Comment ça s'est passé.
On a décollé d'Orly sur Ethiopian Airlines (vol ET 607) un lundi soir de novembre, et après 8 heures de vol, on a atterri à Addis-Abeba Bole International Airport vers 22 h locales. L'air chaud nous a frappé en pleine face en descendant de l'avion—humide, chargé d'odeur de kérosène et de quelque chose de plus sucré qu'on n'a pas identifié. Les trois premiers jours à Addis-Abeba ont été chaotiques. On logeait au Taitu Hotel, rue Taitu, un établissement colonial datant de 1898. La chambre était propre mais petite, et le bruit des klaxons des minibus bleus et blancs (les fameux « blue-blue ») montait depuis la rue jusqu'à 23 h chaque soir. C'est devenu notre bande sonore. Le jour 1, on s'est perdus en allant au marché Merkato—le plus grand marché à ciel ouvert d'Afrique de l'Est. Les vendeurs criaient en amharique, l'odeur d'encens et de gingembre broyé était presque étouffante. On a acheté du café injera (café traditionnel, à peine 2 birr, soit 0,04 euro, servi dans des petites tasses) chez une femme près de la porte sud. Elle nous a surfacturisés de 50 birr parce qu'on était clairement des tourists, mais on a accepté sans trop protester. Pour manger, on a essayé le restaurant Addis Red à côté du Musée National—tables en bois simple, pas de fioritures. On a commandé de l'injera (pâte spongieuse, base de la cuisine éthiopienne) avec du doro wot (ragoût de poulet aux œufs durs, 85 birr, environ 1,50 euro) et du misir wot (lentilles rouges, 65 birr). C'était bon mais très épicé. Notre copain Thomas, qui a un estomac sensible, a souffert pendant deux jours après. Le jour 3, on a pris le vol domestique Ethiopian Airlines (ET 112) de 7 h 15 pour Lalibela. Trente minutes d'avion, l'aéroport ressemble à un petit hangar en tôle. On a loué un 4×4 avec chauffeur (Hassan, qui parlait français avec un accent hilarant) pour visiter les 11 églises creusées dans la roche volcanique. Les églises de Lalibela, c'est vraiment une autre dimension. On s'est levé à 5 h pour voir le lever du soleil sur l'Église de Saint-George (Bete Giyorgis). La lumière orange frappait les murs de pierre rouge, et on entendait les chants éthiopiens des prêtres qui venaient de Bete Maryam, l'église des femmes. Pas de bruit touristique à ce moment, juste le vent et les voix. Mais mercredi matin, Hassan nous a annoncé que le chemin vers Bete Danaghel (l'église du Jugement) était «temporairement fermé» (en réalité, il y avait eu des tensions locales). On a perdu 2 heures à négocier avec un guide officiel qui refusait de nous laisser y aller. On a fini par renoncer et rester sur les 10 autres églises. On a mangé au Roha Restaurant (petite table en pierre surplombant les églises) : mitmita (pâte écrasée très épicée, 40 birr) et tibs (sauté de viande, 95 birr). La vue était spectaculaire, mais le service était lent (on a attendu 45 minutes). Les mouches aussi étaient nombreuses. Jour 8, retour à Addis. On a visité le Musée National (musée.ethiopia.gov.et, fermé le lundi). Lucy, le squelette d'australopithèque de 3,2 millions d'années, était dans une salle climatisée derrière du verre épais. C'était étrange de voir nos ancêtres dans ce petit musée de Meskel Square. On a passé nos deux derniers jours à flâner dans les cafés. Le café Tomoca près de Piazza était notre repaire : ils torréfiaient le café sur des plaques en terre cuite, on pouvait respirer la fumée chaude et acide. Un cappuccino coûtait 30 birr. Les habitants nous saluaient poliment mais avec une distance que nous, Occidentaux bruyants avec nos sacs à dos, ne méritions peut-être pas.
Les bons plans repérés sur place.
Églises de Lalibela (Bete Giyorgis surtout) : se lever à 5 h, pas de foule avant 6 h 30
Café Tomoca à Addis-Abeba : torréfaction en direct, expresso frais, 30 birr
Marché Merkato (porte sud) : perte de temps garantie, mais authentique, ne pas y aller après 15 h
Ragoût de doro wot au restaurant Addis Red : portion généreuse pour 85 birr
Vol domestique Ethiopian Airlines jusqu'à Lalibela le matin : vue sur le rift Valley pendant 25 min
Photos — Addis-Abeba, Lalibela
Et au final.
L'Éthiopie nous a secoués. Les églises de Lalibela valent vraiment le coup, et la chaleur, les odeurs, les gens, on les oublie pas. Mais Addis-Abeba est surpeuplée et stressante, et on a senti une fatigue touristique vers le jour 10. À refaire, oui, mais en restant plus longtemps à Lalibela et moins à la capitale.
