Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Hewanorra le 15 février à 14 h 30, suants dans nos vêtements d'hiver parisien. La première claque : une humidité épaisse, presque solide. Le taxi-collectif rose bonbon de Vashti nous a coûté 50 dollars EC pour rejoindre Castries (environ 18 euros). Vashti, chauffeur depuis trente ans, nous a énumérés les noms des trois autres passagers, tous des résidents locaux. Voilà comment on apprend que rien ne s'arrête à Sainte-Lucie sans une conversation. Notre hôtel, le Courtyard by Marriott en face de la baie de Castries, était correct mais cher : 180 euros la nuit. Dès le lendemain matin, levés à 5 h 30, nous avons pris le minibus n°10 (numéro marqué sur le pare-brise en lettres blanches) qui longe la côte ouest. Arrêt à Soufrière : 45 minutes de route, 15 dollars EC. Le spectacle des Pitons jumeaux de Gros Piton et Petit Piton apparaît progressivement, d'abord flous, puis nets. C'était vraiment là, massif, rocheux, presque noir contre le ciel blanc du matin. La galère du jour 4Nous avions réservé une sortie en bateau avec « Sunset Adventure Tours » pour explorer les Pitons de près. Le responsable, Marcus, nous avait promis un départ à 9 h du matin depuis le quai de Soufrière. À 9 h 15, personne. À 9 h 45, Marcus arrive avec un sandwich au fromage et sans vraiment d'excuses. Nous sommes partis à 10 h. L'eau était chaude, turquoise électrique, et nous pouvions sentir le sel nous entrer dans les narines. Mais nous avions perdu une heure, et ça a gâché l'horaire du reste de la journée. Le prix était de 75 dollars EC par personne (27 euros). En fin d'après-midi, nous avons mangé au restaurant local Dasheene, accroché sur la falaise à Ladera Resort. Oui, c'était touristique, mais les ackees (fruits jaunes, texture farineuse) avec le poisson grillé (30 dollars EC, 11 euros) et la vue sur les Pitons au coucher du soleil ont justifié chaque centime. Le goût du citron frais du jus pressurisé nous a rappelé que les fruits ici n'ont rien à voir avec ce qu'on trouve en France. Castries, les marchés et la vraie vieNous avons passé le jour 6 au marché couverte de Castries, sur Queen Street. Bruit strident des vendeurs qui crient leurs prix : mangues à 2 dollars EC, bébés-légumes violets dont nous ignorions le nom, femmes qui pelaient des crevettes à mains nues. Odeur de poisson frais mélangée à celle des épices et du plastique neuf des sacs. Chaotique, bruyant, un peu sale, mais authentiq— non, juste vivant. Pas un endroit aménagé pour les touristes. Les gens nous regardaient franchement, nous parlaient créole jusqu'à ce qu'on crie « English, please! » Nous avons acheté du pain aux épices à la boulangerie-pâtisserie Au Petit Four (petite boutique peinte en jaune, 10 h du matin : queue de dix personnes) : 4 dollars EC le pain. C'était tiède, sucré, avec du gingembre qui gratte la gorge. Plages et détente relativeAnse la Raye, plage au nord de Castries : sable gris, eau calme, peu de touristes. Nous avons loué deux chaises longues (5 dollars EC chacune) et passé l'après-midi du jour 8 à lire. Une femme nous a vendu des mangues froides coupées dans un sachet en plastique : 5 dollars EC. Jus qui coule sur les mains, chaises longues légèrement humides. C'était basique, mais nous voulions juste nous arrêter d'explorer. Notre moment marquant : le jour 9, en randonnée vers le Diamond Falls Botanical Garden, nous nous sommes perdus sur le petit sentier. Temps : 11 h du matin, chaleur accablante (environ 32 °C ressentis). Un homme local, Winston, nous a retrouvés et a passé quarante minutes avec nous pour nous montrer le chemin, puis refusé notre argent en disant « You came a long way ». On a insisté, il a pris 20 dollars EC, presque gêné. Ces moments-là, on ne les oublie pas. À Castries même, nous avons dîné au restaurant Tao (cuisine asiatique fusion) : crevettes au curry de coco pour 45 dollars EC. Bon, rien d'extraordinaire, mais le service était lent (40 minutes pour la commande prise) et le prix élevé pour la portion. C'est l'endroit où nous avons réalisé que Sainte-Lucie peut être chère si on ne cherche pas les bons spots.
Les bons plans repérés sur place.
Les Pitons de Gros Piton et Petit Piton depuis Soufrière (vue incontournable du lever du soleil, réserver la sortie en bateau la veille pour éviter les retards)
Le marché couvert de Castries sur Queen Street (mercredi matin, avant 10 h, quand c'est le plus vivant)
Diamond Falls Botanical Garden à Soufrière (entrée 5 dollars EC, sentiers ombragés, bassins d'eau chaude naturels)
Restaurant Dasheene à Ladera Resort (réserver une table en fin d'après-midi pour le coucher de soleil sur les Pitons)
Anse la Raye beach (plage tranquille, pas surpeuplée, 30 minutes au nord de Castries en minibus)
Photos — Castries
Et au final.
Dix jours à Sainte-Lucie, c'est suffisant pour voir les Pitons et explorer la côte ouest, mais le rythme créole des transports demande de la patience. Les gens sont chaleureux (vraiment), l'eau est belle, la nourriture locale vaut le détour. Ce que nous avons moins aimé : les prix élevés pour les touristes, les imprévus constants (retards, changements d'horaires), et le sentiment que certains lieux touristiques sont déjà usés. Ce n'est pas un paradis, juste un endroit assez agréable avec ses défauts.
