Beyrouth, entre ruines et nuits blanches : 8 jours d'illusions perdues
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Beyrouth, entre ruines et nuits blanches : 8 jours d'illusions perdues

Nous avons atterri à Beyrouth-Rafic Hariri un mercredi matin, l'avion de Middle East Airlines arrivant avec 45 minutes de retard. La chaleur nous a frappés dès la porte ouverte : 34°C à 9 h du matin, humidité…

MA
Publié le · mis à jour le
8 jours1 album4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à Beyrouth-Rafic Hariri un mercredi matin, l'avion de Middle East Airlines arrivant avec 45 minutes de retard. La chaleur nous a frappés dès la porte ouverte : 34°C à 9 h du matin, humidité étouffante. Le taxi depuis l'aéroport jusqu'à notre hôtel Gefinor Rotana dans le quartier de Verdun a coûté 60 000 livres libanaises (environ 35 euros), mais le chauffeur a essayé de nous facturer le double en prétendant que le compteur était en panne. Nous avons négocié ferme. Le premier jour, nous nous sommes perdus en cherchant la Place des Martyrs. Les rues du centre-ville portent encore les balafres de la guerre civile : façades criblées de balles, bâtiments à moitié effondrés, pas restaurés, juste laissés là en témoignage. C'est étrange et oppressant de marcher entre ces débris. Nous avons mangé chez Zaroob, un petit restaurant de street food dans le Bourj Hammoud, où un plateau de mezze complet (houmous, baba ghanoush, falafel, pain pita) coûtait 35 000 livres. L'odeur de coriandre fraîche écrasée et de tahini s'échappait de la cuisine ouverte. Les trois jours à la montagneNous avons loué une voiture chez Hertz (180 euros pour 3 jours) et monté les pentes vers Bcharre. La route sinueuse de 90 km nous a pris 2 h 30 à cause des nids-de-poule et d'un contrôle routier aléatoire. Bcharre est posée à 1 450 mètres, avec des cèdres autour du musée Gibran Khalil Gibran, fermé le mardi sans aucun avertissement sur internet. Nous avons marché seuls dans la forêt de cèdres de Dieu : le silence était surréel, l'air frais, une vraie coupure avec la moiteur de la côte. La nuit, les étoiles étaient denses au-dessus de notre têtes. Nous avons dormi à la Couvent de St-Maron, une guesthouse spartiate mais propre (45 euros la nuit). Le deuxième jour en montagne, nous avons voulu rejoindre Tripoli mais la route côtière était fermée par la police pour raisons de sécurité non communiquées. Retour sur Beyrouth par la même route, énervant et chronophage. Cela nous a coûté 4 heures et l'envie de visiter le souk de Tripoli. Nuits au bord de la MéditerranéeNous avons passé deux soirs à la plage de Ramlet El Baida, la seule plage publique gratuite de Beyrouth. L'eau était tiède, le goût du sel habituel, mais le sable était jonché de plastique. Des familles locales y venaient après le coucher du soleil, vers 19 h. Nous avons dîné au bar de plage El Ahad, où un verre de arak local coûtait 25 000 livres (environ 15 euros). Le type nous a versé une rasade généreuse, l'alcool brûlait chaud dans la gorge, goût d'anis intense. Une nuit, nous avons eu une « galère » claire : l'électricité a disparu dans tout le quartier vers 21 h. Pas d'avertissement. Les habitants ont juste allumé des bougies et continué. Notre hôtel avait un générateur diesel, mais le bruit était assourdissant. Nous avons appris que les coupures duraient 4 à 6 heures presque chaque soir, c'est un problème systémique. Dormir a été difficile. Le dernier jour, nous avons visité le Musée National avec ses salles de mosaïques romaines, des pièces de monnaie datant de 2 000 ans, et des sarcophages. L'entrée coûtait 15 000 livres. Les vitres étaient poussièreuses, la clim fonctionnait par à-coups, mais les objets eux-mêmes racontent quelque chose. Nous avons mangé un sandwich chawarma chez Barbar (une chaîne locale) pour 12 000 livres : pain flatbread grillé avec viande tendre, oignons, tahini. C'était bon marché et délicieux.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Souper au restaurant Zaroob (Bourj Hammoud) : mezze authentique à 35 000 LBP, ambiance locale intense

2

Forêt de cèdres de Dieu à Bcharre : marche de 2 h dans les cèdres plusieurs fois centenaires, calme absolu

3

Plage de Ramlet El Baida en fin d'après-midi : eau tiède, familles locales, absence de touristes

4

Musée National : sarcophages romains et mosaïques du IIe-IIIe siècle, petit mais dense

5

Place des Martyrs au coucher du soleil : bâtiments endommagés de la guerre, silhouette de Beyrouth en contrebas

Album · 3 photos

Photos — Beyrouth

Beyrouth, entre ruines et nuits blanches : 8 jours d'illusions perdues
Beyrouth — 2
Beyrouth — 3
Conclusion

Et au final.

Beyrouth est une ville d'extrêmes : des moments de sérénité montagnarde côtoient l'anxiété urbaine. Les gens sont accueillants, la nourriture excellent, mais l'infrastructure fragile (électricité, sécurité, routes) rend le voyage fatigant. Ce n'est pas une destination de détente ; c'est une ville qui demande de l'adaptation. Je n'ai pas aimé l'absence de transparence sur la sécurité et les fermetures inopinées de routes.

En résumé

Avis Beyrouth : carnet de voyage de 8 jours par marclyon42

Destination
Beyrouth
Pays
Liban
Durée
8 jours
Période
août · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marclyon42
L'essentiel

Beyrouth en bref

Pourquoi choisir Beyrouth

  • Forêts de cèdres montagneux et silence surréel à 1450 m d'altitude
  • Cuisine méditerranéenne excellente à prix très bas (mezze 35 euros)
  • Monuments romains et mosaïques de 2000 ans au musée national
  • Contrastes géographiques dramatiques : mer, montagne, ruines urbaines
  • Accueil chaleureux des habitants malgré contexte urbain difficile

Pour qui ?

  • Voyageurs tolérants aux coupures électriques et infrastructure précaire
  • Amateurs d'histoire ancienne et archéologie méditerranéenne
  • Couples appréciant montagne, silence et escapades en nature
  • Aventuriers cherchant authenticité brute loin des chemins touristiques
  • Explorateurs intéressés par mémoire collective et cicatrices de guerre

À éviter si…

  • Vous nécessitez électricité stable et confort standard
  • Vous attendez transparence totale sur sécurité et fermetures inopinées
  • Vous cherchez vacances détente et relaxation sans adaptation
  • Vous êtes sensible aux pollutions visuelles (plastique plages, bâtiments effondrés)
À découvrir aussi
Aéroport Beyrouth-Rafic HaririQuartier VerdunPlace des MartyrsBourj HammoudBcharreForêt des Cèdres de DieuCouvent Saint-MaronMusée Gibran Khalil GibranPlage Ramlet El BaidaTripoli (Liban)Musée National de BeyrouthMontagnes du Liban

Photos communautaires : Beyrouth

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Questions fréquentes

FAQ — Beyrouth

Quels sont les problèmes d'infrastructure à Beyrouth ?

Les coupures électriques sont systémiques : 4 à 6 heures presque chaque soir sans avertissement préalable. Les hôtels disposent généralement de générateurs diesel, mais le bruit est important. Les routes sont endommagées (nids-de-poule fréquents) et certaines fermetures de sécurité surviennent sans transparence communiquée.

Quel est le coût de la vie à Beyrouth ?

Les prix sont très bas : un taxi aéroport-centre coûte 60 000 livres libanaises (35 euros), un plateau de mezze complet 35 000 livres, un verre d'arak 25 000 livres. Une guesthouse en montagne 45 euros/nuit. Location voiture 3 jours : 180 euros. Les repas de rue (chawarma) coûtent 12 000 livres.

Qu'y a-t-il à voir en montagne depuis Beyrouth ?

Bcharre à 1 450 m d'altitude (2h30 de route) offre la forêt des Cèdres de Dieu, le musée Gibran Khalil Gibran (à vérifier horaires avant visite). L'air est frais, le silence surréel, et les nuits très étoilées. Attention : certaines routes vers le nord (Tripoli) peuvent être fermées sans avertissement.

Y a-t-il des plages à Beyrouth ?

Ramlet El Baida est la seule plage publique gratuite de la ville. L'eau est tiède en été, mais le sable est jonché de plastique. Des bars de plage comme El Ahad proposent boissons alcoolisées (arak local) à prix modérés. Les familles locales fréquentent les plages après le coucher du soleil, vers 19 h.

Quels sont les témoignages visibles de la guerre civile ?

Le centre-ville porte encore les stigmates : façades criblées de balles, bâtiments à moitié effondrés, jamais restaurés, intentionnellement préservés en mémorial. Ce spectacle est étrange et oppressant pour les visiteurs.

Comment se déplacer à Beyrouth ?

Les taxis sont le mode principal, négociation conseillée (certains prétendent compteur cassé). Location voiture possible (Hertz 180 euros 3 jours) pour explorer la montagne, mais routes sinueuses et contrôles routiers aléatoires ralentissent les trajets. Prévoir 2h30 pour 90 km.

Quels sont les meilleurs restaurants pour la cuisine locale ?

Zaroob (Bourj Hammoud) propose un excellent plateau de mezze (houmous, baba ghanoush, falafel) pour 35 000 livres dans une cuisine ouverte. Barbar (chaîne locale) offre des chawarma délicieux à 12 000 livres : pain flatbread grillé, viande tendre, tahini.

Faut-il prévoir un budget pour les attractions culturelles ?

Le Musée National coûte 15 000 livres (environ 9 euros). Collections de mosaïques romaines, pièces de monnaie antiques (2 000 ans) et sarcophages. Conditions d'exposition basiques (vitres poussiéreuses, clim par à-coups) mais objets authentiques.