euros), poisson grillé avec riz cassé (16 euros). Les portions étaient généreuses, la vue sur les Pitons surplombant nos assiettes. Le moment marquant : en fin d'après-midi, nous avons grimpé les 800 marches vers la crête du Piton Gros. J'avais une tendinite au genou, ma femme avait oublié d'apporter l'eau (1,5 litre). Au sommet, haletants, suant à grosses gouttes, nous avons croisé un couple de Montréalais qui nous a prêté leur gourde. La vue à 720 mètres : les deux pitons face à face, la côte qui s'incurve jusqu'à Castries, le relief chaotique de la forêt tropicale. Pas de sensation « magique » bidonne, juste de l'épuisement et du soulagement. Marigot Bay et Rodney BayNous avons passé deux jours à Marigot Bay, village de pêcheurs tranquille. Le petit restaurant Dolittles, ouvert le midi uniquement, servait des roti au poulet (7 euros) et du jus de goyave frais (2 euros, servi froid). Le bruit des vagues sur le sable noir, mélangé au Soca en sourdine depuis un voisinage. À Rodney Bay, beaucoup plus touristique et homogène, nous avons diné au Captain's Cellar (réservation obligatoire, numéro 452-8800). Menu fruits de mer à 35 euros, vin carafe médiocre. La nuit, les bars de la baie (jamais d'ambiance survoltée comme prévu) traînaient une musique reggae molle. Grosse galère le jour 7 : notre voiture de location a crevé près de Vieux Fort. L'assistance was slow. Deux heures d'attente sous un soleil de 34 degrés. Le garagiste local, Julien (sympathique, mais sans urgence), nous a changé le pneu. Il nous a parlé du coût de la vie en hausse depuis cinq ans, de l'influence de l'industrie touristique. Pas de pessimisme agressif, juste de la résignation.
Les bons plans repérés sur place.
Les Pitons depuis Diamond Falls Botanical Gardens (entrée 3,50 euros, visite 2 h) : la vue vaut chaque centime
Restaurant Rabot Estate à Soufrière : soupe à la langouste et vue frontale sur les pics rocheux
Marigot Bay village de pêcheurs : petit restaurant Dolittles, roti au poulet 7 euros, ambiance sans artifice
Grimpée aux sommets des Pitons (marches raides, 1 h 30 aller-retour, prévoir eau et chaussures)
Marché couvert de Vendor's Arcade à Castries : chaos organisé, vraie vie quotidienne, matin idéal (7 h-9 h)
Photos — Castries
Et au final.
Sainte Lucie nous a offert exactement ce que nous cherchions, mais pas comme nous l'imaginions. Les Pitons, c'est réel et vaut vraiment le détour. Les plages et la bouffe locale aussi. En revanche, la capitale déçoit, les routes sont stressantes, et les prix grimpent sec pour une île de 185 000 habitants. Nous reviendrons, mais peut-être pour longer moins de villes et plus de nature brute.
