Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport de Barcelona-El Prat un jeudi matin, loué une Renault Clio chez Hertz pour 45 euros la journée, et on s'est lancé sur la route N-2 direction Andorre. Trois heures de trajet sinueux : les virages des Pyrénées nous ont bien secoués, et j'ai dû m'arrêter deux fois pour laisser passer l'acidité gastrique. Le col de la Cabaneta à 1 600 mètres sentait bon la résine de sapin, un truc très sec et âcre qu'on n'oublie pas. On a posé les bagages à l'hôtel Andorra Park, avenue Meritxell (la rue commerçante principale), chambre 312 avec vue sur les rochers. 89 euros la nuit, petit-déj compris mais servi en quantité de souris. Le premier soir, on a mangé à la brasserie El Forn : escalope d'esturgeon à 24 euros et escalivada (légumes rôtis) pour 16 euros. Les portions, généreuses. L'ambiance était tranquille, plutôt des couples de retraités français et des touristes espagnols. Galère jour 2 : le bus qui n'existait plusOn voulait prendre la ligne 4 des autocars jusqu'à Ordino (village au nord). On s'est pointés à la gare routière centrale d'Andorre-la-Vieille, rue Prat de la Creu, à 7 h 45. Le chauffeur nous explique que la ligne 4 a été fusionnée avec la ligne 1 depuis deux mois. Pas un panneau, pas une mise à jour en ligne. On a dû attendre le bus suivant, 1 h 15 plus tard, à 15 euros par personne. Les températures ce jour-là étaient glaciales (2 degrés le matin), et on s'était habillés léger. Pas sympa. Randos et points de vueBon, on a rattrapé le coup. La randée vers le lac d'Estany de Juclar (départ depuis Ordino, 2 h 30 de marche) était impressionnante : vue sur les crêtes du Pic de Casamanya, silence de montagne, juste le vent qui passait dans les rhododendrons. On a bouffé un sandwich acheté chez Sorribas, la boulangerie locale (pain de seigle Andorran à 2,50 euros, délicieux, croûte cassante). À midi on se les gèle, à 14 h le soleil revient et on enlève trois couches. Jour 3, on décide d'explorer Canillo, la capitale du ski. On remonte en voiture vers les remontées du Grandvalira (fermé en été, bien sûr). La station est vide, un peu triste à voir l'été. Par contre, en montant vers le refuge de l'Illa, on passe devant des prairies violettes (fleurs sauvages) et on croise une marmotte. Moment marquant : un randonneur allemand nous montre des photos de sa rando effectuée à 5 h du matin. On se demande pourquoi on ne l'avait pas fait, nous. La vieille ville et ses secretsAndorre-la-Vieille centre, c'est petit : on peut faire le tour en 45 minutes. La Casa de les Valls (le parlement), rue de l'Église, construite en 1580, ça change des musées ordinaires. Entrée à 5 euros, mais la guide nous explique des trucs en catalan puis français (elle traduit elle-même). L'odeur de poussière ancienne dans l'escalier de pierre, c'est ouf. La Plaça de la Rotonda en fin d'après-midi : on s'est assis sur un banc, on a acheté des churros à 3 euros chez un vieux type qui les faisait sur place, l'huile très chaude, pas épais comme en Espagne, plutôt court et sucré. Jour 5, on a loué des VTT auprès de Biking Aventura (avenue Carlemany, 32 euros pour deux personnes la journée). Tracé de La Massana vers les pics. Crève crevaison vers kilomètre 12, trou dans le pneu arrière, impossible à réparer en montagne. On a dû appeler le loueur, qui a envoyé un mec en 4x4 nous récupérer. Une demi-heure de rab. Après coup on a ri, pas sur le moment. Pour les restaurants : Celler de les Valls faisait des tripes à l'andorrane (35 euros) ou du ragoût de mouton vraiment bon, sauce riche et viande tendre. La Borda d'Aubà (à Ordino, à part) : civet de chevreuil à 28 euros, vin rouge maison qu'ils servaient direct d'une bonbonne. Pas le top de la finesse, mais on sentait l'effort. On a essayé le shopping duty-free (Andorre vit de ça). Parfum Chanel moins cher de 15 %. On n'a rien acheté. Les murs sont couverts de magasins Sephora et de marques de luxe, c'est bizarre pour un petit pays.
Les bons plans repérés sur place.
Lac d'Estany de Juclar depuis Ordino : 2 h 30 de rando facile avec vue sur les crêtes et rhododendrons
Casa de les Valls (1580) rue de l'Église : parlement miniature avec guide en français, odeur médiévale vraie
Celler de les Valls restaurant : civet de mouton andorran à 35 euros, cave de pierre datée
Sentier VTT La Massana vers les pics : louer via Biking Aventura, apporter chambre à air de secours
Col de la Cabaneta (1 600 m) sur la N-2 : arrêt obligatoire à la montée depuis l'Espagne, vue en 360°
Photos — Andorre-la-Vieille
Et au final.
Andorre, c'est une pause montagne honnête, pas un mégapole. Les randos valent le coup, la bouffer régionale tient ses promesses. Mais c'est petit (trop rapidement visité), les routes sont serrées, et il y a cette ambiance commerciale un peu surfaite qui gâche parfois le charme du vieux centre.
