Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Beyrouth-Rafic Hariri un mercredi matin, l'avion de Middle East Airlines arrivant avec 45 minutes de retard. La chaleur nous a frappés dès la porte ouverte : 34°C à 9 h du matin, humidité étouffante. Le taxi depuis l'aéroport jusqu'à notre hôtel Gefinor Rotana dans le quartier de Verdun a coûté 60 000 livres libanaises (environ 35 euros), mais le chauffeur a essayé de nous facturer le double en prétendant que le compteur était en panne. Nous avons négocié ferme. Le premier jour, nous nous sommes perdus en cherchant la Place des Martyrs. Les rues du centre-ville portent encore les balafres de la guerre civile : façades criblées de balles, bâtiments à moitié effondrés, pas restaurés, juste laissés là en témoignage. C'est étrange et oppressant de marcher entre ces débris. Nous avons mangé chez Zaroob, un petit restaurant de street food dans le Bourj Hammoud, où un plateau de mezze complet (houmous, baba ghanoush, falafel, pain pita) coûtait 35 000 livres. L'odeur de coriandre fraîche écrasée et de tahini s'échappait de la cuisine ouverte. Les trois jours à la montagneNous avons loué une voiture chez Hertz (180 euros pour 3 jours) et monté les pentes vers Bcharre. La route sinueuse de 90 km nous a pris 2 h 30 à cause des nids-de-poule et d'un contrôle routier aléatoire. Bcharre est posée à 1 450 mètres, avec des cèdres autour du musée Gibran Khalil Gibran, fermé le mardi sans aucun avertissement sur internet. Nous avons marché seuls dans la forêt de cèdres de Dieu : le silence était surréel, l'air frais, une vraie coupure avec la moiteur de la côte. La nuit, les étoiles étaient denses au-dessus de notre têtes. Nous avons dormi à la Couvent de St-Maron, une guesthouse spartiate mais propre (45 euros la nuit). Le deuxième jour en montagne, nous avons voulu rejoindre Tripoli mais la route côtière était fermée par la police pour raisons de sécurité non communiquées. Retour sur Beyrouth par la même route, énervant et chronophage. Cela nous a coûté 4 heures et l'envie de visiter le souk de Tripoli. Nuits au bord de la MéditerranéeNous avons passé deux soirs à la plage de Ramlet El Baida, la seule plage publique gratuite de Beyrouth. L'eau était tiède, le goût du sel habituel, mais le sable était jonché de plastique. Des familles locales y venaient après le coucher du soleil, vers 19 h. Nous avons dîné au bar de plage El Ahad, où un verre de arak local coûtait 25 000 livres (environ 15 euros). Le type nous a versé une rasade généreuse, l'alcool brûlait chaud dans la gorge, goût d'anis intense. Une nuit, nous avons eu une « galère » claire : l'électricité a disparu dans tout le quartier vers 21 h. Pas d'avertissement. Les habitants ont juste allumé des bougies et continué. Notre hôtel avait un générateur diesel, mais le bruit était assourdissant. Nous avons appris que les coupures duraient 4 à 6 heures presque chaque soir, c'est un problème systémique. Dormir a été difficile. Le dernier jour, nous avons visité le Musée National avec ses salles de mosaïques romaines, des pièces de monnaie datant de 2 000 ans, et des sarcophages. L'entrée coûtait 15 000 livres. Les vitres étaient poussièreuses, la clim fonctionnait par à-coups, mais les objets eux-mêmes racontent quelque chose. Nous avons mangé un sandwich chawarma chez Barbar (une chaîne locale) pour 12 000 livres : pain flatbread grillé avec viande tendre, oignons, tahini. C'était bon marché et délicieux.
Les bons plans repérés sur place.
Souper au restaurant Zaroob (Bourj Hammoud) : mezze authentique à 35 000 LBP, ambiance locale intense
Forêt de cèdres de Dieu à Bcharre : marche de 2 h dans les cèdres plusieurs fois centenaires, calme absolu
Plage de Ramlet El Baida en fin d'après-midi : eau tiède, familles locales, absence de touristes
Musée National : sarcophages romains et mosaïques du IIe-IIIe siècle, petit mais dense
Place des Martyrs au coucher du soleil : bâtiments endommagés de la guerre, silhouette de Beyrouth en contrebas
Photos — Beyrouth
Et au final.
Beyrouth est une ville d'extrêmes : des moments de sérénité montagnarde côtoient l'anxiété urbaine. Les gens sont accueillants, la nourriture excellent, mais l'infrastructure fragile (électricité, sécurité, routes) rend le voyage fatigant. Ce n'est pas une destination de détente ; c'est une ville qui demande de l'adaptation. Je n'ai pas aimé l'absence de transparence sur la sécurité et les fermetures inopinées de routes.








