Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de La Seu d'Urgell (Espagne) un mardi 14 février vers 10h30. Deux heures de route en voiture de location (Europcar, 45 euros/jour) à travers les Pyrénées, et déjà le ciel s'assombrit. La Nationale 2 qui relie l'Espagne à Andorre grimpe sec ; à 1500 m d'altitude, la température affiche 3°C et le vent fouette les vitres. C'est là que j'ai compris : ce n'était pas un weekend spa en montagne, c'était du sérieux. Nous nous sommes installés à l'hôtel Andorra Palace, avenue Meritxell (Andorre-la-Vieille), chambre 412. Vue nulle sur la rue commerçante, mais propre et les radiateurs marchaient bien. Le staff parlait français, ce qui a sauvé ma première nuit – l'épuisement du voyage nous a terrassés vers 20h. Le mercredi matin, lever à 6h45 pour explorer le centre-ville avant la foule. Nous avons pris un café chez Andorra Café (plaça Príncep Benlloch), un double serrat pour 3,20 euros. L'odeur du café fraîchement moulu se mélange à celle du pan de xocolata (pain au chocolat). Honnêtement, pas mémorable, mais ça a réveillé. La marche principale est dominée par les boutiques de fringues de luxe et de tabac hors taxes – le cliché fonctionne. En 30 minutes, nous avions vu 80 % de l'intérêt touristique du centre : la Casa de les Valls (ancienne maison seigneuriale, fermée pour rénovations), la paroisse de Santa Coloma (petite église romane du XIIe siècle, plutôt discrète). C'est jeudi que nous avons mordu à l'ame d'Andorre. Direction Ordino, village perché à 1300 m, via la route CG3. Nous avons loué un guide, Jaume, un mec de 58 ans qui fait des rando depuis 40 ans. 80 euros pour quatre heures. Départ à 8h du parking de la Maison du Patrimoine d'Ordino. Montée vers Coma Pedrosa (2942 m, le toit d'Andorre) – pas jusqu'au sommet, mais le sentier du Coma Ordino suffisait. À 2100 m, la température a chuté à -2°C. Les genoux brûlaient, les poumons aussi. Jaume parlait patois quand il croyait qu'on ne l'écoutait pas. Vers 11h, nous avons atteint le refuge de Comapedrosa, une petite cabane de pierre grise avec un vrai poêle dedans. Jaume nous a fait goûter sa saucisse maison (embotit), achetée au marché de Andorre-la-Vieille. Le gras, la fumée du tabac qu'il roulait, le bruit du vent dehors – c'est là que j'ai senti que j'étais ailleurs. Vendredi, changement de décor. Bus de la compagnie Cooperativa (ligne 5, 4,50 euros, depuis la station Andorra-la-Vieille) vers Soldeu (45 min, beaucoup de courbes). Station de ski gérée par Grandvalira. Nous n'avions pas prévu de skier, mais une fois sur place, on a cédé et loué des skis au shop Esports Aran (forfait 4h : 35 euros par personne, matériel inclus). Ma conjointe s'est cassé le poignet en tombant sur la piste verte vers 14h. Moment moins drôle. L'hôpital Nostra Senyora de Meritxell (Escaldes-Engordany, à 20 min de voiture) a pris trois heures pour faire une radio et confirmer une entorse. Pas de fracture, ouf. Mais cette galère – l'absence d'assurance voyage spécifique, l'appel à l'ambassade, le stress – m'a rappelé qu'Andorre est isolation géographique. Pas mal de seconde pensée là-dessus. Samedi, recuperation. Nous avons mangé à la Taverna del Seny (Andorre-la-Vieille, rue de la Pau). Conill estofat (lapin braisé, 16 euros), trinxat (pommes de terre et chou, 8 euros). Les saveurs sont simples, copieuses, sans prétention. Le lapin fondait. La salle sentait le thym et le cuir des anciens sièges. Un couple d'Andorrans jouait aux cartes à côté ; personne ne parlait fort. Dimanche et lundi, nous avons trainé. Piscine chauffée d'Andorra-la-Vieille (8 euros, bassin de 25 m). Galerie nationale Museu Nacional de l'Art de les Pintures (fermée le lundi, bien sûr). Quelques boutiques fermées aussi – janvier/février est morte-saison. Nous avons eu du mal à trouver de l'intérêt après Soldeu. Retour mardi à l'aéroport de La Seu d'Urgell. Le chauffeur de taxi (contacté par l'hôtel Andorra Palace, 35 euros) s'endormait au volant. Petit frisson.
Les bons plans repérés sur place.
Rando Coma Ordino (à partir d'Ordino, sentier GRP, 4h aller-retour, refuge de pierre avec poêle de bois)
Taverna del Seny (rue de la Pau, Andorre-la-Vieille) – lapin braisé, ambiance locale, pas de touristes
Station Grandvalira Soldeu (forfait à la journée 45 euros, pistes faciles vertes pour débuter, vue sur les crêtes
Maison du Patrimoine d'Ordino (parking gratuit, village intact, accès aux sentiers montagne)
Andorra Café plaça Príncep Benlloch (petit-dej correct, point de départ idéal pour explorer le centre)
Photos — Andorre-la-Vieille / Ordino / Soldeu
Et au final.
Andorre, c'est une destination de montagne concentrée, pas une destination « culturelle » classique. Trois jours suffisent ; une semaine est juste si on skie ou on randonne beaucoup. L'accident de ma conjointe a teinté la fin du séjour, et franchement, les prix affichés en euros à Andorre-la-Vieille me semblent gonflés par rapport à la vraie offre. Mais Coma Pedrosa et la rando avec Jaume, c'est du vrai, du dur, du beau.
