Comment ça s'est passé.
On a réservé cette semaine de février sur un coup de tête : escapade montagne, stations de ski accessibles, repos garanti. Nous trois (moi, ma copine Sarah, et son frère Tom) avons pris l'autocar Flixbus depuis Lyon le mercredi 14 février à 6h du matin. Neuf heures de route, arrêt à Toulouse, puis on traverse les Pyrénées. L'odeur du diesel mélangée à celle du café froid du minibar m'a collé à la peau pendant toute la descente vers la Seu d'Urgell. Arrivée à Andorre-la-Vieille vers 16h. On s'installe à l'hôtel Pujol, rue Clos Soriano, une petite maison d'hôte un peu tarabiscotée mais sympa. 65 euros la nuit pour une chambre double. Le proprio, Joan, nous explique qu'on peut rejoindre Ordino en 30 minutes avec la ligne de bus local numéro 2. On essaie le soir même : arrêt à la Plaça Príncep Benigne, puis montée vers le cœur du village. C'est calme, très calme. Quelques commerces fermés, des rues en pavé usé, la température dégringole à -2°C vers 19h. Les premiers jours : entre rando et boucherieLe jeudi, on loue une voiture chez Europcar (Andorre-la-Vieille, proche de l'avenue Meritxell) pour rejoindre Soldeu, à 40 km. On voulait faire du ski, mais l'équipe manquait d'expérience et les forfaits étaient à 60 euros par jour. On a opté pour la randonnée au lieu-dit Coma Pedrosa. La rando dure 4h30 aller-retour, on l'a faite le vendredi. On était gelés, les mains brûlantes dans les gants humides. Pas de coucher de soleil spectaculaire (nuages bas), juste du brouillard blanc et le crissement de la neige sous les bottes Salomon de Tom. Vendredi soir, repas à la Borda Estevet, restaurant traditionnel à Ordino. On a pris la escalivada (légumes rôtis, 14 euros), la truita de patata (omelette épaisse, très lourde, 12 euros), et une portion de botifarra (saucisse locale, 16 euros). Le goût ? Fumé, salé, réconfortant. Le restaurant sentait le bois brûlé et le fromage fondu. L'ambiance était chaleureuse, nappes à carreaux, trois tables occupées seulement. Le point noir : Soldeu et la déception touristiqueSamedi, on se dépêche vers Soldeu pour la journée. On voulait faire du shopping de marque (perfumes, électro) — il y a des boutiques hors taxes dans la station. Mais c'était un samedi de mi-février, les touristes de Noël et Pâques avaient disparu. La station ressemblait à un village fantôme. On déniche le centre commercial Illa Carlemany (à Escaldes-Engordany, en fait, donc détour) : c'est un vrai centre commercial, rien de spécial. Prix moyens, pas les réductions espérées. Tom a acheté un pull Lacoste 5 euros moins cher qu'à Villefranche, rien de fou. Boulette du voyage : j'avais cru lire que Soldeu avait des restaurants branchés. Non. On s'est retrouvés au café Coll Blanc (station Soldeu), prix gonflés (café 3,50 euros, sandwich jambon-fromage 11 euros), nourriture grise. Samedi soir, on rentre à Andorre-la-Vieille déçus. Sarah a mal à la tête, Tom snore la moitié de la nuit. On décide d'un jour slow : visites touristiques et thermes. Les thermes de Caldea et la redécouverteDimanche à Caldea (Escaldes-Engordany, 20 minutes depuis Andorre-la-Vieille). Les thermes, c'est vrai, c'est quelque chose. Eau chaude à 37°C, on flotte après trois jours de rando glacée. C'est mou, c'est bon pour le moral. Entrée 45 euros pour 2h30. On croise des couples allemands, des familles espagnoles. La salle des saunas sent le eucalyptus — très fort, presque irritant pour Sarah. Elle quitte après 10 minutes. Lundi, avant le départ (autocar Flixbus jeudi 21 février à 8h), on reprend Ordino à pied depuis Andorre-la-Vieille : 45 minutes de montée. On trouve le marché local (place centrale d'Ordino), fromagerie-boucherie traditional. On achète du breudat (fromage du pays, texture comme du feta) à 8 euros les 250g. Le vendeur nous parle du coin en catalan et espagnol — on capte 40 % du discours. Ambiance sympa pour les dernières heures.
Les bons plans repérés sur place.
Coma Pedrosa : la rando la plus facile du pays, 4h30, vue sur la crête sud (prendre la route Ordino-Arinsal)
Restaurant Borda Estevet (Ordino) : viandes et oeufs locaux, sans chichis, comptez 15-20 euros par plat
Caldea (Escaldes-Engordany) : thermes publiques, 45 euros l'entrée, eau à 37°C et saunas à l'eucalyptus très fort
Marché d'Ordino place centrale : fromagerie-boucherie locale, breudat à 8 euros les 250g, vendeur catalan sympathique
Autocar Flixbus via Toulouse : 9h trajet, confortable, prévoir la route des Pyrénées depuis Seu d'Urgell qui serpente sec
Photos — Ordino et Soldeu
Et au final.
Andorre, c'est pas la destination « dépaysante » qu'on imaginait. C'est un petit pays de 77 000 habitants dans les Pyrénées, avec du ski convenable et des thermes. On a aimé la rando à pied, la nourriture locale simple et généreux. Moins aimé : la station touristique Soldeu, un peu vide hors-saison, et les prix qui restent corrects mais sans grosse affaire. À refaire ? Peut-être en août pour la rando pure, sans attente ski-shopping.
