Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Barcelona–El Prat un jeudi matin, puis pris la ligne de bus directe Andbus (numéro 350) vers Andorre-la-Vieille. Trois heures de route sinueuse à travers les Pyrénées, avec le chauffeur qui coupait les virages comme s'il connaissait chaque centimètre. L'air glacé qui entrait quand on a ouvert la fenêtre à l'arrêt du col sentait les épicéas et une pointe d'humidité de neige. On s'est installés à l'hôtel Prats, rue Major à Ordino (60 euros la nuit, très standard), puis on a filé à pied explorer le village. Le premier jour, nous avons fait une bêtise typique de touriste : perdre deux heures sur les pentes de Pal Arinsal sans vérifier que le remontée-pente fermait à 16h30. Redescendre à pied dans la pénombre avec les pieds mouillés et gelés reste un souvenir qu'on aurait aimé éviter. Mais ce qui a compensé, c'est le dîner au Coma Pedrosa, restaurant montagnard à deux pas. Nous avons commandé l'escalivada (8 euros, ratatouille locale au four) et surtout la fondue andorrane au fromage Tupí Artesà (32 euros à deux). Le fromage fondait à la perfection, avec ce goût légèrement salé qui restait en bouche. Pain rassis, jambon fumé local servi à côté. On a traîné trois heures à table, les mains chaudes sur les fourchettes à fondue. Jours 2 et 3 : Randonnée lac d'EstanyoNous avons loué une voiture chez Europcar (succursale à Andorre-la-Vieille, avenue Charlemagne). Le tarif était gonflé (200 euros trois jours), mais obligatoire pour atteindre le départ de la rando au parking de Segudet. Levés à 5h30, départ à 6h45 en voiture. Le thermomètre affichait –3°C. La route montait sec, pas de neige jusqu'à 2000 mètres. Lac d'Estanyo, boucle de trois heures environ. Paysage brut : falaises gris foncé, eau noire comme du charbon, le silence total écrasant. Ma femme a croisé un chamois qui l'a regardée cinq secondes avant de partir au trot. Moment où on réalise vraiment qu'on n'est pas à Disneyland, qu'on est juste deux petits bonshommes dans la montagne. On a grignôté des barres protéinées et des amandes, puis on est redescendus avant la fin de l'après-midi. Le soir, pizza au restaurant Arinsal Pizzeria (15 euros l'une, pâte un peu trop pâteuse, franchement déçus). Jour 4 : Marché et boutiques à Andorre-la-VieillePas de rando ce jour–là, pieds et genoux protestaient. Direction le marché Unió, ouvert mercredi et samedi. Étal de fruits secs, spécialités locales (crème de la terra, 12 euros), fromages français et espagnols. L'odeur de jambon serrano mélangée aux noix fraîchement ouvertes nous a mis l'eau à la bouche. Nous avons acheté du breuil (pain traditionnel) à la boulangerie Rana chez Pujol, rue Meritxell. Le pain était chaud, croûte croustillante sous les dents. Trois euros le pain, très bon marché comparé au prix qu'on paie ailleurs. Puis magasinage le long de la rue Meritxell : boutiques de mode, duty-free (tabac, alcool moins cher ici, on a acheté une bouteille de rhum 45 euros). Pas passionnant mais pratique. On a dîné à Can Benet, petite table de 8 places, escalope de veau avec sauce à la crème et miel local (26 euros). Cuisine simple, portions généreuses, l'escalope fondait. Jours 5 et 6 : Vallée de Madriu–Perafita–Claror, puis muséesJournée rando vers la vallée de Madriu. Sentier très bien balisé depuis la Margineda. Deux heures aller, deux heures retour. Les parois rocheuses tout autour, on entendait un torrent qui roule plus bas, ce son de l'eau qui casse sur les rochers jamais s'arrête. On s'est arrêtés au refuge du Comapedrosa pour un café (4 euros, fort et bon). L'ambiance là-haut était lourde, grise, le ciel prêt à cracher. On a vu flotter des nuages à notre niveau. Vertigineux pas dans le sens tourisme, mais vraiment gênant physiquement. Le jour 6, on a visité le Musée de la Miniature (ancien, un peu poussiéreux, 7 euros, pas indispensable) puis la Maison de la Vallée, siège du parlement andorran à Andorre-la-Vieille. Plus intéressant : on a appris que l'Andorre est coprincipaute entre la Catalogne et la France. Détail peu connu en arrivant. Jour 7 et départDernier matin, café à la Brasserie Còsmik, espresso avec churros (3,50 euros), terrasse face aux maisons en pierre grise du vieux village. On a vu des enfants qui jouaient au foot avec le ballon qui roulait jusqu'à la venelle. On a rendu la voiture Europcar sans souci, puis pris le bus Andbus retour vers Barcelona vers 14h.
Les bons plans repérés sur place.
Rando lac d'Estanyo (départ Segudet, 3 heures, falaises brutes, chamois croisant votre route)
Fondue andorrane au restaurant Coma Pedrosa, Ordino (32 euros, dure 3 heures à table)
Marché Unió mercredi–samedi (breuil, fromages locaux, odeur incontournable de jambon)
Vallée Madriu–Perafita–Claror en rando (son du torrent incessant, nuages à hauteur d'yeux)
Café Brasserie Còsmik, vieux village (espresso 3,50 euros, vue sur les venelles en pierre)
Photos — Ordino
Et au final.
Andorre nous a déçus sur un point : l'absence de vrai caractère culinaire (à part la fondue et l'escalivada, on aurait pu être n'importe où). Les prix des hôtels restent gonflés pour la prestations. Mais les montagnes, le silence, les randos bien tracées et les gens sans prétention m'ont vraiment marqué. À refaire, mais plutôt en juillet pour la flore alpine.








