Comment ça s'est passé.
Levé à 5h30 à l'hôtel Safir (Boulevard Didouche Mourad, centre-ville), histoire de profiter du silence avant que le bruit des deux-roues n'envahisse les rues. La douche était tiède, l'eau pressée, mais on ne s'attend pas à mieux en novembre. Je suis descendu prendre un café au bar du rez-de-chaussée : un vrai jus d'Algérie, serré, sucré, 50 dinars. La dame qui le servait parlait de la grève des taxis de la semaine précédente en mâchant du chewing-gum. Premier jour dans la Kasbah : on y est entré par la rue Berkane vers 7h, avant la foule. Le labyrinthe de ruelles étroites sentait la farine mouillée et les murs s'écaillaient sur trois étages. On s'est perdu deux fois. Un enfant nous a proposé de nous guider pour 500 dinars (on a refusé, mais honnêtement on aurait dû accepter). On a croisé des femmes qui rentraient du marché, des cordes à linge qui pendaient entre les immeubles, une mosquée où on entendait l'imam chanter la sourate à travers une porte verte. L'humidité était étouffante malgré l'automne qui avançait. Le marché et la galère des transportsOn a pris le bus numéro 15 (arrêt Martyrs, devant la Grande Poste) pour descendre au marché Didouche. Quarante-cinq minutes pour quatre kilomètres. Les passagers étaient collés les uns contre les autres, et un mec tentait de me vendre des lunettes de soleil contrefaites. Le bus puait la sueur et le diesel. On a manqué notre arrêt et on a dû marcher 800 mètres avec nos sacs. Au marché : des étals de merguez (20 dinars la brochette), de fruits secs, de tissus. On a acheté des dates à 300 dinars le kilo chez un vendeur qui ne souriait jamais. Un moment marquant : on s'est assis dans une petite gargote de rue (pas de nom, juste un parasol jaune) et le patron nous a servi une soupe de pois chiches qui dégageait une vapeur avec de la menthe fraîche dedans. C'était bon. Vraiment bon. Ça compensait les trois heures passées dans le bus. La Baie d'Alger et le quartier de Sidi FredjLe vendredi, on a loué une voiture pour sortir d'Alger. On s'est rendu à Sidi Fredj, une plage à 30 km au sud. La route côtière n'était pas terrible (nid-de-poule tous les 50 mètres), et on a croisé des policiers qui contrôlaient les papiers à un barrage : on a dû patienter 15 minutes. Sur la plage, des familles algéroises qui pique-niquaient, des enfants qui criaient, l'eau à 18 degrés (j'y ai mis un orteil, c'était franchement froid). On a mangé du poisson grillé au restaurant Côté Mer (facture un peu salée : 2500 dinars pour deux, eau comprise). La sauce était trop salée, mais c'était de la vraie nourriture côtière. Musée et mosquéeOn a visité le Musée National de Bardo (entrée gratuite pour les résidents maghrébins, 300 dinars pour nous). Les mosaïques romaines étaient en bon état. Le gardien du 3e étage dormait sur un banc. La salle climatisée faisait du bien après avoir rôti dehors toute la matinée. On a claqué trois heures là-dedans, surtout parce qu'il y avait peu de visiteurs et qu'on pouvait respirer. La mosquée Ketchaoua (Rue de la Kasbah) : on n'a pas pu rentrer car les horaires n'étaient pas affichés. On a juste vu la façade blanc et vert, les carreaux en faïence, et on a entendu l'appel à la prière à 16h45. Magnifique, mais frustrant de ne pas pouvoir visiter. Derniers joursOn a pris un verre au Café Noir (Rue Larbi Ben M'hidi) le dernier soir. C'était un bar avec des affiches de cinéma des années 1990 aux murs. Bière Algéria : 400 dinars, un peu tiède. Le serveur parlait français avec un accent qu'on comprenait à 70%. On s'est endormis tard, bercés par les klaxons de la rue en bas.
Les bons plans repérés sur place.
Kasbah d'Alger : se perdre dans les ruelles étroites le matin, avant 8h, quand les commerçants ouvrent leurs stores
Marché Didouche : merguez à 20 dinars, fruits secs du Sahara, vendeurs sans sourire mais honnêtes
Musée de Bardo : mosaïques romaines bien conservées, climatisation salvatrice, parking gratuit
Plage de Sidi Fredj : poisson grillé du jour, route côtière pénible mais vue sur la Méditerranée
Café Noir rue Larbi Ben M'hidi : ambiance rétro, bière Algéria, vrai petit bar de quartier pas touristifié
Photos — Alger
Et au final.
Alger ne m'a pas enchantée, mais elle m'a secouée. C'est une ville tassée, étouffante, où les transports sont l'enfer et où les arnaqueurs guettent les touristes qui traînent trop. En revanche, la nourriture de rue est honnête, les gens finissent par vous aider quand vous êtes vraiment perdu, et il y a une énergie brute qu'on ne trouve pas dans les destinations « lisses » du Maroc voisin. Je ne reviendrai probablement pas, mais ce voyage m'a montré que l'Algérie n'est pas aussi hostile qu'on le lit sur les forums.








